Yearhook of B. C, 1903, p
2. DnnKEii, Races et peuples de la terre, Paris, 1000, pp. 600 et 607.
dans la belle saison ils habitent des villages de bois construits près d*un bon passage à saumons, par exemple à Tentrée d*un lac ; ils prennent ce poisson au printemps, quand il remonte les rivières pour frayer, en sèchent une partie et la ramassent dans des magasins que les Européens appellent caches, du nom inventé par les coureurs franco-canadiens.
A Tautomne, la tribu fait ses paquets, se munit de tentes et va sur son parcours à la recherche du gibier; elle suit une piste repérée par ses membres et à peine tracée, car on n*y passe que deux fois par an, pour aller à la chasse et pour en revenir. Son but est d'arriver aux deux gibiers qu'elle recherche, d'une part le caribou ou Félan, qui sur le plateau remplacent le bison de la Prairie, fournissant la viande fratche et le pemmican, de l'autre les animaux à fourrures qui donnent les vêtements ; c'est à l'hiver qu'il faut approcher de leurs gttes parce que la marche est plus facile sur la neige durcie et la glace que sur un sol sans routes, coupé de marécages et de cours d'eau, parce que le gibier plus affamé craint moins de se montrer, enfin parce que les fourrures sont plus épaisses. Au printemps la tribu doit avoir regagné le village pour ne pas manquer le passage du saumon. Recueillis par les femmes et les enfants, les fruits des poiriers, pommiers, pruniers sauvages et les baies de la brousse fournissent le complément d'alimentation nécessaire à ces mangeurs de viande*.
Même régime, mêmes mœurs chez les Indiens Kootenay qui habitent la dépression Kootenay-Columbia entre Rocheuses et Selkirk et s'étendent jusqu'aux rives du lac Kootenay, séparés par la Chaîne de l'Or comme par une muraille des Séliche intérieurs qui arrivent sur l'autre versant jusqu'aux lacs Shuswap et Okanagan. Isolés en Colombie, les Kootenay ne comptent sur le territoire canadien que 6 à 700 individus répandus à travers un grand espace et qui se partagent entre deux dialectes, l'un au nord, l'autre au sud; d'autres tribus de parler Kootenay vivent en Montana. Tous ces idiomes Kootenay ne s'apparentent point au langage des autres Indiens *.
Chez les Kootenay, les croyances ne sont pas celles de la côte. Grizzly, faucon, coyote, animaux des montagnes deviennent les animaux des légendes; plus de poteaux à totem, plus de fraternités secrètes.
1. An. Bep. IiuUan Affain, 190^, pp. 226-254 et 278-188. — An. Rep. Mines, B. C. for 1905, pp. 105-106.