Saint-Simon, Mémoires, XVI, p
moins avoués que la France entretenait à l'étranger. Leurs dépositions, soigneusement contrôlées, forment la base et font la valeur du récit de l'ancien secrétaire d'État, » mais valeur relative, malgré tout, proportionnelle à la confiance que méritent des rapports d'espions1.
Pourquoi M. Baudrillart a-t-il préféré à l'explication de Saint-Simon une autre version de l'origine de ces Nouvelles qui a pour conséquence d'en diminuer, il le dit lui-même, singulièrement le prix. Ce n'est pas, évidemment, qu'il ait eu peine à admettre la violation par l'Etat du secret des correspondances, organisé comme un système courant d'informations. Toutes les correspondances du xvne siècle, et notamment celles de Madame, font voir qu'un service spécial était chargé d'ouvrir les lettres, surtout celles des personnages considérables de la France et de l'étranger, et d'en faire des extraits pour le ministre ou pour le Roi2.
C'est la préface du recueil même, les déclarations de Torcy, que l'historien a cru devoir adopter, plutôt que le témoignage de Saint-Simon. « S. A. R. (le duc d'Orléans) jugea nécessaire de conserver, autant qu'il serait possible, les correspondances secrètes entretenues exactement sous le règne du feu Roi avec différents étrangers soit au dedans, soit au dehors du royaume. Elle continua d'en laisser le soin à celui des ministres qui en était chargé depuis plusieurs années (Torcy), et comme le secret ne pouvait en être gardé trop exactement, qu'il convenait, pour ne pas le risquer, de brûler les lettres des correspondants, qu'il était en même temps nécessaire de conserver sûrement la mémoire de plusieurs faits importants rapportés dans les avis reçus, celui qui les reçut encore pendant quelques années (Torcy) eut soin de les rassembler et d'en composer comme un corps d'anecdotes qui ne put donner lieu de découvrir ni de soupçonner ceux de qui venaient les avis3. » Cette note, écrite dans le manuscrit original de la main de Torcy, ne peut venir que de lui. Elle a déterminé l'explication que M. Baudrillart a acceptée sur la nature de son recueil, au risque d'en amoindrir l'importance.
Peut-être l'aurais-je, après lui, acceptée ou préférée, si des recherches, qu'il m'a été permis de faire à Naples dans les