‹ La collection Henri Rouart [par] Arsène AlexandreChapitre 7 sur 40 · M II I · texte numérisé non relu

M II I

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i. Une ' Aaiiiche en Mineive, de

"■ '■ lans le petit salon, une

'■sqiiisse de V Abondance

■ salon <! hnimeiii

uu mai ' M. Rouai't se soucia parti-

' ■' " aucun doute rassemblé de

-i vécu à un uiornent oxi les

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laquelle on les tenait en

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!'s. L'art essentieÙement

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liid' chose encore, si tant

iit. Il aurait fait des

ivres, — >us qui

lut fiévreusement la beanir

' Prado et de l'Escuriai,

que les couvents et les

ièrement de les vendre à

valeur. Au moment où

" (le santé, de faire des

retraites et attinrent

le mérite et de diffi-

1e repère et par le

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TiVAl.HfJ.y

LA COLLECTION HENRI ROUART a;

seul instinct, les qnclqurs beaux uiorccaux (jue uoiis voyons clans la collection, ([u'il u'v en a uuiiuleuaul à laiie l'assaut tles maisons religieuses enfin converties au culte du sévère ïheotocopnli. Un Homme en bleu qui est peut-être nn apOtre. peutêtre un théologien (car il fait le geste d'argumentation), une admirable Apparition de la Viei^ge à saint iJorninit/ne. paliun du peintre, un dramatique et puissant buste de Saint François d'Assise, sont les principaux spécimens de son génie dans la collection Rouart.

L'école hollandaise ne se trouvait repiésentée que par nu fin Constantin Netscher et par une scène d'intimité «le .lau Sleeu. De l'école française, au contraire, il y avait de beaux exemplaires, et en nombre. Une magnifiqiu" petite esquisse de Poussin, VEnfance de Baee/nis ; puis lU-s poiliails cl (K-s compositions du xmu' siècle, d'uiu- (jualité excellente. Kutre autres une très curieuse Dame à la vielle (jiii est une énigme (piant au ujodèle et à l'auteur; nu très beau porti-ail ('<• femme (le Duplessis; un porliail d'Iiouime en Inihil gri-- (\\\\ n\.\\\ vraiiuenl la l<Mine «Tun La 'l'inir el (|ni Inl pins laiil anlliml iqmcomme une «i-uvre de N'igée ; nn l.t'picii- eliarnianl : une Iri s belle |»einlure iVAt//i/iiifs de la MNsi(/ih\ maîtresse oumc di- Chardin ; une pelile matiinilé espiègle de Lragonartl (|ni se Iroiive èlre. on ne |>eiit s'enqx'cher de sourire, une / nife en J:'i:)/>te. Il y avait également nn très beau paysag»' «loul un marchand disait à M. Monarl : « \'ous (|ui aime/, les C.oi-ot de jeunesse, j'en ai nn (|ni \ons init'ressera. » M. Honarl reganlail

le tableau et répondait : « C'est un Hubeil-Robert, mais je le prends tout de même. » Et vous pensez bien que ce n'était pas le marchand qui avait raison.

Nous pourrions citer encore bien d'autres morceaux anciens, mais le plus important est rappelé, et il nous reste peu de place pour parler à peu près dignement des modernes.

Corot, on est obligé de le redire, est vraiment le souverain de la collection. Parmi les paysages, outre les vues d'Italie que nous avons appréciées plus haut, il en est deux qui ont une ])eauté tout exceptionnelle . L ' un est llvoli vue des terrasses de la villa d'Esté, une page délicate au suprême, argentée, l^aignée de rosée et de pâle lumière. L'autre, les Baigneuses aux Iles Borromée, de la maturité du maître, qui peut soutenir la comparaison avec le tableau du Louvre sur un motif analogue. Qiuint aux figures, c'est une étude entière qu'il faudrait pour analyser la gravité, la douceur, la mélancolie grandiose qui régnent dans ces conceptions uniques. La Femme en bleu, accoudée, demeure la plus belle de la réunion ; mais combien on aimait regarder longuement les autres, si diverses, les regarder aux yeux pleins d'ombre, à la bouche si expressivement entr'ouverte. Les souvenirs reviennent en foule et les rapprochements se ibnt impérieux entre les plus rares œuvres de Van der Meer de Delft, et les humbles modèles dont Coi'ot

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rt fait des muscs immortelles et des contemplatives que Ton contemplera toujours.

Et pourtant, cette souveraineté, Millet, lorsqu'on l'étudié isolément, la partage avec le grand Camille. De plus, tout comme celui-ci, on peut le suivre depuis ses débuts jusqu'à l'apogée de sa l'orée. Ils sont singuliers, et d'ailleurs très beaux, ces débuts du grand naturiste dans le genre allégorique et romantique qui le passionna tout d'abord. Le Barde et Op/télie, scène tirée d'Ossian, et les Etoiles Jîlanfes, petite et précieuse peinture, éclairée crépusculairement, comme la précédente, furent souvent le sujet des commentaires des visiteurs. Un petit Amour endormi, bijou de sensualité picturale, est aussi inie œuvrette non moins charmante en elle-même qu'intéressante par rapport à l'évolution de ^lillet. Puis, tout à couj), avec le Chêne et le Roseau, le peintre, encore romanti(pie, devient cependant un des plus grands interprètes de la nature qui se soient révélés dans le siècle. Les rafales font rage, déracinent le colosse, font fiiir éperdu 1111 pauvir pi-tit iuiniain — puis, comme dans la Symphonie j)antorah\ après ce rorinidable ouragan, l'œuvre de Millet se continuera désonnais en mie grave et harmonieuse action de grâces. C'est \ine iniineiise invocation à la natui'c, malgré les labeui's qu'elle inipose, (lue les œuvres de ce grand honiine. Voyez en des chants caractéristiques dans celle belle vue d'Auvergne, dans celte peinture de la Fin de la journée^ et dans toutes les autres de la collection. Kl même nue note Iciulrc. iiiatlciulnc, Iiiillc dans cet

3o LA COLLECTION HENRI ROUART

ensemble avce une forte douceur : cet incomparable Bouquet lie mar^uerilcs, pastel de Millet, aussi beau que la plus belle (le ses peintures, et dont M. Rouart aimait à dire cpie c'était « une des pages de sa collection où circulait le plus d'air ». Parole déconcertante tout d'abord, mais dont un examen plus allentif permet bientôt de vérifier toute la profondeur, car l'impression d'atmosphère en peinture n'est pas forcément donnée plus A'ive par une gamme claire, que par une harmonie aussi soutenue que celle-ci, du moment que chacun des éléments du tableau semble, en vérité, respirer dans l'espace.

La primauté incontestable de Corot et de Millet dans cette réunion nous a fait un peu anticiper sur la chronologie. M. Rouart était trop peu porté à goûter l'art imperturbal^le pour avoir pu jamais apprécier même les plus grands des Académiques. Il n'est pas sûr que, s'il avait rencontré un très beau David, même à des conditions tentantes, il l'aurait acquis. Il mettait, même dans ses préférences, une sorte de partialité qui ne fait, en somme, qu'accentuer son caractère, et souligner celui de la collection. Aussi ne A^oyait-on pas chez lui un David, mais en revanche on y goûtait plus d'un Prud'hon. 11 ne tenait pas à reconnaître, malgré les remontrances de INI. Degas, l'originalité d'Ingres , mais il avait cherché de Delacroix les notes les plus véhémentes qu'il pût trouver. C'est là peut-être seulement que l'on pourrait chez lui dénicher le petit coin des protestations. Car, cela je pense ressort trop bien de tout ce qui précède, il aimait trop les objets de son choix j^our les aimer contre

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