‹ La collaboration de Saint-Simon et de TorcyChapitre 20 sur 22 · Torcy, Bibl. nat., 10672, fol · texte numérisé non relu

Torcy, Bibl. nat., 10672, fol

servent, comme on sait, au fonds Espagne, la correspondance échangée pendant la Régence de 1715 à 1719 entre le prince de Cellamare, Alberoni et Grimaldo. M. Baudrillart n'a pas donné, d'ailleurs, de la présence de cette correspondance dans nos Archives la véritable raison : il l'attribue à la saisie des papiers de l'ambassadeur par l'abbé Dubois en 1719; « ce sont, dit-il, tous les papiers confisqués par Dubois1. » Il paraît assez difficile d'admettre que des lettres écrites de France en Espagne, dès 1715, aient été retrouvées par les agents du Régent, à la suite des perquisitions exercées en 1719. Ces papiers du fonds Espagne aux Affaires étrangères ont en réalité une double origine, ainsi que l'indique leur classement : tomes 247 et 248 (correspondance 1715); tomes 277-278 (correspondance 1716 à juillet 1718); tomes 279 à 281 (correspondance juillet à décembre 1718); tomes 282-283 (inventaire des papiers et liasses trouvés chez l'ambassadeur). L'explication de l'historien ne peut s'appliquer qu'aux deux derniers volumes. Les autres ont eu le même sort que certains papiers de Simancas, transférés à Paris en 1808 et qui y sont demeurés : ils faisaient partie de ces six cents volumes de documents originaux que Lemontey compulsa de 1808 à 1814 pour écrire, sur l'ordre de l'empereur, l'histoire de la France au xviif siècle*2. C'est en somme un fonds de documents diplomatiques étrangers qu'on peut consulter sans effort à Paris. Lemontey y a pris des notes qui donnent à son œuvre une valeur durable. Entre autres, voici l'extrait d'une lettre de Cellamare à Alberoni (4 juillet 1718) dans la traduction dont j'ai vérifié l'exactitude3 : « Je continue à cultiver notre vigne, mais je ne veux pas tendre la main pour cueillir les fruits avant leur maturité. Les premières grappes qui doivent rafraîchir la bouche de ceux qui sont destinés à boire le vin se vendent déjà publiquement, et chaque jour on en portera au marché d'autres qui sont encore sur la paille. » Le même texte est tout entier dans Saint-Simon, d'après Torcy4 : « Cellamare continuait de cultiver la vigne, sans toutefois porter la main à cueillir les fruits qui n'étaient pas encore mûrs. On vendait déjà publiquement les premiers raisins destinés à adoucir la bouche de ceux qui devaient tirer le vin ; on se diposait ensuite à porter chaque jour au marché les autres qui demeuraient sur la

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