‹ La Collection Du Teil Chaix d'Est-AngeChapitre 7 sur 66 · XXXV · texte numérisé non relu

XXXV

l'aide de quelques beaux vestiges, le tombeau qu'il s'était commandé lui-même en Italie, et attribuer celui-ci, par une argumentation péremptoire, aux della Robbia, tel était le sujet médité par J. du Teil en de longues recherches. Dès 1910, la Société des Antiguaires de la Morinie le sollicitait de faire paraître son étude comme suite d’un volume de mémoires qu'elle avait commencé de publier sur les évêques de Saint- Omer. La guerre et la mort ne le lui permirent point. Mais une pieuse épouse ne voulut pas que de telles pages fussent perdues pour l'histoire et pour ses admirateurs. Elles ont paru en 1920, splendidement éditées, avec une préface magistrale de l’'éminent académicien M. Frédéric Masson, et suivies d’une autre étude Introduction de l'Art français à Dunkerque et à Saint-Omer, écrite sur les insistances de quelques amis du Nord qui, sachant sa rare compétence, l'avaient prié d'amorcer au moins un travail pour ouvrir le chemin.

Ce beau volume, encore qu'il n'ait pu y mettre la dernière main d'auteur, montre

bien l’érudit et l'artiste qu'était à la fois J. du Teil, car, en lisant de lui certains articles de critique artistique antérieurement parus dans la presse, on peut se demander si c'est pour l'art ou pour l’histoire qu'il était le mieux doué.

Quand, en effet, s’ouvrit à Turin l'Exposition d'Art chrétien de 1808, ce fut lui qui rédigea le prospectus de l'apport français ; ce fut aussi lui, à notre Exposition universelle de 1900, qui obtint la participation du Saint-Siège dans la section des Missions Catholiques, et alla chercher en Italie les objets du musée Borgia que le souverain pontife consentait à exposer.

Il suffisait d'entrer dans son cabinet pour éprouver cette sensation d'art que donne un goût expert à découvrir les pièces rares, à placer les tableaux dans leur jour, à opposer les sujets en mariant les lumières avec les ombres. Il avait un flair merveilleux d'amateur, avec cette patience avisée, sûre de son heure et de ses trouvailles.

Son sens du beau se marquait dans les moindres choses, toujours acquises du bon

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