I.A (.(tl.lKC I ION HENRI ROUART
Puis, dans (l'iuilies ciriuiislaiiccs, il j)rencl des ilécisiuiis (l'une- lécllc ;iinl;icc — (|ii<>i(iiM' lions ayons pciiu" à nous itimtlic (liin^ l'iiliT (inCllcs l'nssciit si andacicnscs. Par i'\t;in|)lf, l'ii iS-(). un t^iantl taltlcan dr Maurt. hi Li'rtni de //iiisiijiir , a ('11' ri)l)jet des plaisanteries di-s pins s|)iriliuls junniali^lo. M. i'ierre Véroii. par exeiii[)le, ou M. lùlnioiid AI)oul. Lui. il a icniaïupié cillr pciiilnre, et à la \t'iile de .Maiii'l. il aura, nue dou/ainr d"ann('c-> plus tard, la Joie de I îK'lieler... l)irn (|u<ui in rii- encore.
I ne anirr luis, au Saloii de iS-'i. \\[//i/i:(j/ic de Heiioir a été relus. -i-. Il visite l'atilier de raitislc. voit celle ti^raiide peinlni-e, el séanei' tenanle. eul housiasuu' dflle. il la lait Iraiisporler dans son In'itel.
( ',e n'esl pas ainsi (pic |)ro(('denl les eolleelioiinenis sens(''S, (pii ('prouNcnl le hesdin, pour ("Ire j;uidcs dans leurs achats, de prendre Taxis de personnes anl(wisées. el jioiir (■•Ire rassurés dans leurs admirât iiuis. ^\^• constatci' (pie leurs achats r('iinisseut le sullra^c de leurs relati(Mis mondaines cl celui ile.s mareliamls (pij le-, leur on! procures.
Aussi u'esl-ou pas -^urpris de \i.ir (pi"eu si petil munlire (pTils soicnl alors, les anialeuis (h- respi-ce de M. K.niarl s'enlendeul pa rla i I e nieii I cl sont des amis plnliM (pic des ri\au\. l'ai- exemple le comlc Doria el lui. ipii prolcs-^cnl une hanle csliim- l'un piuir Taulre. cl ne parviennent jias à (•(mnailrc, mali;r(- les mai;nili(pns raisons (pi'.i loui' {\i- ii'de ils ponrraieni en avoir, le scutiment de renvic. Pai- excmph'
encore lui et M. Chertils, entre qui a lieu une histoire louchante.
M. Clierfîls possédait cette émouvante tète de Boliémienne de Goya dont on trouve ici la reproduction. Elle était Tobjet d'une vive et chaleureuse admiration de M. Rouart. Que de l'ois ils l'avaient ensemble étudiée et goûtée. Un jour, M. Cherlils tombe gravement malade. Son ami va le visiter assidûment, et à Tune de ces visites, le malade soupire : « Ah ! notre Goya !... Notre belle Gitane !... — Votre belle Gitane, dit jNI. Rouart. — Non! non! Notre Goya!... accentue encore le pauvre gisant. Ce tableau que vous aimez tant : je vous le donne... Il n'y a que voiis qui puissiez l'avoir après moi... » M. Rouart se débat, proteste, relûse. Le lendemain, il apprend que le Goya était parti pour sa maison, et, très peu de jours après, mourait son ami M. Cherlils.
Les beaux traits sont à l'honneur de ceux qui en sont l'objet non moins que de ceux qui en sont les auteurs, et celui-ci jette une charmante lumière sur les collectionneurs d'une époque relativement récente... mais singulièrement lointaine.
Peut-être maintenant connaissez-vous un peu !M. Rouart, et trouvez-vous dans sa physionomie des accents qiii justifient le désir qu'a eu l'éditeur de ce recueil de conserver sa mémoire, tant pour l'histoire que pour l'exemple. Il ne nous reste plus, pour avoir achevé notre tâche, qu'à entrer un peu plus avant dans le détail de la galerie, ou tout au moins,
J I . Mil I Kl