Agriculture in B, C, 190^, pp
laitiers : au lieu des animaux de brousse, les Courtes-cornes et les Jerseys qui ont si bien réussi dans le reste du Canada sont acclimatés dans les plaines du bas Fraser : des étables les reçoivent pendant rhiver et les grands greniers pour le précieux fourrage artificiel dressent leurs parois de bois et leurs toits de bardeaux autour du chalet élégant qui remplace l'antique cabane de troncs*.
Contre les inondations de printemps se dressent des digues de clayonnage et de terre bordant le fleuve et ses affluents, protégeant les parties basses où croît le meilleur fourrage qu'arrose tout un réseau de rigoles en damier; grâce à l'élevage, toute la vallée a pris l'empreinte du travail humain, et il faut lever les yeux jusqu'aux montagnes pour voir les restes de la nature primitive.
Des inspecteurs surveillent à l'intérieur de la province l'état sanitaire des troupeaux pour éviter les épizooties ; à la frontière le contrôle est exercé par les agents du gouvernement fédéral, maître des douanes.
La plus grande partie du lait produit sert à la fabrication du beurre, faite avec soin. Une loi de 1895 punit les fraudes sur la qualité du lait. En 1891 la Colombie ne possédait qu'une beurrerie, en 1906, elle en avait 16, plus une fromagerie, presque toutes dans la région maritime de l'île Vancouver sud-est et du bas Fraser. Au recensement de 1901, le bâtiment et l'outillage valaient en moyenne 10000 francs par établissement; la valeur totale des produits s'élevait à 530000 francs. Dans les crémeries, la crème est retirée du lait frais par le séparateur danois, puis pasteurisée, barattée à la mécanique et le beurre est lavé, pressé, empaqueté sans contact avec la main.
Souvent le matériel nécessaire appartient â un capitaliste, mais son prix reste à la portée des petits et moyens fermiers. S'ils s'entendent, ils peuvent faire les frais de la fabrication et s'épargner un intermédiaire entre eux et le marché. Nulle part la coopération ne s'impose plus évidemment. Le gouvernement l'encourage par la loi générale de 1896 (p. 229) et par une loi spéciale de 1898 destinée à favoriser la coopération laitière {Dairymens' Association Act). Aux termes de cette loi, les sociétés coopératives laitières peuvent emprunter au gouvernement la moitié de la somme nécessaire à l'établissement de leur fabrication. Le prêt porte un intérêt de 5 p. 100; il est remboursable en huit annuités à partir de la troisième année. On comptait en 1904 deux laiteries coopératives dans