‹ La Collection Du Teil Chaix d'Est-AngeChapitre 3 sur 66 · LIN · texte numérisé non relu

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blic de plus en plus nombreux, que les voyages chaque jour facilités font en aller découvrir Les merveilles de nos provinces et d'adorables cités anciennes comme celle-ci, qui se recueille aujourd'hui dans son passé gi prospère, si cultivé, si artiste, de trouver dans l'écrin de l'hôtel de Frugères, un ensemble témoignant du goût fervent qgu'eurent pour les arts trois générations d'amateurs des familles Chaix d Est- Ange et du J'eifs

Certes, ils S'arrêteront ici, ces passants pieux, dans ce petit salon dont Les boiseries enorgueilliraient un amateur fortuné et où la suite exceptionnelle des Boilly met une grâce spirituelle i française. À côté un chef-d'œuvre de Lépicié, dont le Louvre ne saurait montrer l'équivalent, « raconte » dans toute la fraîcheur blonde et la lumière de la jeunesse, le lever d'une pauvre fille dans sa mansarde. La grande toile de Prud'hon les retiendra. Ils connaissent l'œuvre du Louvre plus écrite, plus définitive, plus sombre auvoi. Inachevée, celle-ci leur paraîtra peut-être plus émouvante, la main du maître s'y mêlant à la main de l'élève bien-aimée, celte ensorcelante Me Mayer, dont on voudrait bien, pour votre

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fortune, cher petit Musée, que l'image fixée dans la salle voisine et jadis attribuée à Prud’'hon, fût Le vrai visage... Mais que diront-ils de l'effigie prestigieuse que Greuxze, peintre des candeurs bourgeoises, a fait pour notre surprise d'une bomme qui devait jouer un rôle extraordinaire dans la politique de la Révolution, de l’Empire et de la Restauration qu'il accoucha de ses mains habiles en 1815, M. de Talleyrand ? Élégant et d’une distinction supérieure, comme il se détourne avec dégoût du criminel de Prud'hon que pourauivent les deux déesses implacables ! Est-ce un moyen de violenter ainsi la fortune, a tout l'air de dire en haussant l'épaule, cet homme qui «< arrivera à tout » comme le constatait Choderlos de Laclos vers l'époque où ce portrait fut peint ? Ne fut-il pas l'homme de son temps qui connut le mieux ce qu'on doit au monde et ce que le monde peut exiger ? EE n'est-il pas déjà le terrible prince de Bénévent, dont Sainte-Beuve devait buriner l'effigie d'octogénaire finissant... « Des yeux gris sous des sourcils touffus, une Jace morte, plagquée de taches, un petit visage qui diminuait encore, sous son immense chevelure, le menton noyé dans une large cravate molle

remontante, qui rappelait celle des incroyables et le négligé du Directoire, le nez en pointe indolemment retrousoé, une lèvre inférieure avançant et débordant sur la supérieure, avec je ne sais quelle expression méprisante indéfinissable, fixée aux deux coins de la bouche et découlant de la commisaure des lèvres », ces lèvres qui s'interoisaient de rire, par principe et bon goût?

De par la volonté d'une femme de cœur, grâce à des amateurs de grande race, le Musée de Saint-Omer entre aujourd'hui dans la liste de ces baltes d'art et de beauté où spécialistes et amateurs devront désormais d'arrêter.

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