VI.... ^ antiques et des figurines
usement.
sible encore que le collectionneur vous ait attiré
émité de Tatelier, et que vous vous entreteniez
infinie de ces Études d'Italie de Corot, bijoux
manière que l'on pouvait avoir littéralement
vente de son atelier. Puis, que passant, par
udables accès d'ascétisme du Greco, il ait
>n sur ce i^rand peintre et ce grand pré-
de gens encore (je suppose que nous
L 1900) connaissent seulement le nom et
Millet, .
'If certains Dupré.
ient favorablement la société ins Gustave Colin, et de divers
M/lll lll-IO.'d.llU-l Kl llilinill-l
t. AI s 1* rii.Kr<>K
iiioiccinix iiiiciciis il(»iit raiilfiii' est iiicoiiiiu. et duiit reprit «•si ([iiiisi iiiod.iiic. Lors((iic V())is alliez ûté ainsi coii([iiis par rinUt;, vous ii'aiiir/. inriiu' pas besoin de demamler à icvciiii'. Dt'.jii, s"ii a scnli en vous un peu d'intelligeuce et d'entluiusiasnie sincrre. il \uus y ;iura cut;af;é. Seulement il nt- pouiiM retenir nn -^nniire si. dans la pièce de dét^agenifiil (pii |(i('c«"'de Talflifr, vous vous écrie/. : (( (loniincnl ! il y avait encore cela! (!e|a. (pn- je n'avais pas vu en passant 1 »
Cela, c'est une e\t laurdinaire léimiciii de dessins. Des dessins di' .Mille! cuniine il en lut lai-emcnt i ;e>-^einldé en paieil nond)!!- il en pareille heanic. Des dessins de l'rnd'lion (|ni clianleiil a\te sna\ilé la j;l(iire d*' rànie et le> preslii^es de la xolnplé. Des dessins d<' Dannner oii Ion liouve tontes les notes de ce i;iand ohscrvatcni' de la \ ie. Des dessins de Delacroix, de HarNC de I lu^odore Konsseau ipii eouliennenl lont Hoiisseaii, tout Harye cl tout Delacroix.
I)<'s eliainltrcs encore sont voisines, tpii contiennent de lndlcs on de raiis clioses. A \ ce inic coniplaisance constante. M. Honart \oiis en oii\ie les portes. Cerlains portraits l'aniilianx sont de Dc^as ; on les adnnr<'. Cerlaiin-s peintuies anonymes sont <lcs t'nii;ines ; on les ipicst ionne. I.a joni'nce tiiui'ail cl nos curiositi-s ne liniraiciil |ias. Il ne rcslr phis (pi'i'i descendre (lenlenieni) le L;iand escalier, et à se retron\er, nn pen .diasonrdi, ilans la nie, parmi les humains... (|ni ne poitcnl pas loiij(Mirs la signature d'un ^raiid maitrc. mais
qui vous rappellcnl tout de inènic quelques-uns des Daumicr cl des Degas de là-haiit...
« Je n'ai jamais eu ici que des clioses de passion. » Celui qui écrit ces lignes s'est bien souvent rappelé cette parole que lui dit M. H. Rouart dans les temps où leurs premières l'clations s'établirent, — à l'occasion d'un travail sur Daumier. Le mot avait été prononcé en toute simplicité, et sans la moindre intention de faire un effet. Peut-être, même, le collectionneur n"a-t-il jamais eu l'occasion de le redire; mais j'ai toujours songé que jamais rien ne pourrait mieux résumer le caractère de l'amateur de peinture, et l'esprit même de sa collection.
Elle ne fut pas entreprise, comme tant d'autres, pour un de ces trois grands mobiles de beaucoup de collectionneurs : la vanité, la spéculation, ou la j)rotestation. Au moment où M. Rouart commença de rassembler des œuvres d'art, celles qu'il chérit dès l'abord ne pouvaient aucunement flatter sa vanité, car on passait pour extravagant à héberger des « horreurs » comme les INIanet, les Renoir et les Claude Monet, ou les choses « agréables mais non finies » de Corot, ou les « caricatures » de Daumier. La spéculation n'y aurait guère, non plus, trouvé son compte, car les plus fervents admirateurs ne songeaient guère, ne pouvaient même pas prévoir que les sommes modestes pour lesquelles il leur était loisible
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redire; mais j'ai toujours songé que jamais rien ne pourrait
mieux résumer le caractère de l'amateur de peinture, et l'esprit
même de sa collection.
Klle ne fut pas entreprise, comme tant d'autres, pour un de ecs trois grands mobiles de beaucoup de collectionnem's : la vanité, la spéculation, ou la protestation. Au moment où M, Kouart commença de rassembler des œuvres d'art, celles «fil" ' dès l'abord ne pouvaient aucunement flatter sa
\iM' on passait pour extravagant à héberger des « hor-
reurs » comme les Manet, les Renoir et les Claude Monet, ou les choses « agréables mais non finies » de Corot, ou les *< ' de Daumier. La spéculation n'y aurait guère,
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rateurs ne songeaient guère, ne pouvaient même pas prévoir que les sommes modestes pour lesqueUes il leur était loisible
I \ I > \l\ll I \ Ml t I
(le se piuciini- les iiuillcurcs joies, seraient plus taril. nuii [)as décuplées, mais eentuplées. Quant à la protestation, M. Ronart lui un liituiinr (riictiou et (riiiitialive, mais non pas un révoiulioiMiairi'. ni inruic un polémiste. Ce l'ut, seulennut. nu homme (pii aimait sineèi-ement.
l,(>is(|Uf uniis icvdvuus à pivseul eetle atlmiiable eolleelion, unii plus puiH' Ir piiii^ir (II' la déeouverte ni en la compat^nie (II- riminuii- (pii I a\;iit ra^x-iuMi'c. mais au point île viu- de [élude, cl alin de poiler sur flic une appréeialiou i,'énérale. deux clinses suilout le^soileul dune l'açon saisissante.
La preudère, c'est (pie, si cette «^■alerie était dune loui(pie. d'une Colii-ii>n ri dum- liaiiuouie e\ce|>l iiunu-lles, eesl [uolial>leiueul pai- cclli- raison (pic M. Honail l'aNait composée axant tout dnnxii's ^\^• son piiiprc lciu|>s cl {[{• s(Ui pays, .le n'entends p.is dire par là ipic Iniili- cnllcclion dOltjels anciens nu d (eu\res étrangères ne |n)nrra pas ollVir le nicuu' caractère d'unitt'; i-ela serait un paiadu\c iiisonlcnaMc. .Mais ce (pii est certain, c'est (pi un Innnuic cpii a la palicnce cl rè-ner^ie dt- pratiquer dans sa propre l'pixpn', avec du disccincnicnt cl de la nielhode, les explorations anxipiclles d autres se li\rcnl dan-> les Icmp'- auti'riciirs on au dd.'i des t'roulièrcs. Ijnil par composer une eolleelion aussi exlraordiuaiie cl aus-^i capli\anle (pie le- pln-~ (•(•lèlirc"en (pichpic autre t;iiirc (|ue ce soil.
La seconde [)ai'licularité découle de la première. En ellct, les années onl marché ; les hommes que M. Rouart aimait et comprenait sont tour à tour disparus ; peu à peu, de méconnus ou de bafoués qu'ils étaient, ils sont devenus appréciés, puis célèbres. Puis les esprits généralisateurs les ont classés non seulement dans leiu* siècle mais par rapport à leurs devanciers. Ils ont constaté qu'ils étaient de ceux-ci les dignes successeurs. On a, dès lors, sans peine admis que Corot est aussi grand que Poussin, que Degas est aussi puissant que les grands Hollandais, que Renoir a des grâces françaises aussi capiteuses que celles des maîtres du xviii" siècle ; que Millet a ajouté des pages à l'histoire de l'humanité figurée ; que Manet, sorti des Espagnols, est aussi noble et aussi fort qu'eux, tout en étant devenu différent ; que Claude INIonet, Sisley et Pissarro, [)rimcnt maintenant les plus grands paysagistes anglais, Turner, Cronie, et Constable. Et ainsi des autres, jusqu'aux plus petits maîtres; jusqu'à ceux dont on a déjà, presque oublié la vie, dont bientôt on oubliera le nom, mais dont on recueillera avec tendresse, à ce moment-là, les charmantes, touchantes et modestes œuvres.
Alors qu'arrivc-t-il ? C'est que l'amateur passionné qui, envers et contre tous, avait groupé chez lui des œuvres significatives de chacun de ces artistes, et qui, ne s'embarrassant pas des considérations de vogue et de préjugés de mode, avait choisi justement leurs notes les plus tranchées, celles même qu'on n'aurait pas voulues au moment où l'on commençait à admettre ([u'ils « n'étaient pas dépourvus de talent », cet
lé découle d( lière. En effet, les
' Hc M. Kouart aimait et com-
iiius ; peu à peu, de méconnus
ils sont devenus appréciés, puis
• I it'hres. Puis les esprits généralisateurs les ont classés non
seulement dans leur siècle mais par rapport à leurs devanciers.
Ils Diit constaté qu'ils étaient de ceiax-ci les dignes successeurs.
fiîi a UT'. !n!s. sans nciiic admis que Corot est aussi grand que
laissant que les grands Hollandais, (j[ue Uenoir a des grâces trançaises aussi capiteuses que celles des maîtres du xvui*^ siècle ; que Millet a ajouté des pages à riiistoire «K l'iminanîté figurée; que Manet, sorti des Espagnols, est auss ^si fort qu'eux, tout en étant devenu dif-
férent ; ide Mouet, Sisley et Pissarro, priment main-
-> ^ilas grands paysagistes anglais, Turner, Crome, et
le. Et ainsi des autres, jusqu'aux plus petits maîtres;
juscju'à ceux dont on a déjà presque oublié la vie, dont bientôt on oubliera le nom, mais dont on recueillera avec tendresse, à oc iiKuucnt-là, les charmantes, touchantes et modestes, œuvres. Alors (ju'arrive-t-il ? C'est que l'amateur passionné qui, envers et contre tous, avait groupé chez lui des œuvres significatives de chacun de ces artistes, et qui, ne s'embarrassant pas des considérations de vogue et igés de mode, avait
choisi justement leurs notes les j,.>,^ ..auchées, celles même qu'on n'aurait pas voulues au moment où l'on commençait à admettre qu'ils « n'étaient pas dépourvus de talent », cet
homme-là se trouve, loiil hoiiiieincnl, avoir l'ail une ^'cntahlc histoire en fiction de l'tirt de son sirclc.
Au coulrairc, ceux de ses contcnii>iiraiiis (|ui. par i-\iMni)lf. doués de beaucoup de uioycns de forluue, se targuaient d'aclieter les j;raiuls succès des expositions, des Salons, ou bien qui (•(.iKliK raient chez les plus habiles marchands, les œuvres « les plus impDilaiilcs » dv-. ailisles « les plus connus », celles, entre aiilics, (jui resscndjlaient le plus à crlli' (pii avait valu à ceux-ci les plus llattcuses j)i'('rt'riMices de la loiilc — ces suites de coUeelioniieurs-là, (p^olll-il^- lait? Rien. .NOus ne le savons
(pie liop.
Les beautés i\\i diable sont devenues décrépites; les gloires parlois ont déeliué ; les diivi-es typirpies n'ont plus de siuiiiiieatioii précise ; ou s'étonne (pie lelle peintui»- ait eu un >i i^rand relent issenieni , tant elle e>l deveiiiH- x'clie. dni'e, noire, revèelie: ou ne comprend iiK'ine pins les raisons (pii l'axaieid pu l'aile aeclauu'i'. (^uoi ! re ni'tait (pie cela ! l'.l cc^ ^l'ande-- rc'nnionliistueusement cu[ii|)os('(s n"oiil pin-- ni \alenr ait i^-t i(pie . ni \alenr liislori(pie nièine , piiis(pie riii^-luiic ne tieiil déjà |dn-aiicnn compte, ni Ac-. imm^. ni des (eii\res (|U elles non-- |irt''scntent .
I )e modeslc>> ehuscs, ail contraire, prennent clic/ un Honaii. une poil(''c inat tendue. Les ('.orot dr la p(''rio(le ilalii'iinc. danleur adoraldc docilili- (pij |)arai>--ait na^iK'rc de la ><(''elieresse. expliipnnl la rormalion diiii génie. Les ligures A\\ même maître ([ne Ton (h'-daignail , deviennent déjà les .bxondes de
i6 LA COLLECTION HENRI ROUART
raveilir! Celte Leçon de musique de Manet représente donc ral)Oulissenienl de sa première manière avant sou adhésion à l'école dite « de 1870 ». Ce Pavé de Chailly, ce grand et beau paysage de Clande Monet, nous montre donc de la façon la plus forte et la plus formelle ce que cette école-là dut tout d'abord à Corot.
Autour des sommités se groupent les délices secondaires, ou, si l'on préfère, les œuvres qui sont ou étant secondaires, demeurent délicieuses, et ce n'est pas pour celles-ci que l'homme de goût a le moins de caprice. Aux peintures se rattachent les dessins, satellites des étoiles de première grandeur. Et, pour terminer cette admirable démonstration qui a d'autant plus de force et de grandeur qu'elle n'avait pas l'intentiou d'en êti^e une^ la passion bien inspirée du collectionneur a placé à côté de tout cela des termes de comparaison tirés des gi-ands anciens auxquels les modernes qui lui sont chers auraient le plus souhaité de ressembler : le Greco à côté de Delacroix, Poussin à côté de Degas, Prud'hon cœur à cœur avec Corot, Chardin avec Corot, Jan Steen s'entretenant avec Daumier, la Gitane de Goya ne s'offensant pas d'avoir pour rivale la Femme brune de Manet.
Ainsi, après avoir visité la maison de M. Rouart, nous sommes à présent en communication avec son esprit. Ce qu'il avait recherché pour son plaisir se tourne naturellement à notre instruction. Cette histoire de l'art du tenij^s qu'il a faite sans y songer, uniquement par instinct et par opiniâtreté de passion.
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il beau tHic dispei^ûc ilciiiaiu, clic se rcl'oniie ulcalcincnt. L'homme d'étude est oljUji-é d'aller en rechercher les éléments, non senh'incnl dans i-r li\ ic-ci, mais encore dans les collections nniiNcllcs (jni les rccneillcnl. on dans les musées où elles vont acquérir délinitivemenl leur vertu enseignante.
C'est pour cela (jn'avaid de la passer une dernière l'ois en revue, on épioiivc le licsoin d'en sa\(iir davaidai;c sur riioinme dont ces (i-uvres conserx eronl le nom ai)!!-- celui de leur auteur. Penl-èlre, suppose-t-on. v a-t-il encore là (|ue|(|nc utile leçon à retir<'i'? Pcnt-éti-e, si l:i c(dlectioii était, en (|uil(|n<sorte, une (cii\re dai'l. la vie A\\ collecl ionneu r en (■tait-elle une aii-^-^i ? \'o\(in'- --i cette liypotlicse n'est pa^ ti'inciairc.
l)"aliord. nous y coimialons un l'ail (|ui vient ap|)oi'tei' hcaneoiip de l'circc à une idi'c (pii nmis e-.| spécialement eilcre. ( '."c'^l (pie l'aplilndc aitisti(pn' cl l'aplilndc scientiti(pic ne sont nnllenicnl le-- scein's ennemies dont ccn\ (pii ne sont (pic peu saxaiil^. cl im'nic ceux (pii sont à peine artistes, \ iHidiaicnt cnciiic eiil iciciii r la 1('-l;cii(Ic.
I .a \icacti\c de M. Ilciiii Hoiiait a ('té \ onée à la science, sa \ ic idi'alc s'est conipin dans l'ail, ('."csl une harmonie • pic l'on \o\ail j^idi-- coiiianimcnl : mai-^ les sp(''cialisal ion-, de iioti-c ('ic en oui rendu la uoti(Ui plu- c(ud'ii-c cl la r(''alisatioii même plus di II ici le.
LA COLLECTION IIENKl ROUART
Quoi qu'il (mi soit, M. Uouart l'ait des études scientifiques approfondies. Il est élève de l'Ecole polytechnicjue, puis de l'École d'application de jNIetz. An lieu d'entrer dans l'armée, oii il eût certainement pris un rang supérieur, il se consacre à l'industrie, et il apporte aux problèmes de la science nouvelle le même instinct précurseur qu'il a prouvé à l'égard des questions artistiques. C'est ainsi que successivement les applications du Froid, la possibilité de véhiculer rapidement les correspondances par tubes pneumatiques, les moteurs à gaz et à pétrole, attirent dès la première heure ses facultés tl'invention et de compréhension.
Il existe parmi les reliques que conserve sa famille un petit portrait de lui, une peinture d'une vigoureuse couknir et d'un énergique sentiment, qui représente l'ingénieur, coiffé d'un chapeau haute forme, et se détachant en silhouette sur un fond de fumantes usines. Cette vigoureuse peinture est l'œuvre de Degas, et se réfère aux temps des plus anciennes relations entre le grand collectionneur et le grand artiste.
M. Rouart avait été, en ell'et , camarade de collège de Degas. Chacun avait suivi sa A^oie, l'un entrant dans les alfaires , l'autre partageant son temps entre le Louvre et l'atelier; et ils s'étaient un peu perdus de vue. A l'improviste, ils se retrouvèrent pendant le siège, aux remparts, dans la même batterie, où l'ancien élève de l'X était capitaine et le dessinateur simple servant. Dès lors leur amitié devint des plus étroites. Les deux caractères s'harmonisaient à merveille
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Rouart avait été, en effet, camarade de collège de
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LA rOI.r.ECTION HENRI ROUART
[»;ir Ifiiis coiitriistcs, l"im âpre, caiislicim- . fxdiisir. einpiirlô, iiijiis ('hloiiiss.iiil (le \fi\r. l'aiitic lin. hii'ii \ cillant . d'iinr iinjxTtnrhablc coiirloisic ; mais |i»us ilenx ayaul ce lieu euinniiin (le railiuiraliuii pour les niivres des uiaîtres. M. Degas ImI un lies hôtes assidus de la tuaison. et des dîners eélèbres, aninit'-s pai' la j'antaisii' ci riiinnrm- niordanlr du |)eintre, eiirenl lien ipii pit''si'nlcrai(iil nn Itirn vil intérêt aujoui'd'lnii si Ton a\ail pn — mais la siulc pensée en soit déleutlue 1 — les sli'ni>i;iaphicr'.
.l'en nolciai tcHiIcluis un ('clio anni^-aiit (pii m"a été l'edit par M. Hunail 1 11 i - riK-nic naj;nèrc. Il imliijuera l'étal de-, esprits an\ cun irons dr [H-'t, l,a conv ri--at ion \ int à tomlpcr. natiiiidlcincnl. --iir la prininie. tl nn peintre eonnn. inler[Kllant De^as. Ini dit :
«( \ oyons. \ons ne poiivc/. pas afïiiiiH'i' séiiensement <pu' ( ,oiot (Ifssiiir liirii les arlu'cs!
— Mais si. i('|iondail le i;rainl dessinatenr, el ["ajonleiai
• jo il desNinr non moins liien les limii'es. »
( Mielcpies rires se taisaient alors entendre, el nn antre artiste
non nniins cédèNrc (pn' le premiei- inter\enail. disant à l'antre:
<( Allons! ne iliseiile/. pas! \ ons \ o\ e/. hien qn'il est emore
• •n train di' nons servir nn <le ses paradoxes. »
<)i. e<s deii\ spécialistes ne jaisaient ainsi (pie tradnire I opinion nioN.iMie des milienx art ist iipn-s. | .es arlncs d,- (iorot. p'oir la plupart .les eonnaissenrs. n'étant pas d,.s ,l,\,,irs d,dessin, ds II,- s'aperecNaienl pas ipie s,-ide la (pii ntesscnri-
(rune science pi'oronde pouvait donner les illusions de la vie que nous admirons aujourd'hui. Ils ignoraient d'ailleurs, les cartons du maître n'ayant pas encore été ouverts comme ils le furent après sa mort, que dans sa jeunesse il avait fait nombre de ces exercices, dessinant les arbres et leur feuille avec une minutie et une opiniâtreté extrêmes.
On voit quel courant avait à remonter un collectionneur comme celui-ci, les railleries qu'il lui fallait dédaigner, la foi intrépide qu'il lui était nécessaire de conserver au milieu de l'incompréhension générale.
C'est une A'éritable rigueur de mathématicien qu'il aj^porta dans la formation de sa galerie. Une fois la vérité admise, rien ne peut en faire démordre ces sortes d'esprits, et tous les corollaires viennent se grouper autour de la démonstration principale, comme rue de Lisbonne autour des plus grands peintres méconnus venaient se grouper les excellents petits maîtres dédaignés. Nous croyons, avons- nous dit, que loin d'être en désaccord avec les facultés artistiques, la haute culture scientifique ne peut que les étendre et les élever. La raison en est bien simple, et d'une évidence, pour ainsi dire, mathématique elle-même. Les grands peintres sont ceux qui obéissent à la logique la plus liante, la plus mystérieuse de leur art. Donc des hommes, qui, comme M. Rouart, connaissent assez la technique des arts poiir l'analyser dans une peinture (je rappelle que ce collectionneur était devenu peintre avec Millet pour maître) saisissent, par leur habitude
Il l> M Mil II