PowiLL, p. 85 (KUunaha
Autrefois les Kootenay chassaient le bison dans la prairie. Refoulés par les Pieds-Noirs de lan^iie algonquine, ils traversèrent les passes des Rocheuses où leurs pistes ont guidé plus tard les explcNrateurs européens, et s'établirent sur leur territoire actuel rers la fin du XVIII* siècle*.
Entre eux et les Pieds-Noirs, la guerre continua jusqu'à l'époque 011 les autorités canadiennes et américaines imposèrent la paix en cantonnant les nations ennemies dans des réserves séparées.
Les réserves. Mœurs nouvelles.
On a vu comment les Indiens sont entrés en contact avec les Européens. De 1792 à 1858, les blancs vinrent simplement pour commercer; sauf les querelles ordinaires au sujet des trocs, des femmes, des emplacements pour les comptoirs, ils n'eurent pas de difficultés sérieuses avec les Indiens. Ils ne se préoccupaient point de toucher à leurs coutumes; la Compagnie de la Baie de Hudson, qui se fit donner le monopole du commerce en 1821, ne laissait pas les missionnaires s'établir sans une permission dont elle était fort avare, à l'exemple des Compagnies analogues.
Mais la vie matérielle fut transformée par le commerce européen. Au lieu de tuer juste assez d'animaux pour se nourrir et se vêtir, les Indiens en massacrèrent autant qu'ils purent pour échanger leurs peaux contre des fusils, de la poudre, des couvertures, des chevaux, de leau-de-vie. Par suite, les phoques à fourrures et les loutres ont à peu près disparu de la côte, les castors du plateau ont reculé vers le nord. Privés de leurs anciennes ressources, les Indiens durent chercher de nouveaux moyens d'existence : ils furent poussés aussi par les besoins que les blancs faisaient naître en leur âme et qui les poussaient à travailler et à s'ingénier plus qu'autrefois.
Des transformations d'autre nature furent la conséquence de la traite. C'est ainsi qu'un commencement d'unité s'opéra sous l'administration de la Compagnie : les c voyageurs », pour la plupart métis canadiens français, qui allaient acheter les fourrures aux Indiens, inventèrent, pour s'entendre avec leurs fournisseurs, un jargon mêlé de mots indiens, franco-canadiens et anglais; on l'appela Chinouque (Chinook en anglais) du nom d'une tribu qui vivait dans le Washington actuel*. Le Chinouque est devenu la langue de commu-
1. Oeol. Surv. of Ca, An. Bep., 1885, B, p. 13 (G.-M. Daw80?i).
2. PowBLL, pp. 65-dO, et J. G. Piluno, Bibliography of the Chmoohan Languages (inclu'
nication entre Européens et Indiens sur le Plateau et la côte ouest du 42*" au 57** parallèle. Les missionnaires s*en servent. Les Oblats de la mission de Kamloops ont même essayé d*en faire une langue écrite, instrument que les Indiens ne connaissaient pas avant Tarrivée des blancs : ils traduisent cette langue très simple au moyen de signes empruntés à la sténographie; depuis 1891, un journal et plusieurs brochures ont été imprimés à Kamloops en Ghinouque sténographique^ Aux coureurs des bois, les Indiens de Colombie doivent encore le nom sous lequel les hommes sont partout désignés, sauvage, altéré en Siwash. Clootchmen est le terme qu'on emploie pour les femmes '.
Avec Tadministration régulière qui succéda à celle de la Compagnie, commença la colonisation : pour faire place aux blancs il fallut refouler les Indiens. L'opération n'alla pas sans conflits et des batailles sanglantes ne purent être évitées, mais, à cause de l'isolement des tribus, la Colombie n'eut pas de véritables guerres.
Aujourd'hui le soin des affaires indiennes est, par l'acte d'Union, confié au gouvernement fédéral. Dans tout le Canada on a adopté le système des États-Unis, qui consiste à cantonner les Indiens dans des « réserves ». Presque tous les naturels de Colombie, à l'exception de 3 000 à 3 500 nomades qui courent dans le Nord, au delà des régions accessibles, sont parqués dans des territoires aux limites de toute dimension.
Comme on avait affaire à une population disséminée et composée de tribus fort diverses, on n'a point cherché à concentrer les naturels, mais on a maintenu en général l'ancien village ou camp indien où il se trouvait. Tous les ci-devant forts de la Compagnie, soit qu'ils restent lieux de traite, soit que la fortune en ait fait des villes comme Victoria et Nanaimo, New Westminster lui-même, qui fut une cité dès sa naissance, conservent, à leur voisinage immédiat, une petite réserve avec le village indien qui précéda leur existence et décida leur emplacement. Aujourd'hui la Colombie possède plus de 200 réserves dispersées partout et souvent minuscules. Celle de Cowichan n'a plus que deux habitants, d'autres se réduisent à cinq, six, neuf; on n'en compte que trois au-dessus de 300 habitants, Masset, Bella
ding the Chinook Jargon), Bulletin = 15 of the Bureau of American Ethnology, Washington, 1893, in-S"*; Tune des bibliographies d*une importante série publiée dans ces Bulletins.
1. PowELL, cité par Chamberlain, Handbook of Ca,, p. 124. — An. Bep, Indian A/fairs, i90U'5, pp. 203, 220, 221.
2. Qeol. Swrv, ofCa, An. Aip., i878'79, B, p. 133. — Yearbook of B. C, 1003, p. 200.
Goola et Nicola, une seule au-dessus de 400, Port Simpson, qui groupe 708 Indiens.
A côté des principaux villages s'élèvent, dans le nord, les forts de la Compagnie de la Baie de Hudson (p. 139), dans le sud et les tles, le magasin général qui les a remplacés et qui appartient tantôt à la vieille Compagnie, tantôt à d'autres traitants plus récemment établis. Ce sont des groupes de maisons en bois qui comprennent, outre les logements, boutiques, hangars et étables, un gîte d'étapes dans Tintérieur, un office d'embarquement sur les lacs et sur l'Océan, parfois un bureau de poste. Des employés indiens, chasseurs, palefreniers, ouvriers vivent à l'entour : au lieu de la primitive baraque en troncs et écorce, ils ont appris à construire ou à faire construire des chalets bien charpentés à l'européenne (framed houses). Souvent ces demeures perfectionnées sont adoptées et imitées par les habitants mêmes du village indien situé à petite distance du fort ou du magasin.
Dans le voisinage, un autre petit centre est formé par la mission et l'église, qui dressent aujourd'hui leurs édifices de bois et parfois de briques à côté des réserves indiennes. Bien qu'ils s'installent à portée du village c païen » pour attirer ses habitants, les missionnaires, principalement les catholiques, évitent de s'établir sur son emplacement traditionnel; ils tâchent au contraire de former un nouveau groupement dont le centre est l'église : même les catholiques vont jusqu'à remplacer les noms indigènes par ceux des saints, et baptisent leurs centres Sainte-Marie, Saint-Eugène.
Ainsi, comme dans toutes les possessions anglaises, les diverses classes se groupent en quartiers séparés qui, sous le même nom, constituent des villages différents, essaims de maisons égrenées dans la brousse ou la forêt. De l'un à l'autre, on trotte à dos de cheval le long de pistes tortueuses longues parfois de plusieurs kilomètres, et le son des cloches annonce l'église bien avant qu'on découvre à travers les branches sa flèche de cèdre ou sa tour de briques.
Les blancs peuvent entrer dans les réserves, à condition de n'y introduire aucun objet défendu, particulièrement aucune boisson alcoolique, mais ils ne sauraient y obtenir des concessions de terres. Les Indiens en peuvent sortir sur autorisation, pour des occupations temporaires comme la pêche au saumon, la chasse aux fourrures qu'ils font pour des capitalistes blancs.
Dans chaque réserve, les Indiens conservent en principe leurs coutumes et restent administrés par leurs chefs ; les réserves sont groupées par région sous la direction d'un bureau central où réside
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un agent des Indiens ; on en compte neuf en Colombie \ Dans chaque province de la Puissance, un surintendant est placé au-dessus des agents : un surintendant général dirige le service à Ottawa. L'application des lois relatives aux Indiens, leur interprétation, la solution des difficultés sont Taffaire des agents sous le contrôle de leurs supérieurs.
Ainsi les Indiens forment une nation dans la nation. La loi les traite en mineurs {wards) placés sous la tutelle du gouvernement fédéral : le droit de vote ne leur est pas accordé. Toutes les mutations de propriété foncière indienne ne peuvent être faites qu'avec l'assentiment du service fédéral.
L'introduction et la fabrication de boissons alcooliques même indigènes sont sévèrement interdites ; pour les prévenir les agents font.des perquisitions et condamnent les délinquants à l'amende ou à la prison. Tout pouvoir leur appartient pour inciter les chefs à assurer l'ordre et prendre eux-mêmes, sous réserve du contrôle supérieur, les mesures qu'ils croient utiles. Leur tendance générale vise à maintenir la tempérance et aussi la morale dans le sens religieux et sexuel de ce mot. Leur habitude est d'interpréter assez largement leurs instructions. Si l'un d'eux fait mettre en prison pour un mois un Peau-Rouge qui se croyait dans le vieux temps où les klootchmen étaient des bêtes de somme, et qui avait battu la sienne trop fort, un autre fait la guerre anx c superstitions païennes », disperse un potlache et se plaint que les Indiens c semblent s'être mis en tête qu'en me mêlant d'empêcher leurs cérémonies j'allais à l'inverse des principes de l'administration ' ».
En tous cas, cet homme était d'accord avec la méthode des missionnaires qui se sont répandus partout sous le régime de l'administration directe.
En principe le gouvernement observe la neutralité à l'égard des propagandes religieuses de toutes les confessions, mais il subventionne les œuvres d'éducation et d'assistance pour les indigènes qui appartiennent à des missions.
On comptait dans la Province, en 1904-5, 33 écoles d'externes avec B25 garçons, 459 filles et 461 présences moyennes, et 8 écoles d'internes avec 136 garçons, 220 filles et 299 présences moyennes; 9 écoles professionnelles {Industrial Schooh) avec 231 garçons, 191 filles, 376 présences moyennes*. Toutes appartiennent à des