‹ La Colombie britannique;Chapitre 132 sur 298 · The Canada Yearbook, 1903^ Ottawa, pp · texte numérisé non relu

The Canada Yearbook, 1903^ Ottawa, pp

noir au moment du frai; de là le surnom de saumon noir qu'on donne parfois à ce poisson. Plus gros que tous les autres, il pèse de 18 à 20 livres et peut aller jusqu'à 100. Tant qu'on consommait le poisson frais ou séché on le recherchait de préférence à cause de sa taille; mais les fabricants de conserves, trouvant sa chair difficile à traiter, n'en ont plus voulu et lui ont préféré le sockeye.

Le Goho pèse de 3 à 4 livres : son dos est verdàtre, ses flancs et son ventre plus argentés encore que ceux des autres saumons; quelques taches noires bordent la ligne latérale.

Le Saumon chien ou Bécard est de taille moyenne, et pèse de 10 à 12 livres à l'état adulte : son surnom lui vient de ce que les mâles ont une grosse tète mafflue avec de grandes dents par devant ; revêtu d'écaillés d'argent sombre dont l'éclat s'obscurcit au moment du frai, il présente des lignes latérales noires avec traces de gris et de rouge sur les flancs. Méprisé jadis par les fabricants, il était abandonné aux Japonais qui le prenaient et le salaient pour l'Extrême-Orient; les Européens n'ont commencé à le demander et à le préparer qu'en 1898, à cause de la diminution des bonnes espèces.

Le Humpback ou Saumon à bosse est le plus petit; il ne pèse que 3 à 6 livres : son surnom vient de ce que le dos des mâles se bombe pendant le frai. Bleuâtre par-dessus, argenté par-dessous, il offre des taches noires oblongues. Avant la diminution des autres, il était dédaigné à cause de sa petite taille et de sa chair médiocre.

Le gros de la pêche et de l'exportation est toujours fourni par les sockeyes. Ces poissons, qui cherchent l'embouchure des fleuves pour remonter le courant et aller frayer en eau douce, se montrent au printemps en bancs épais {schooh). Arrivant ou paraissant arriver d'une région mal déterminée au nord-ouest, ils se font voir d'abord en mars sur la côte septentrionale où une partie des bancs remontent leNass, le Skeena et les autres fleuves. Puis les saumons se montrent dans les parages de l'tle Vancouver où on les prend à la pointe nord dans la région d'Alert Bay et sur la côte du larç[e; on ne voit pas leurs bancs s'engager dans les détroits entre l'tle et la côte ferme; ils semblent passer le long de la côte occidentale, si du moins ce sont bien les mêmes qu'on relève un peu plus tard au sud-ouest de l'île, à la hauteur de la rivière San Juan ou d'Otter Point.

A partir de ces points la marche {run) des saumons sockeyes n'est plus jamais perdue de vue. Les premiers paraissent en avril, un mois après l'apparition du poisson dans le nord, mais le grand passage se fait de fin juillet au 10 août : à marée basse les saumons plongent, à marée haute ils s'élèvent à la surface, et c'est alors un

défilé continu de poissons semblable à une coulée d'argent : le flot de sockeyes pénètre dans le détroit de Fuca en longeant la côte nord, puis s'engage dans le détroit de Rosario entre les tles et la côte américaines, parce quUl y trouve en raison des courants une plus forte proportion d'eau douce déversée par le Fraser : on a vu les bancs prendre le détroit de Haro entre les îles américaines et Vancouver, ou se partager entre les deux chenaux, mais ce furent là des exceptions qui s'expliquent par l'intervention des vents et de la marée : la route ordinaire passe dans les eaux américaines.

Cherchant à pénétrer dans le Fraser, les saumons semblent un moment déroutés par les troubles dus aux alluvions du fleuve : on dirait qu'ils cherchent à tourner la tache jaune; ils remontent jusqu'à la Pointe Atkinson au nord de l'Entrée de Burrard, puis se décident à tourner brusquement au sud et à s'engager dans le bras septentrional du Delta (carton de la carte hors texte).

Jamais le passage ne manque, mais la quantité de poissons varie d'une époque à l'autre. A en croire les pécheurs, on aurait dans le détroit de Géorgie et sur le Fraser une bonne prise tous les quatre ans, mais les champs de pêche septentrionaux ne connaissent pas ce cycles En tout cas, la règle des quatre ans paraît se vérifier depuis 1889, si l'on en juge par les chiffres officiels ' qui donnent le nombre de caisses de bois renfermant 48 livres de boîtes de conserves, en métal.

Nombre de calMes par aimées depuis le commenoement de llndustrie des conserves.

(Les chiffres gras indiquent la date des bonnes années.)

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