‹ La collaboration de Saint-Simon et de TorcyChapitre 5 sur 22 · Ibid., VI, p · texte numérisé non relu

Ibid., VI, p

d'Espagne, Saint-Simon ne trouve pas dans Dangeau mention des premières négociations et du premier traité d'octobre 1698 . engagées et signées entre Louis XIV et Guillaume III, Portland et Torcy seulement, il n'en parle absolument pas. Il n'a connu et commenté, d'après Dangeau, que le second traité, celui de 1699. S'il avait parlé d'après Torcy, comme il le prétend, cette omission d'une négociation secrète pour Dangeau, dont le récit se trouve tout au long dans le recueil de Torcy, serait-elle explicable1? Pour un auteur qui aurait consulté d'aussi près ce ministre, le récit de l'acceptation du testament est encore plus surprenant : « Car ce fut la plus grande et la plus importante délibération qui de tout ce long règne et de beaucoup d'autres ait été mise sur le tapis. » Torcy nie formellement que les deux conseils aient eu lieu en présence de Mme de Maintenon2. Dangeau déclare au contraire que le Roi, à la première nouvelle, convoqua les ministres le 9 novembre chez cette dame et les y réunit encore le lendemain. Saint-Simon l'affirme de confiance3. Il y a plus : Saint-Simon attribue à Torcy, dans ces délibérations, un rôle, que certainement il n'y a pas tenu, d'avocat décidé des traités de partage, partisan d'un refus énergique de la couronne d'Espagne4.

Quand on considère en résumé la façon dont Saint-Simon a exposé les Affaires étrangères dans les vingt dernières années du règne de Louis XIV, d'après Dangeau surtout, la Gazette, le Dictionnaire de Moréri, certains mémoires ou recueils publiés au xvine siècle, on arrive à douter vraiment que les souvenirs de Torcy aient eu la moindre influence sur le texte des Mémoires pour cette période. On est même tenté de se demander si le véritable motif pour lequel l'écrivain a rejeté aux pièces justificatives les documents qu'il copia sur le recueil de Torcy n'est pas que le recueil lui parvint, cette partie de son œuvre étant à peu près achevée et ses conclusions prises5. Le témoignage de Torcy, même

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