‹ La collection Henri Rouart [par] Arsène AlexandreChapitre 2 sur 40 · I' IM(I II MON · texte numérisé non relu

I' IM(I II MON

V l-HIV »'»l>»' ».IJ«% M\<J.I«H.HI

Ai. ROUAi

nii ...s de Cliavannes ,^ .....^

M tmc bJpiir, d'antres Corot (C

tcné par Poussbi.

,, un IN!

' -. J'époqur ' if-e né pour vi visiblement pré^ '•ucorc d'autres delà de cei» ji^Ku

«,:.,. .q (j^..-,; ,,.;-,( .|^ùe l'empire tic m i'<inii i/fue iie

jusqu'à In {laic qui ouvre sur le petit salon voisin,

mais I antre «ôlé » baie vous offre un autre Millet

l'aviez i aé encore : le tragique tableau

r> ..- 1 ip^jj- Q^ j- ' 'Us Degas

1 de div' eaux du

•nt l'ingénii: non plus n"

ij^e de celte tempête et de celte niordault-

lime salon <!- ûiuche (si cette fois vous vous direction d'< reniez, à votre entrée) est

asscMe d'Harpagon, petit si l'on veut, mais o'' ■ ■ "i, en effet, ( ^

^■■■' d'Italie, enU

1 nie San Bart

1^ et le Thé de Miss ^'«î^san aaût Cals réclame coi"

peintre A(^ «'eux aiiî sont sf-n^i.

/ ■ tll M (JCI 'I i<ii:i:>/ti f\.\A i^^Hi^iMM /.( m ii/iirii<>'i

IV l'HI l>HO\

/OHCIUI'I .'I

Wl./'.l

à l:i lioiiiic |)ciiiliirc d ii l'IiumanilL' vraie. C'est lii (|u"il y a un Sleeii (rime (lualilé excellente, — et un morceau de Goya, une (iitdiic il la noire chevelure, qui vous hantera plus (runi? lois.

l.iMitrt' salon c^l tout autre. chose avec des •'•lénicnts analogues, mais rehaussés d'accents inattendus. (Test ainsi (juc (lorol y i)iilie encore, — où ne hrille-t-il pas dans cette maison? — mai-. (|iir Daumici' s'y nmiilrr dans toute sa l'orce; que Delacroix allirr noire alli iitioii avec, entre autres, toute une récolte de ses lleur>^ de ( !liam|>ro>ay . mais (|uc (".ourhcl nou^ étonne avec de riches ('•tmic'- ilc pommes verineilles; (pu- ('.laudi' .Monet et Pissarro chanlnil. l'nii les Icei-ics des neiyH's. les mirai,''es des brumes, laiitrc le rolnislc j)ocmc des cidtnrcs et des \illanes, mais (pic la itiiic A /i/f i/'A iif/ic/ir. par riiilip|>c de ('.liampai;ne et un riche j)crsoimaj;c vêtu i\f velours ^ris, (jui est de \ ii;ée, cl (pii sciait dii;ne de l.a Tour, ne s'oHenscnt pas, au contraire, de celle compai^iiic si di\crsc.

l'iiilie loiitcs ces grandes notes s'en iiilci'caiciil. s'en iiisiniiciit. (|iiaiilil(- daulK"-. ( )ii jurerait (pie les [jcinlnrc-- se miiltiplieiit. laiil. riiiie apics raiitrc, elles vous demandcnl. oli ! 1111 toiil pclit cuiip doil. puis NOUS reliciinenl loii^iicmciit . < >M iia\ail pas aperçu ce |)clacroi\, on iic -oii|)cniiiiail pas cet lsal)e\ ; ce .loii^Uind est i\i>\\r ciitii' a|)r(s \ oii-> ? Il \ a dansées lioi-, pièces, peiit-t'tre deux cent--, pciil-circ lroi-> cents lalilcaiix. (!liaipie j'ois (pie vous en jerc/ le loiir, nous ne pai\ icinlic/ [1,1-., il |i'^ apprécier tous; clnupic l.ii-> il en sortir,!

un nouveau de la muraille qui vous dira : « Eh bien ! Et moi?... Tu ne sais donc pas voir? »

Et cela est sans doute très émerveillant, mais c'est cependant très naturel, car vous ne voudriez tout de même pas, en trente minutes, dénombrer, analyser et juger ce que le maître du logis a mis trente ans à recueillir, et à disposer ainsi autour de lui.

Maintenant, comme vous sentez que vous ne pouvez pas, malgré votre désir, rester dans ces salons inépuisables, et que vous avez idée que le moment est peut-être bien aciiu de rendre visite — puisque vous êtes le A'isiteur — vous revenez au vestibule et vous montez un petit escalier tournant que l'on vous a indiqué. Vous ferez bien de regarder les marches et non le mur, car il est tapissé, lui aussi, de dessins rares... et ce sera pour la descente.

Vous voici dans un vaste atelier de peintre, mais atelier qui va vous réserver à son tour plus d'un ébahissement, car si la politesse vous empêche de jeter tout de suite les yeux aux parois, l'instinct aous avertit qu'elles palpitent de chefs-d'œuvre.

Un homme de taille assez grande, vêtu d'une redingote noire, s'avance vers vous; il se peut que ce jour-ci il traîne un peu la jambe : car il est plus d'une fois en proie à des douleurs. Mais si je vous dis cela, c'est que jamais il n'est plus souriant, plus allable, d'un accueil plus délicieusement courtois

nON HENRI ROI

1 ous dira ; « Jîh bien I Et

Fi f0>](k *>«! cillant, mais c'est cependant

f oudriez tout de même pas, en trente

,..;.; ,. ... iiv-iiibi^i, analyser et juger c» que le maître du logis î, :!. ,^ , . •, 1, mil', et à disposer ainsi autour de lui.

Maintenant, comme vous sente/. .^ :■ >i.ur^ ne pouvez pas,

iht»lt;ré votre désir, rester dans ces s;i!"ns inépuisables, et que

avez idée que le moment -être bien venu de

'C vous êtes it' vi!iiteur — vous revenez

■ ntez un ' ' "'■ r tournant que

ferez 1 der les marches

issi, de dessins rares...

!ile.

iste ateli(.-c ue peiiiire, mais atelier

loxiT plus d'un ébahissement, car si

'• P jeter tout de suite les yeux aiix

. 'pitent de chefs-d'œuvre.

intie, vêtu d'une redingote

ni nue ce jour-ci il traîne

en proie à des dou-

iue jamais il n'est plus

11 lijus délicieusement courtois

Il (. IH I \t lln|\

Muni II» ^l-NH.M I

(jue lorstiuil soiillVc. Ccsl une des lu(,(»iis duiit se nuiiiil'este SOI! extraortliiiairc énerj^ie.

Energi<iiie? Ccl huminr <iiii pailr (riiiir vt»ix si douce, sur ce Ion caressant, un peu nonehalaiil : (|ui vous rec^arde d'un œil souvent à demi clos, tandis (pie le-- paupières laissent filtrer des lueur-^ dr malice et d"aire(tu( use ii-onie? Knertjficpu"? Ce charmeur (pii. dès les premières |)arnles. vous expriim- de-, choses si vives et si tiHu hautes sui- la séi'éuité de Corot, sur la poésie huuiaiue (!<• Millet, sur la résignation adorable et navi'aiilc du p;iu\re Cals?

JNIais oui, et c'est l'éueri^ie eu |)ers(iiiiie. l'eu à peu. loiscpie A'ous le counaîlre/. uneii\. et par sa t'ié<pu"nt;itinii uièuie. il par <les aiuis eouiiuiiu^. ndus saurez (pie sa eai'i'ièi'e est un uuxh'le d"iiiiliati\ f. d'actiNili', d'audace, de uième (pie sa collection e>t un exemple i\r ce ipic pciil laii'c la passion des licllc^ cliDses. INiiir le moment, vous vous conlenlc/ (TiMic ra\ i et llall('' de tes ulani('•r("^ si simples et si eiicoiirai;(autes, île ce tin Ixui sens (pii allernc a\cc cette \i\acit('' d'enthousiasme.

Nous u'a\('/. plus, à pii'scnl. à tenter \ oiis-iuème l'exploration. ( ',"csl M. Ilcnii Konarl (|iii \oiis l'ail laiic le loin- ilc son atelier. Nous ici^ardc/ nu paxsaj^c NcrI cl Irai- cpii c-l plac('' sur un clic\ ;dcl ; \ ons c lie reliez à mcll re un nom danliMir. M. lîoiiarl \oiis .i|i|)rcn(|. Iris niodcslcnicnl . ipi'il lait un |m'u de pcinliire. (piil a Irasailli' a\cc Millcl. cl (jih' loi-ipi"iI \a en \o\ai;'e. il aime à prendre de iiolc à raipiarcllc. Maitaudis ([Ile, 1res siiicèrcmcnl . vous aile/, le coiiipliiiicnicr i\r

celte peinture, i-l de diverses autres déjà très reeonnaissables, (jni sont lï'anches, saines et attestent un vrai savoir, il a, sans en avoir l'air, détonrné votre attention sur cette vaste toile : un Renoir de la période des heures difficiles, ou bien sur ce grand tableau de Manet la Leçon de musique, œuvre importante du Salon de 1H70, qui lut aussi méconnue qu'une belle (l'uvre peut l'être. Vous avez vous-même, près de ces morceaux de premier ordre, découvert un beau Chardin, puis un portrait de femme du xvni" siècle, puis un Courbet verdoyant qui raconte le Jura avec une plantureuse émotion; une étude (k' Delacroix d'une saveur inattendue. Au pied des cimaises, dans des vitrines, des terres cuites antiques et des figurines égyptiennes sourient mystérieusement.

Il est possible encore que le collectionneur vous ait attiré vers l'autre extrémité de l'atelier, et que vous vous entreteniez de la délicatesse infinie de ces Études d'Italie de Corot, bijoux de sa première manière que l'on pouvait avoir littéralement pour rien à la vente de son atelier. Puis, que passant, par contraste, à ces formidables accès d'ascétisme du Gi'eco, il ait amené la conversation sur ce g-rand peintre et ce grand précurseur dont si peu de gens encore (je suppose que nous sommes entre 1890 et 1900) connaissent seulement le nom et soupçonnent le génie.

Tel est, dans ses grandes lignes, cet «atelier» oii d'autres Millet, d'autres Daumier, accueillent favorablement la société de certains Dupré, de certains Gustave Colin, et de divers

Cl. i.ui iir.i I

•■iMllIlkll IH rllll ilsill-ill. liMI'tlMtlX

(lui s<»i : il

hH'

aiin ,■•

curseur «loi sommes eni sor

lENRl Ror 'V

autres déjà 1res recounaissables,

aitestent un vrai savoir, il a, saiis

' ui votre attention sur celte vaste toile :

'>'!»' des heures <lirticiles, ou bien sur ce

/a Leçon de musique, œuvre impor-

qui iut aussi jnéconnue qu'une belle

\ ous avez vous-même, près de ces morceaux

'lécouvert un 1^ .,<i Chardin, puis un por-

wiii^ siècle, i Courbet verdoyant

une plantureuse émotion; une étude

'. Au pied des cimaises,

Page 1