‹ La Colombie britannique;Chapitre 128 sur 298 · PLATES DEBARQUANT LE SAUMON · texte numérisé non relu

PLATES DEBARQUANT LE SAUMON

Bas Fraser. Chinois et Blancs. Toutes les constructions en bois.

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s'étonner si, depuis le dernier recensement, les Colombiens réclament le renforcement des mesures prohibitives.

Le Parlement de la Province a interdit le 8 avril 1905 « Timmigration en Colombie britannique de toute personne incapable d'écrire sous la dictée avec les caractères d'une langue européenne et de signer en présence d'un fonctionnaire un passage de 50 mots dans une langue européenne choisie par le fonctionnaire^ >. Suivant les dispositions de l'Acte fédéral de 1867, la Province dut soumettre cette mesure à l'approbation du gouvernement fédéral. Comme la loi australienne dont elle est imitée, la disposition colombienne pourrait servir à exclure les immigrants même européens, puisque le choix de la langue d'épreuve appartient au fonctionnaire. C'en est assez pour faire réfléchir le gouvernement fédéral, bien que la Colombie ne cherche pas encore à se fermer comme l'Australie.

Outre les Japonais, les Chinois, et, dans une certaine mesure, les Italiens, sont considérés comme « immigrants non-désirables » les Indous, qui depuis 1906 viennent chercher du travail dans les ports colombiens. Us arrivent par centaines, chacun apportant un petit pécule qui va de 1000 à 2500 francs. Déjà Victoria en compte plus de 2 000, Vancouver presque autant*. Bien qu'ils soient sujets anglais, le Conseil des métiers et du travail qui réunit tous les syndicats ouvriers réclame des mesures pour les exclure. Tous les numéros de la Gazette du Tavail apportent l'écho de deux plaintes contradictoires, celles des groupements patronaux déplorant la pénurie de main-d'œuvre et la hausse continue des salaires, celles des syndicats ouvriers protestant contre les Chinois et réclamant une poil tax de 5 000 francs contre les Indous, et même contre toute immigration. En. mars 1905, le Conseil des métiers et du travail de Victoria a fait répandre une circulaire décourageant les immigrants de venir en Colombie et leur assurant qu'ils n'y trouveront pas d'emploi ^ Même tendance, pour les mêmes raisons, défense des hauts salaires, dans le reste du Canada, ce qui ne laisse pas de mettre les ouvriers en conflit avec la politique du parti libéral, favorable à l'immigration; même tendance aux États-Unis^.

Le gouvernement fédéral, il est vrai, cherche à n'attirer que des colons agricoles. Le gouvernement colombien agit de même et il réduit son appel à ceux qui peuvent acheter le sol. Inutile de venir,

i. An Act to regulaie Immigration into Brilish Columbia, Victoria, id., 1905, art. 3.

2. La Gazette du Travail, 1906, sept., pp. 297-8 ; oct., pp. 405, 409, 431 ; nov., pp. 502, 505.

3. La Gazette du Travail, 1905, mai, p. 1 254, 1906, nov., pp. 505-507; 1907, mars, p. 107. — Pour les salaires en Colombie, voir la Table alph.

4. Rapports des délégués ouvriers français en Amérique (Bibl., n* 87), pp. 48, 56, 58.

dit une publication officielle, sans un capital de 7 500 à 12 000 francs ' . Au reste le gouvernement colombien ne prend pas un système de mesures aussi favorables à Timmigration que le gouvernement fédéral dans TOuest. G*est ce que Ton verra dans la partie consacrée à Tagriculture.

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