I. Bancroft, t. XXXII, pp. 58-59 (Statistique de
malt près de Victoria fut plus tard désignée et aménagée à cette fin.
D'après les termes de la convention passée entre le gouvernement et la Compagnie au sujet de Vancouver, en 1849, l'Etat ne devait supporter aucune dépense, sauf en cas de guerre. La Compagnie se chargeait de l'administration; en échange elle acquérait, outre le monopole du commerce, la libre disposition des terres et des mines pendant la durée de la concession. Elle s'engageait à faire venir des colons dans un délai de cinq ans au plus et promettait de leur vendre les terres à un prix raisonnable. Sur le prix des lots et le revenu des mines, la Compagnie devait prélever 10 p. 100 et les consacrer aux travaux d'utilité publique *.
De la sorte, l'Angleterre espérait, sans grands frais, établir des colons autour d'une base navale dans l'île Vancouver. Mais la Compagnie ne tenait point à attirer des étrangers sur son domaine. Aussi demanda-t-elle par hectare 62 fr. 50, ce qui était le prix des concessions dans les colonies anglaises de peuplement les plus avantageuses. Quand les premiers véritables colons, un capitaine anglais et huit personnes de sa famille, débarquèrent dans l'île Vancouver, en 1849, les facteurs de la Compagnie les reçurent froidement et leur assignèrent des terres à Sooke, au bord d'une baie forestière et sans habitants d'où l'on ne communiquait avec Victoria que par mer.
Sous prétexte de colonisation, la Compagnie s'appliquait à faire venir les seuls gens qui pouvaient travailler à son profit. Ainsi 80 personnes arrivent en 1850, 120 en 1851, 200 en 1853, mais toutes sont liées au service de la Compagnie par un contrat de plusieurs années, et la Compagnie les donne pour colons parce qu'elle paye une partie de leur salaire en terres ^
On les recrute presque tous en Ecosse comme le personnel des forts. L'Ecosse, où les grands propriétaires remplaçaient alors la culture par l'élevage « éclaircissant » les villages, détruisant les chaumières, chassant les habitants, fournissait autant d'émigrants qu'on en voulait.
Une partie des nouveaux venus étaient apppelés à tenir les jardins, les vergers, les prés, à élever le bétail que la Compagnie entretenait autour de ses établissements. Les premiers animaux domestiques de l'île Vancouver avaient été achetés au Mexique et débarqués à Fort Victoria en 1844 : ils s'écartèrent dans la forêt où les Indiens les tuèrent comme du gibier*. Plus tard la Compagnie mit une partie