Alex. F. Chamberlain, dans Handbook of Ca.^ p
4. An, Hep. Indian Aff., 190^-5, 234-236 (Kwakiult, Alert Bay, Vancouver Island), 260 (Bella-Bella et Bella Coola, Kwakiult et Séliche). — Tht Jesup, N, P, Exped,y t. V, pp. 155-181.
de Vancoaver jusqu'à la pointe nord du Washington, dans Tintérteur enfin chez une partie des Séliche qui ont remonté les gorges du Fraser *.
Avec les poteaux, les grandes maisons de bois, de forme carrée, sans étages, caractérisent les lieux habités par les populations entières (gravure p. 138, pi. V, 1). Construites pour loger plusieurs familles, parfois tout un clan totémique, elles servent Vhiver aux potlatcbes et aux assemblées de tout genre. Toujours groupées, elles se présentent en villages près des eaux calmes, au fond d'une baie abritée, sur une terrasse que les hautes marées n'atteignent pas ; en avant, une grève en pente douce sur laquelle on peut tirer les canots; au fond, la haute forêt en sombre muraille sur laquelle les poteaux se profilent de loin comme les restes d'une futaie morte ou brûlée.
Tous les Indiens côtiers savaient construire des embarcations légères pour naviguer et pêcher dans les rades : au lieu de façonner en canots l'écorce du bouleau comme les naturels de l'intérieur, ils creusaient les troncs magnifiques de leurs forêts. Leurs pêcheurs employaient un harpon dont le modèle parait d'origine eskimaude. Gomme armes de chasse et de guerre, les Indiens se servaient d'arcs en bois- et os, au lieu de l'arc en bois pur et simple des populations plus méridionales.
Ces naturels vivaient presque uniquement de la mer; au printemps, ils prenaient au filet les poissons migrateurs, surtout le saumon, et le préparaient pour le reste de l'année. Ce fut sans doute en suivant les bancs de saumons que des tribus séliche pénétrèrent dans l'intérieur en remontant le Fraser. Elles y fondèrent des villages de pêcheurs sur le fleuve et au bord des lacs et menèrent une vie analogue à celle de leurs frères maritimes.
De l'huileux oulachon ou poisson-chandelle (p. 203), les Peaux- Rouges de la côte retiraient une graisse appelée « beurre des Indiens », qui se vendait et s'échangeait jusque dans l'intérieur *.
Leur cuisine, comme celle des Polynésiens, se faisait sur des pierres chauffées.
Ils préparaient les peaux du phoque à fourrures, de la loutre de mer; ils tressaient la laine, l'écorce des arbres et les assemblaient en nattes qui leur servaient de couvertures et de vêtements; ils faisaient aussi, ils font encore de fines corbeilles avec des fibres de couleurs différentes qu'entrelace un art ingénieux et naïf.
1. Chamberlain, dans Handbook of Ca., p. 123. — The Jesup, iV. PacExp.^fX. V, surtout p. 130, planches VI-VIII (Mémorial Columns).
2. An, Bep. Indian Afftàn, iSOU-S, p. 235. — Yearbook of B. C, 1903, p. 223.
Pour eux la chasse avait beaucoup moins dUmportance que la pèche, car Tépaisse forêt qui s*étend jusqu'aux plages les effrayait plus que Teau tranquille des fiords.
Du lac Okanagan à TAlaska les Indiens étaient sédentaires * : une existence relativement calme, des occupations qui exercent surtout la partie supérieure du corps et les bras contribuèrent à accentuer les caractères que la nature leur avait donnés.
Au contraire, les naturels de Tintérieur sont des marcheurs secs et nerveux, à jambes longues : leur taille en moyenne va de 1 m. 66 à 1 m. 69, dépassant celle des pêcheurs côtiers; mésocéphales ou sous-brachycéphales, avec des yeux droits et non plus obliques comme les précédents, un système pileux plus développé*, ils ont le profil accusé et le nez long des Indiens de Test, leurs proches parents.
La plus grande partie de ces indigènes appartient au groupe linguistique des Âthabascains, qui s'appellent encore Déné ou Tinnè, c'est-à-dire hommes. C'est une immense famille qui parait originaire de la région où s'étend le lac Athabasca et qui comprend de nombreuses tribus de brachycéphales parlant des idiomes apparentés depuis les Loucheux de l'Alaska intérieure jusqu'aux Apaches et Navahos du plateau mexicain. Tous sont répartis en petites bandes semi-nomades vivant de gibier, de poisson, de baJes sauvages et dont chacun a son parcours de chasse et sa place de pêche : l'hiver ils passent sur la neige avec des raquettes. Tété ils remontent ou descendent fleuves et lacs sur de légers canots construits avec Fécorce des bouleaux (gravures, pp. 330 et 384, pi. XIV, 2, XVI, 2).
Partis de la région athabascaine, à la recherche de nouveaux territoires, les Déné de Colombie franchirent les Rocheuses au nord-est par la trouée de la rivière de la Paix (p. 138), découvrirent les passes et les portages et se répandirent dans toutes les vallées fluviales lacustres qui dépendent de la Paix ou du Fraser moyen : par la ligne de navigation et de portage Paix, Fraser, Skeena, ils parvinrent tout près de la côte nord vers le 54' parallèle et y prirent contact avec les Tsimshian. Par les défilés qui mènent aux flords de Bentinck, deux degrés plus au sud, ils connurent les Bella Coola et les Kwakiult; mais leur existence resta concentrée sur le plateau qui leur oSrait des conditions semblables à celles de leur lieu d'origine.
Vivant à la fois de pèche et de chasse, ils ont deux existences :