‹ La Colombie britannique;Chapitre 120 sur 298 · Ibid. Tabular StaUments, p · texte numérisé non relu

Ibid. Tabular StaUments, p

Appointements et indemnités aux fonctionnaires. . . 107 700 francs.

Frais de tournées 28 000 —

Secours aux Indiens 40 000 —

Semences et outils distribués 5 000 —

Service médical et pharmacie 100 000 —

Écoles d'externes 61 750 —

— d'internes et industrielles 392 750 —

Frais divers comprenant les hôpitaux et le service

hydraulique 73 100 —

Frais de cadastre dans les réserves. . . , 15 000 —

Total 823 300 francs.

A ce total on restait de 79 705 francs au-dessous du crédit voté par les Chambres fédérales.

Dans la Province de Colombie, on considère que les Indiens sont encore en possession de ressources suffisantes et qu'on leur a laissé A% quoi chasser, pêcher, trafiquer pour vivre. Aussi ne leuraccordet-on pas les distributions d'argent, de farine, de conserves, de couvertures que les traités garantissent aux tribus chasseresses de la prairie, parquées toutes ensemble dans des espaces trop étroits. Mais les Indiens de l'intérieur colombien se plaignent des lois qui limitent la durée de la chasse et de la pêche ; ils sont en conflit avec les gens chargés de les faire respecter. <k Ces règlements, disent-ils, bons pour les Européens qui tuent les animaux pour se distraire, ne devraient pas s'appliquer aux Indiens qui se contentent d'en tirer leur nourriture. » En 1906 un groupe de chefs du Fraser moyen est venu porter ces doléances en Angleterre. D est douteux qu'on les écoute, car l'avenir des Indiens n'est plus dans les moyens d'existence traditionnels (p. 166).

Les Indiens ont commencé par acheter des chevaux pour porter les tentes dans les déplacements périodiques et pour épargner aux hommes les fati^es de la marche. Ces animaux achetés de rencontre> lâchés dans la brousse, croisés au hasard, jamais pansés, ont donné les cayouses ou poneys indiens, disgracieux, bourrus, petits et d'aspect malingre, mais habitués au froid et à l'herbe sauvage, qu'on emploie partout comme animaux de charge. Un certain nombre d'indigènes gagnent leur vie sur les pistes de l'intérieur comme palefreniers et convoyeurs» D'autres -acceptent de se faire cowboys ou bergers à cheval, tous considérant le service monté et en plein air comme acceptable sans déchéance.

Après les chevaux, les Peaux-Rouges se sont mis à élever des bœufs, des moutons, des chèvres, des porcs, toujours en les lâchant

dans la brousse. Aujourd'hui ils commencent à savoir les sélectionner, les parquer, les abriter l'hiver. On constate qu'ils vendent leur excédent de chevaux pour acheter des animaux à lait et à viande, qu'ils apprennent à distinguer et à apprécier les races *. Il n'est pas de village, même dans l'archipel éloigné de la Reine-Charlotte, qui ne se mette à compléter par l'élevage les ressources décroissantes de la pêche ou de la chasse.

Bien plus, les Indiens commencent à pratiquer la culture sur le sol de leurs réserves. Le gouvernement les y encourage en leur distribuant des semences et des outils élémentaires, ainsi qu'en subventionnant les écoles c industrielles », où le labourage et le jardinage font toujours partie de l'enseignement. On évaluait, en 1904-1905, à 7 ou 800 000 francs la valeur des outils et moyens de transport possédés par les Indiens de la Province : quelques-uns avaient déjà des moissonneuses à vapeur *.

Peu à peu le village indigène s'entoure de prairies et de vergers comme les fermes des blancs. Avec l'aide de l'administration fédérale, on y pratique l'irrigation : des digues s'élèvent pour retenir les eaux dans des réservoirs pendant la saison sèche, d'autres pour préserver les maisons et les cultures des inondations pendant les crues.

Il se trouve des indigènes pour demander que les réserves, propriétés collectives des villages, soient partagées entre leurs possesseurs par lots individuels de 8 à 10 hectares. D'autres, mais ils sont l'exception, sollicitent l'autorisation de quitter la réserve et de prendre des concessions comme les blancs sur les terres de la Couronne '.

Jadis l'Indien ne sortait de son village que pour les expéditions de pêche ou de chasse qu'il considérait avec la guerre comme les seules occupations dignes d'un homme; puis il se mit à prendre service chez les Européens comme gardien de chevaux, guide ou canotier. Sous la pression du besoin, il entre aujourd'hui, toujours en subordonné, mais plus activement, dans la vie coloniale.

Attirés par les salaires agricoles dont le moindre est de 5 francs par jour, les naturels voisins des districts colonisés font violence à leurs préjugés pendant le temps de la récolte et consentent à devenir ouvriers ruraux pour les travaux saisonniers. Dans la plaine du bas Fraser, tout un village, dirigé par son chef, se loue chaque

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