‹ La collaboration de Saint-Simon et de TorcyChapitre 2 sur 22 · Mémoires, éd. de Boislisle, IV, p. 104, note · texte numérisé non relu

Mémoires, éd. de Boislisle, IV, p. 104, note

1697 à 1713, racontée tout au long par un des hommes qui durent en connaître le mieux les détails. Les Mémoires de Torcy forment en réalité trois ou quatre études d'inégale longueur : d'abord le testament de Charles II d'Espagne, les traités de partage et l'acceptation de la couronne d'Espagne jusqu'à la formation de la grande alliance; puis le récit des négociations pour la paix à Bodegrave (mission du président Rouillé) et à la Haye (voyage de Torcy, 1709) ; l'exposé de la négociation à Gertruydenberg en 1710, et enfin la négociation pour la paix à Londres (1711— 1712). Ce furent sans doute à l'origine des morceaux détachés qui, plus tard, furent réunis pour le public.

A ce point de vue, la copie conservée par Saint-Simon fournit des indications précieuses. C'est un registre en trois parties séparées par des feuillets blancs, dont chacune porte un titre : Madrid. Bodegrave, la Haye. Gertruydenberg. Il semble que l'auteur lui-même décrive son registre quand il écrit : « Je trouvai le manuscrit si curieux que je le copiai moi-même : il ferait en trois morceaux mis ici en leur temps de trop longues parenthèses. Ils sont plus agréables et plus instructifs à voir tous trois de suite, et c'est ainsi qu'ils se trouveront dans les pièces1. » Dans le manuscrit de Saint-Simon, le premier morceau commence par une introduction identique à celle qui se trouve dans les autres manuscrits conservés de l'œuvre de Torcy, le manuscrit 428, par exemple, des Affaires étrangères, celui également qui est venu en ma possession. « Si le public doit savoir gré à ceux dont le travail pénible rassemble depuis quelques années les traités, actes et mémoires qui, vers la fin du dernier siècle et le commencement du siècle présent, ont donné à l'Europe une face nouvelle, la reconnaissance due à leurs soins... » Je ne cite pas davantage : c'est le texte imprimé dans toutes les collections, l'exposé des motifs qui ont déterminé le ministre à éclairer sur la politique française le public égaré dans ses jugements par les auteurs contemporains de recueils d'histoire diplomatique : Dumont, Rousset, de la Torre, Lamberti, Hollandais ou réfugiés français en Hollande. Dans le texte imprimé des Mémoires, cette introduction sert pour tout l'ouvrage. Sur la copie de Saint-Simon, entre le passage relatif à la conclusion de la grande alliance de 1701, qui conclut un premier morceau, et un second morceau

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