‹ La collection Henri Rouart [par] Arsène AlexandreChapitre 4 sur 40 · RT · texte numérisé non relu

RT

iiMiuer les illusions de la vie

. Ils ignoraient d'ailleurs ;,

is encore été ouverts comme

i mort, que dans sa jeunesse il avait fait

xercices^ dessinant les arbres et leur feuUlé

■' et une ojùniàtreté extrêmes.

L courant avait à remonter un collectionneur

elui-ci, les railleries qu'il lui fallait dédaigner, la foi

il lui (■' - conserver au milieu de

iieur de mathématicien qu'il apporta

. alerie. Une fois la vérité admise, rien

dre ces sortes d'esprits, et tous les

autour de la démonstration

une autour des plus grands

grouper les excellents petits

croyons, avons-nous dit, que loin

f les facultés artistiques, la haute

j. .eut que les étendre et les élever. La

♦»st bien simple, et d'une évidence, pour ainsi dire, i\';r. ,' elle-mOnic. I^es grands peintres sont ceux qui

oIk'i^- . - .; ' ■ "iis haute, la plus mystérieuse de

! î' , qui, comme M. Rouart, con-

des arts pour l'analyser dans

collectionneur était devenu

pen Milk t puur maïtic) saisissent, par leur habitude

H.iii/.jy.d .11

SB

(1<; la lt»gi(jiic, cillf (iiii lègiic clans les u'uvics mCiiics cl surtout les ])liis incnniprises.

Ce j)li('ii()iiirin- iiilrllfclucl n'a pas encore clé sullisaniiuent étudié dans certains ails <ln (U-ssin, eouinie il a étt- étudié cl admis dans les auti'cs arts, l'ersonne ne nie (juiin ijiiuul savant, un ^Mand UKilliéuuitieicii. ait des lacullés pai'lieulièi'cs qui lui peiiuettciit Av niicii\ apprécier «pie \r puldir des amateurs sMpcrIiciels , les beautés Af 1 arcliileclurc mi celles de riiarnuinic musicale INmifpioi n'en serait-il pa-^ de inèmc des \alcur's, des r;ippint^ de Imis et de lii^ncs cpii >ont les él('-mcnt> cxclnsiis de ht pcinlnrc'.' (.luise étian^c. on acce[ile encore (piun j;rand article cDnime Léonard ^oit en nu'inc temps un --avant universel, et, iraulrc part, il ^^cnd)l^■rait con- Icslahlc (pi'nn sa\ant es mat lit'inatiipH- puisse allei' à la lencunli'c de-. |;ran<U peintre^-, comme ceux-ci Nont à la icnciudre tics sa\aut>?

\'on'- dire/. |>ciit-ètre (pie cetl<' petite dissertation nous l'itii^ne nn |ieM de la lollcetiim Houart cl de Koiiarl luinn'-mc. .le croi'-. an eonliaiie. «pi il n"e--l ^i:\^ |Mis--ildi' d"anal\->ci' pin-- a lond re-~|M il de cet i ni;('n icii r pa----ionne, cl de donnci' plus jnsleineni la raison secrète de riiomoi;('ni'ile cl de ri'clat de sa colleclion.

Si, maintenant. \(Mrs prt-jV'rc/, le voir dans nn jonr pins lamilicr e| phis anecdot ique. rien n'est |i|ns jaiilc. Il \ ons sullit. ponr ida, de \ons transporter rne Mo^ador entre iS-oet iSSo. dans la liontiipie de IMerr»'-I"irmin M.irtin. un maicliand

LA COLLECTION HP:NRI ROUART

(le liil)lcau\ c'oiniue on n'eu veria probablement plus guère.

Martin, ancien ouvrier sellier, puis aeteur Je niélodranie au tliéàlre de Montmartre, homme excellent, mais voué, comme « traître », à l'exécration des loules, satisfit ses goûts pour la peinture et en même temps ses instincts légèrement révolutionnaires en s'établissant à la lin comme expert et en vendant de prélérence les ceuvres de ceux dont le publie a horreur. Là, dans cette boutique, plaisamment appelée par ses habitués le Cercle Mogador, viennent des amateurs comme M. Rouart, le comte Doria, M. Hazard, M. Jean Dollt'us, et des ai'tistes comme Degas, Pissarro, Daumier, Cals. "N'ietor Vignon, Jongkind (quand ce grand vagabond est à Paris), etc. Là Corot, Millet, Rousseau, Daumier, Delacroix sont les divinités. C'est de cette boutique, tenue par un apôtre enthousiaste et grognon, que souvent M. Rouart, au sortir de ses usines, rapporta sous son bras, rue de Lisbonne, beaucoup des tableaux qui à présent brillent de cette splendeur. Il a hâte d'en juger l'effet chez lui, de les accrocher à la place choisie, de les comparer avec ceux qu'il a déjà conquis. Peu à peu les murailles se couvrent et le fameux escalier se décore.

De même, dans les ventes hésitantes, où péniblement s'enlèvent les études et les tableaux, l'amateur a su voir celle qui « a le motif » comme dit l'expert Martin. A la vente de Corot, notamment, où maintes esquisses atteignent des prix plus que modiques, et en particulier les figures et les petits paysages d'Italie, il fait une riche moisson.

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