‹ La Colombie britannique;Chapitre 110 sur 298 · Bahcropt, t XXXn, p · texte numérisé non relu

Bahcropt, t XXXn, p

quelques années la plus grosse ville de la colonie, dépassant New Westminster, puis la capitale elle-même (p. 318).

Multipliées pendant la construction de la voie ferrée, les explorations révélèrent de puissants gisements de charbon dans les Rocheuses méridionales et de minerais complexes dans les Selkirk et dans le plateau sud-ouest. Un embranchement du Canadien Pacifique fut poussé de la Prairie aux houillères du Crows Nest dans les Rocheuses, prolongé jusqu'à l'extrémité de la région minière d'où il ira prochainement rejoindre l'autre extrémité du Canadien Pacifique sur le bas Fraser (p. 364). Les procédés d'extraction et de réduction inventés aux États-Unis furent importés le long de la voie; des villes neuves s'élevèrent auprès des mines et des usines de fusion (Chapitre XXIII).

En 1897, on découvrit l'or au Klondike sur le Territoire du Yukon et l'on vit se reproduire au nord de la Colombie les poussées que le sud avait connues quarante années auparavant. Par le canal ou fîord de Lynn, les chercheurs débarquèrent au pied de la Chaîne côtière, franchirent les passes et se portèrent en masse vers le Klondike. Un port se créa au fond du fiord, un chemin de fer fut construit de ce débouché à la Chaîne côtière. Le gouvernement fédéral canadien revendiqua le fond du canal, mais le gouvernement américain, successeur des Russes en Alaska, invoqua le traité de 1825 (p. 144) pour s'interposer entre le Canada et la mer. Sans contester que le traité donnait la côte d'Alaska à l'Amérique, le gouvernement d'Ottawa soutenait que la bande littorale ne pouvait dépasser en largeur dix lieues comptées de TOcéan, ce qui eût laissé à la Colombie le fond de Lynn et de quelques autres découpures. Mais le gouvernement de Washington répliquait que dix lieues sont simplement un minimum de largeur garanti par traité à la bande côtière et que dans tous les cas où la ligne de partage se trouve à plus de dix lieues de la mer, c'est elle qui doit servir de frontière.

Le président de la République des États-Unis et Sir Wilfrid Laurier, premier ministre de la Puissance, convinrent de s'en remettre à l'arbitrage du roi d'Angleterre.

Rendue en 1903, la sentence a interprété le traité de 1825 dans le sens des États-Unis et coupé définitivement la Colombie de la mer, au nord de Port Simpson, c'est-à-dire sur toute la moitié septentrionale de la Province*.

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