‹ La collaboration de Saint-Simon et de TorcyChapitre 8 sur 22 · XII, p · texte numérisé non relu

XII, p

2. Saint-Simon, Mémoires, XII, p. 365 et 371, et Torcy, Bibl. nat., 10670, fol. 2.

dehors que le Journal de Dangeau, l'auteur ne parla plus d'Affaires étrangères que d'après Torcy. Le texte était sous ses yeux : il le suivit. Dans quelle mesure et par quel procédé? Il a déclaré d'une part en avoir retranché tout ce qui regardait les disputes de la Constitution et des affaires romaines et, pour les années 1716 et 1717, « avoir abrégé et conservé seulement le nécessaire. »

La première assertion est exacte. « Mon état laïque, a dit Saint-Simon1, et la nature de ces Mémoires purement historiques » ne lui permettaient pas l'exposé des querelles religieuses, qui tiennent une très grande place dans les Nouvelles de Torcy. Examinons la seconde assertion, dont le contrôle est facile à faire par la collation des Mémoires avec le manuscrit de la Bibliothèque nationale.

Notons d'abord que, pour l'année 1716, 127 pages du texte de Saint-Simon en écriture serrée correspondent aux 977 folios du tome I de Torcy, dont il faut retrancher un bon tiers pour les affaires de Rome et relever ensuite la moindre étendue de chaque page.

Pour l'année 1717, un calcul analogue donne pour le tome II de Torcy, qui a 1,120 folios, 215 pages des Mémoires de Saint- Simon : il faut tenir compte d'ailleurs des réserves faites précédemment.

La proportion à peu près exacte de ce que l'auteur a sacrifié de son modèle peut s'évaluer par le tome III qu'il a reproduit textuellement et qui, contenant 938 folios, a fourni à peu près 350 pages de la même édition des Mémoires.

On voit que, du tome I, il est resté plus du tiers, du tome II, la moitié, du tome III, le tout. Si Saint-Simon n'avait gardé que le nécessaire, il faudrait conclure qu'il y avait dans les premiers volumes de Torcy bien des choses inutiles. Ce n'était point son avis. Une comparaison plus attentive et une lecture des Mémoires marquent d'autres préoccupations de sa part. Au point de départ, il voulut certainement dissimuler ses emprunts. S'il transcrit par exemple textuellement les nouvelles reçues d'Angleterre par Torcy en octobre 1715, il les attribue à une audience de Stairs au Palais-Royal, dont il aurait eu les échos2. Si, un peu plus tard, il

Page 1