‹ La Colombie britannique;Chapitre 147 sur 298 · Agricultare in B, C, 1904, p · texte numérisé non relu

Agricultare in B, C, 1904, p

Pour comprendre ce que signifient les chiffres qui vont suivre, il faut se rappeler que les terrains sont livrés à Té tat de nature et que le possesseur n'en pourra défricher ou faire défricher qu'une partie; or, tandis que le maximum accordé représenterait en France une grande propriété, la partie que le preneur choisira pour l'utiliser dans les premières années ne formera le plus souvent qu'une propriété moyenne ou petite, le reste, suivant les cas, devenant réserve pour l'avenir, ou placement, ou matière à spéculation.

Il faut donc admettre que la Province n'a pas cru d'abord encourager la grande propriété en offrant jusqu'à 258 hectares (640 acres) d'un bloc, à 2 fr. 50, 5 fr. 50, 12 fr 50 l'hectare, suivant qu'il s'agit de montagnes, de plaines exigeant l'irrigation, de terrains arrosés ou boisés. Acheter aux prix du gouvernement n'est pas une mauvaise affaire, puisque le Canadien Pacifique qui adopte la même division en 3 classes ne se dessaisit pas de terrains vierges à moins de 12 fr. 50 à 50 francs l'hectare dans le Kootenay oriental, pays minier, il est vrai, mais montagneux et fort sujet aux gelées.

Pour obtenir l'achat d'un second lot allant jusqu'à la même limite il faut prouver qu'on a dépensé, dans le premier, une somme égale au prix payé, tandis qu'aucune condition n'est exigée si l'on se contente de 258 hectares.

C'est à ces conditions que furent achetées les fermes d'irrigation modèle dans la région aride du plateau méridional (p. 337) : les acquéreurs sont des compagnies américaines qui font des travaux d'irrigation sommaire et revendent ensuite le sol par petits lots en gardant le monopole de l'eau. La moyenne y serait de 80 à 90 francs l'hectare par lots de 10 à 20 pour les terres que proposent les particuliers, somme très supérieure encore à ce que demande l'État.

On comprend qu'avec le système employé, les meilleures régions soient bientôt monopolisées, et que les colons ne s'y puissent établir sans payer très cher le sol. Aussi le gouvernement évite-t-il, un peu tard, de vendre des lots dans ces conditions ^ Sei^ préférences vont à la colonisation relativement petite parce qu'elle attire plus d'immigrants que la grande, peuple plus vite le pays et y installe les plus stables des habitants, de véritables cultivateurs. Même tendance pour les mêmes raisons dans toutes les colonies anglaises de peuplement. Rarement pourtant, la faveur à la petite colonisation va, en pays britannique, jusqu'à la concession gratuite. La Colombie se borne à donner des facilités de paiement sous le nom de préemption.

t. Agriculture in B. C, 1904, pp. 32, 72, 75, 93, 128.

Sur le domaine provincial de Colombie, tout homme ou femme de dix-huit ans au moins, Anglais de nation ou désirant le devenir, peut acquérir par préemption un lot de 65 hectares (160 acres). Jusquen 1906 S le maximum allait jvsquà 190 {dSnb acres) à Test de la Chaîne côtière ou au nord de la Province, c est-à-dire dans les parties les moins peuplées. On a trouvé depuis qu'elles présentaient un attrait suffisant pour qu'on pût ramener partout le lot de préemption à la dimension adoptée dans la Prairie pour les homesteads du gouvernement fédéral.

Si le sol n'est pas complètement cadastré, c'est-à-dire dans la plupart des cas, le prétendant doit d'abord marquer son lot (preemption claim) par quatre piquets dessinant les quatre côtés d'un rectangle, deux nord sud et deux est ouest, quand un obstacle naturel, comme un lac ou un cours d'eau, ne s'y oppose pas. Il doit y placer une inscription indiquant son nom; il doit enfin adresser une demande accompagnée d'un croquis sommaire à l'agent des terres le plus voisin. La demande est alors enregistrée (recorded) moyennant le paiement de 10 francs.

Le colon doit se rendre sur son lot dans un délai de trente jours après l'enregistrement, y demeurer, et ne pas le quitter pendant plus de deux mois sans congé régulier, sous peine de perdre ses droits; il peut être autorisé à s'absenter pendant six mois au plus.

Enfin, il doit faire arpenter [suroey) le lot à ses frais dans un délai de cinq ans au plus après l'enregistrement.

Deux ans après l'enregistrement, l'occupant et deux témoins sont admis à faire une déclaration écrite attestant que le lot a été réellement habité pendant ces deux années, et que, de plus, le concessionnaire y a exécuté des travaux représentant au moins 19 francs par hectare. Si en outre le cadastre a été fait, à ses frais comme il est dit plus haut, l'occupant peut se faire délivrer, en payant 10 francs, un certificat de mise en valeur (improvement).

A partir de ce moment, il est autorisé à acquérir un titre (grant) de propriété en payant un droit de 50 francs, plus 12 fr. 50 par hectare. Dès lors, il devient propriétaire et peut vendre ou léguer son lot comme il l'entend.

Il est interdit au même colon de prendre deux préemptions sur les terres provinciales; mais il peut en combiner une avec un achat aux conditions ordinaires. Bien que le prix soit en définitive le même, à qualité égale, que sur les autres lots, le crédit fait au préempteur

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