Banckoft, t. XXXU, p
temps, le gouverneur acheta un navire américain qui venait de s'échouer, le renfloua, y mit trente mineurs de la Compagnie et les chargea d'une seconde prospection aux tles de la Reine Charlotte. Cette fois le navire rpvint à bon port, amenant une charge de quartz qui, envoyée en Angleterre et traitée, rapporta, dit-on, 150 francs par homme et par mois.
Une nouvelle expédition fut préparée, mais, malgré les précautions de la Compagnie, le secret n'avait pu être gardé dans un petit port comme Victoria où les quelques habitants ne manquaient pas de voir tout ce qui se passait. Des bateaux américains guettaient le troisième départ; à peine le navire de la Compagnie eut-il levé l'ancre, qu'ils se mirent à sa piste. Ils le suivirent jusqu'aux îles de la Reine Charlotte où d'autres ne tardèrent pas à les rejoindre. En peu de temps les chercheurs d'or envahirent ces îles; ils s'y querellèrent entre eux et se battirent avec les Indiens. Tout l'équipage d'un bateau de San Francisco fut saisi et retenu prisonnier par les indigènes, si bien qu'il fallut organiser une expédition pour le délivrer. Averties par cet accident, les autorités envoyèrent un navire de guerre rétablir l'ordre dans l'Archipel, mais son aide ne devait pas être longtemps requise. En effet, le filon de quartz se trouva trop court et fut épuisé en une seule saison; tous les chercheurs abandonnèrent alors l'archipel, puis le port de Victoria, qui, après une courte fièvre, retrouva son ancien calme*.
A la fin de 1853, l'île Vancouver comptait comme habitants environ 17 000 Indiens et 450 blancs, dont 300 à Victoria et Sooke, 125 à Nanaimo, 25 à Fort Rupert sur la côte nord-est; 8000 hectares à peine étaient concédés, 200 seulement cultivés, tous, sauf 16, pour le compte de la Compagnie et de ses agents *.
Pendant les quatre années de 1853 à 1857, l'île Vancouver demeura un modeste établissement sous l'administration de la Compagnie, dont les agents jouaient le rôle de cadis, réunissant tous les pouvoirs, 3inon toutes les compétences. A cette époque, les principaux événe* ments de l'histoire vancouvérienne sont les conflits entre blancs et indigènes au sujet du bétail et au sujet des terres; commencés, on l'a vu, en 1844 (p. 147), ils durèrent jusqu'en 1864'. Comme la Compagnie n'entretenait aucune police, les colons finirent par orga-
1. Qeol. San>. of Ca, An. Rep., 1887-88, R, p. 19 (G.-M. Dawson).
2. Barcropt, t. XXXU, p. 260. — f •' Recensement du Canada, 1870-71, t. IV pp. Lxxvni- Lxxix, reprod. la Statist. de TEngaète parlom. angl. de 1857 & Tocc. du renouvellement dn privilège de la C*.