‹ La Colombie britannique;Chapitre 176 sur 298 · D. Levât, p · texte numérisé non relu

D. Levât, p

que Texistence da placer est révélée, c*est après leur découverte que les chercheurs se décident à remonter le cours de la rivière et celui de ses affluents, en quête de gisements riches. Us explorent les bancs {bars) que les eaux laissent à sec pendant la baisse, les dépôts du fond de la vallée, enfin les dépôts secs, c'est-à-dire ceux d'anciens lits abandonnés.

Découvert entre 1852 et 1857, l'or des placers joue dans l'histoire de la Colombie le même rôle que dans celle de la Californie. C'est lui qui attira dans l'intérieur des flots de chercheurs et qui, d'un territoire désert avec quelques petits établissements côtiers et quelques ports intérieurs, fît un état nouveau en voie de peuplement <pp. 148 et 328).

Dès 1860 les chercheurs avaient pénétré au nord jusqu'au coude du Fraser, à l'est jusque dans le bassin de la haute Columbia. Les poussées continuèrent avec cette irrégularité qui caractérise la Qèvre de Tor : on ne peut dire qu'elles soient finies, car la découverte du Klondike en a amené une nouvelle.

Bien qu'on n'ait pas tout à fait renoncé à chercher l'or dans les alluvions du Fraser et de ses affluents, les placers importants se trouvent aujourd'hui tous au nord de la voie ferrée Canadienne Pacifique. Les deux principaux centres sont le district Caribou dans la boucle du Fraser, et surtout le district d'Atlin àl'extrémité nord-ouest, sur la route de l'Océan au Klondike (p. 388).

L'exploitation des placers se fait par diverses méthodes. Au début, on emploie sur les placers les procédés d'exploitation les plus simples, dont le principe consiste à continuer artificiellement l'œuvre de la nature en séparant l'or du sable et de la boue par Teflet de la densité. Pour toutes les opérations, il faut d'abord enlever l'alluvion à la pioche et à la pelle {digging), puis la délayer dans Teau. Les Américains et les Canadiens appellent diggers les chercheurs d'or, que nous nommons laveurs; de tous leurs instruments, le plus primitif est une bâtée {pan)^ cuvette de bois garnie de rainures sur le bord : le chercheur la remplit de sables ou boues alluviales, mouille le contenu et secoue le tout en inclinant légèrement la cuvette. L'eau s'échappe par le bord, entraînant la terre; les particules d'or les plus •denses restent dans les rainures où on les recueille.

Le crible (crorfdte) est un perfectionnement de la bâtée : il consiste dans un caisson rectangulaire de bois muni de rainures que l'on remplit de dépôts aurifères ; un manche en bois lui donne un mouvement de va-et-vient, tandis qu'un filet d'eau versé à la main ou par un conduit opère le lavage : habituellement on dispose l'alluvion

au-dessus du caisson sur un tamis qui retient les pierres et ne laisse passer que les sables et boues.

Le conduit d'amalgamation ou sluice est un nouveau perfectionnement qui permet de recueillir plus d'or» en utilisant la propriété qu'a le mercure de se combiner très aisément avec le métal précieux. Le sluice consiste en un canal de bois brut, construit généralement sur place avec des planches, et disposé en pente douce; le fond est garni de tasseaux en bois ou plus simplement de pierres plates ; entre les interstices, le mineur dispose du mercure; puis il yerse dans le haut du canal Talluvion mélangée d'eau ; la masse bourbeuse s'écoule dans le sens de la pente; Tor, en vertu de sa densité, tombe vers le fond et se combine avec le mercure retenu par les inégalités. Au bout de quelques jours, on recueille Talmagame, on le presse à travers une toile ou une peau et Ton obtient ainsi une sorte d'épongé d'où Tor sera séparé du mercure par la distillation. Cette réduction s'opère dans une cornue ^

Voilà des procédés peu coûteux, auxquels suffisent des instruments de transport aisé, faciles à réparer et même à construire sur place dans un pays où le bois ne manque pas, et tel est le cas de la Colombie britannique. Dans cette province on les trouve encore employés sur les placers neufs du centre et du nord par des prospecteurs et des mineurs individuels, et en tous lieux par les Chinois qui se jettent sur un placer dès que les Européens l'abandonnent.

Une loi actuelle, le Placer Mining Acty autorise quiconque détient un certificat de franc mineur à prendre sur les alluvions aurifères connues un petit claim d'environ 23 mètres carrés. Elle encourage la recherche de nouveaux placers en dotaQt de concessions plus étendues ceux qui découvrent un gisement alluvial à 8 kilomètres au moins de tout dépôt analogue précédemment déclaré. Le « claim de découverte » qui est attribué dans ces conditions, a la largeur habituelle de la catégorie à laquelle il appartient; sa longueur est de 183 mètres pour un inventeur, 305 pour deux; si les inventeurs sont plus nombreux, on ajoute autant de claims ordinaires qu'il y a de prospecteurs en plus des deux premiers. Le claim de placer doit être exploité par le titulaire ou par des gens à son service et le travail ne doit pas s'y arrêter plus de 72 heures consécutives pendant la saison, c'est-à-dire quand on a de l'eau, sauf en cas de force majeure, c'est-à-dire, le plus souvent, quand l'eau vient à manquer.

Nul ne peut occuper plus d'un lot sur le même champ d'exploi-

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