La Gazette du Travail^ juin 1906, p
If2 LA COLOMBIE BRITA55IQUE
Eo 1904, la pécbe occupait dans le district sud (Fraser et détroit de Géorgie* 123 narires ralaot 811 550 francs et montés par 416 hommes, plus 3 212 bateaux râlant 9 635 francs et montés par 8460 hommes. Le matériel de pèche, filets et lignes, Talait 1 441 335 francs.
Dans le district nord opéraient la même année 28 narires jaugeant an total 1 120 tonnes, valant 4 100 000 francs, montés par 140 hommes, 1 574 bateaux, valant 570 360 francs, montés par 5 601 hommes. Les engins Talaient 988 650 francs '.
Au moment de la pêche, les bateaux et canots arec leur voilure à la cape couvrent la partie maritime du Fraser et tous les champs de pêche, aussi nombreux que les c Douamenez » dans une baie i sardines : en coulées d'argent tachetées de sang, les chargements de poissons passent des barques et des plates sur les établis des fabriques; le saumon s*ofifre partout, au marché, à Thôtel, i la station, abondance presque dégoûtante qui faut songer au temps lointain où les domestiques hollandais et frisons demandaient, dans le contrat de service, que le patron ne leur fit pas manger du saumon tous les jours pendant la saison.
Avant Tarrivée des Européens, les Indiens péchaient déjà dans la mer et dans les fleuves ; mais ils ne prélevaient sur les bancs que la quantité nécessaire i leur consommation de Tannée. En introduisant le procédé de la conserve en boites, en prenant tout le poisson possible pour l'exporter, les Européens ont créé une industrie sur laquelle FÉtat acru pouvoirétablirdes impôts, ils ont aussi commencé i détruire plus d*animaux que le frai n*en reproduisait et à exterminer progressivement et sûrement les espèces, ce qui a conduit rÉtat à prendre des mesures de protection pour cette source de richesses.
Depuis l'entrée de la Province dans la Puissance (1871), la législation sur les pêches maritimes est affaire fédérale.
Pour avoir le droit de pêcher le saumon, il faut que le patron ou l'entrepreneur achète aux agents fédéraux un permis de 50 francs {Fishery licence) : on n'en délivre qu'à des Anglais. La Fédération encaisse le produit de ces recettes; mais la Province ne cesse d'en réclamer une part tantôt pour la consacrer à des mesures en faveur de la pêche *, tantôt pour remplacer la taxe sur les Chinois qui ne rendra plus rien avec les mesures prohibitives.
La saison de pêche est limitée du 1" juin au 31 janvier pour le sockeye et les espèces qui frayent tard, du 1" mars au 31 octobre