La Gazette du Travail, avril 1906, p
lui assure un sérieux avantage. Malheureusement il ne reste plus guère de lots à prendre sous cette forme dcms les endroits d'accès facile'.
Sur ce qu'il a conservé au voisinage des villes, c'est tout juste si le gouvernement trouve de quoi encourager la très petite culture dont les compagnies et autres grands concessionnaires ne se soucient pas. A cet effet, il offre en location des parcelles de 8 hectares au plus à des conditions variables ; ces lopins peuvent ensuite être achetés. On comptait, en 1901, 801 occupants de lots inférieurs à 2 hectares, surtout autour de Victoria, New Westminster et des villes minières du sud-est, même dans la brousse de Vancouver. Ces petits lots représentaient 2,75 p. 100 de la valeur des terres cultivées, la proportion la plus forte du Canada après celle des territoires Nord-Ouest. Nous savons, il est vrai, que dans ce compte figurent les lots urbains, relativement nombreux, mais le recensement nous permet de constater que dans les petits lots de Colombie un tiers est en vergers et jardins*, nourrissant ceux qui, ne possédant que leurs bras, préfèrent le jardinage au travail des villes ou des mines.
Défendant, comme aux États-Unis, le petit colon contre l'usage extrême que ses créanciers pourraient faire de leurs droits, la loi déclare, en Colombie, le bien defamille [homestead)^ comprenant lesbâtiments et les terres, insaisissable jusqu'à concurrence de 2500 francs.
Bien que la colonie n'ait pas une très longue existence, les propriétés foncières ne sont pas toutes restées ce qu'elles étaient au moment où l'État les concéda ou les vendit. Beaucoup ont changé de mains, soit pour s'agréger à d'autres, soit au contraire pour se fragmenter. Si les domaines du Canadien Pacifique offrent l'exemple d'une concentration sous une seule direction, il n'en reste pas moins certain que le but final des accapareurs et spéculateurs est de vendre, et que, pour cela, ils doivent, en général, démembrer.
Dans les derniers achats de terres publiés par le gouvernement, nous voyons une compagnie se faire donner 12 000 hectares à drainer sur le bas Fraser et les offrir presque aussitôt aux petits colons en lots de 4 à 16 hectares; un groupe de capitalistes de Boston demande à prendre 202 000 hectares, offrant d'y établir en propriété 3 500 familles'. Les grandes propriétés d'élevage installées sur le plateau intérieur, avec 10 à 15 000 têtes de bétail chacune, sont coupées et vendues en petits lots de 6 à 10 hectares*.