I.A COL
tMiooie lui ot M. Cherfils, entre qui a lieu une histoire t«uu'liante.
M. Cherfils possédait cette émouvante tête de Bohémienne
(le Goya dont on trouve ici la reproduction. Elle était l'objet
iPune vive et chaleureuse admiration de M. Rouart. Que de
lois ils l'avaient ensemble étudiée et goûtée. Un joui.
,M. Cherfils tombe gravement malade. Son ami va le visiter
.issidûment, et à l'une de ces visites, le malade soupire :
«( Ah ! notre Goya ' Xolie belle Gitane !... — Votj'e belle
(Utane, dit M. Ro! Non! non! Notre Goya!... accentue
< iicorc 1< pauvre gisant. Ce tableau que vous aimez tant :
je \oii- !e donne... 11 n'y a que vous qui puissiez l'avoir
. » M. HouiiTt se débat, proteste, refuse. Le lende-
!id que le Goya était parti pour sa maison
peu de jours après, moura mi M. Cherfils.
inx traits sont à l'honnem de ceux qui en sont
- , a moins qtie de ceux qui en sont les auteurs, et
celui-ci jette une charmante lumière sur les collectionneurs d'une époque relativemeat récente... mais singulièrement lointaine.
Ptiii-f'tpt' maint' i.;>iii connaissez ,^... .ax peu M. Rouart,
V ous dai ;>sionomie des accents qui justifient
u'a eu réditeur de ce recueil de conserver sa
nitui i-e que pour l'exemple. Il ne nous
reste i notre tâche, qu'à entrer im peu
plus ; U galerie, ou tout au moins.
TM.IJIM .1.1.
(llil!«9h) -iJiklilIdU
I XK Rt'K \ riNOI II
lin a/ii
car If tr;i\ail (1('\ cloi)!)»'- serait coiisidc'-rahlc. à en préciser l'essentiel.
Si l"i>n eliei'clie il •'•tahlii' lie- (Ji\isiuns dans la eolieetion Hnuail, on en liunve <léj;i (|nalie |»iineipales. Dans la première viennent se placer les lenvres des maîtres anlérienrs au xi\' siècle. La seconde est (ui-mce par riii>t()ire d*ensendjle de l'art au \i\ -.ieclc hii-mènie, saiil' Tait acadéniicpie Iden enlendn. i)an^ la li'oisième se placiiit lo dessins et a<inarilles, l'nrnianl à en\ seids nne eolleetinn des pins inii)i)rlanles. La qnatriéine élail eonslilnée des senlplnics et dis objets d'art cl elle est denieurt'c entre les mains de ses héritiei's : comme elle était l'oit e\pressi\t', elle aiissi. lions en faisons tout de même nin* mention sommaire.
Les tal)leaii\ anciens n'ont pas été de la part de M. Honart rohjil de reelieiclies persisi a nies et aussi métiiodiipics (|iif les piiiil lires el les dessins niodeines. Il procédait là |dnl("il par caprice cl siil)is-,ail la séduction dune rencontic (','csl ainsi <pie tel l'inrcnlin du \i\ siècle, tel maître de la Ucnaissanee alli-maiidc, llaniande on ilalieniie se reneonlreiil parmi ses lalilcaiix sans aiilrc laison ipie rinliiition ipTils tiraient liicn eoinnie \oisina:^c. en \cilii de l'iinilé' de mn'il du iidlcct iomuiir liii-mème. Il u'\ a pas de cause lurmcllc. mais il nx a pas non pliis, Inin de l;i. de ilispaialc. In Hernard Stri^d. par exemple, .'lait plaïf à ci'ilc' dnn petil Dej^as. Lue ^'ier^<• de
a6 LA COLLECTION HENRI ROUART
l'école (le \iui Oi'lcy n'élait pas loin d'mie intimité mondaine de Miss Mat'v Gassatt. Une Anne (/'Autriche en Minerve, de Philippe de Champaigne, occuj)ait, dans le petit salon, une place symétrique à celle de la grande escfuisse de V Abondance par Prnd'lion, dans le salon d'honneur,
II est pourtant un maître dont INI. Rouart se soucia particulièrement et dont il aurait sans aucun doute rassemblé de nondirenses tinivres s'il n'avait jîas vécu à un moment où les tableaux du grand exalté de Tolède n'avaient pas été mieux cachés par l'indifférence absolue dans laquelle on les tenait en Espagne, que ne le sont les seiîoras des romans, par la jalousie la plus féroce des maris ou des tuteurs. L'art essentiellement moderne du Greco le préoccnpait Tort ; il en parlait frécjuemmcnt avec une sorte d'anxiété. 11 aurait voulu être renseigné sur lui, — mais on ne savait j)as grand ' chose encore, si tant est qu'on sache beaucoup maintenant. 11 aurait fait des sacrifices pour se procurer de ses œuvres, — mais nous qui revenions d'Espagne en lui vantant fiévreiisement la beauté du Comte cVOrga^, des tableaux du Prado et de l'Escurial, nous ne savions qu'une chose, c'est que les couvents et les églises qui en possédaient refusaient fièrement de les vendre à cette époque où ils n'avaient pas de valeur. Au moment où M. Rouart eut cessé, pour cause d'âge et de santé, de faire des conquêtes, les Greco sortirent de leiu-s retraites et attinrent des prix formithd)les. Mais il y ent pins de mérite et de dilficulté à trouver sans guide, sans point de repère et par le