‹ La Colombie britannique;Chapitre 178 sur 298 · An. Rep. Mines B. C.for 190^, p · texte numérisé non relu

An. Rep. Mines B. C.for 190^, p

ils se trouvent dans les dépôts tertiaires qui remplissent les vallées creusées sur le plateau intérieur par les cours d'eau de Tépoque pré-glaciaire (pp. 1 et 10). Ces placers fossiles ont été découverts pour la première fois en Californie où ils firent la fortune de camps miniers portant des noms caratéristiques, par exemple Miocène City, Là ils occupent des lits abandonnés par les eaux actuelles et souvent cachés sous une couche épaisse et dure de laves pliocènes.

En Colombie, les vallées tertiaires sont suivies assez souvent par une rivière ou une crique, de débit fort inférieur à lancien cours d'eau; entre les deux époques fluviales les volcans n'ont pas joué un rôle aussi important qu'en Californie ; par contre , les glaciers cordillérins ont couvert les alluvions d'une épaisse couche formée par l'argile à blocaux. On trouve donc, dans les vallées colombiennes, quand on creuse de la surface au fond : 1^ les alluvions modernes aurifères, les premières exploitées; 2^ l'argile à blocaux, glaciaire, sans métal précieux; 3^ les alluvions tertiaires, les plus épaisses et les plus abondantes en or; 4"" la roche en place (bed rock). Si les premières couches ont été érodées jusqu'à la roche par les cours d*eau actuels et les pluies, on a sur les côtés de la vallée des terrasses {benches) où Ton peut exploiter les alluvions fossiles; alors les modernes s'étalent au fond de la vallée.

Tel est le cas du Fraser et des grosses rivières du sud, Columbia et affluents, alimentées par des glaciers et précipitées sur une forte pente; dans leurs couloirs, les gisements de surface ont été épuisés dès la première fièvre de l'or (1860). Les débris des placers fossiles ont été rapidement enlevés ou bien ont été négligés pour les dépôts analogues plus abondants du centre et du nord.

Là, dans le pays du Caribou, dans celui de l'Omineca et plus au nord dans la région qui touche au Yukon, l'érosion n'a fait qu'entamer la superficie de l'argile à blocaux et les trois dépôts des vallées se superposent dans l'ordre chronologique. Ces régions sont actuellement les plus exploitées. Sur 4 845 000 francs d'or extrait des placers colombiens en 1905, la division du lac Atlin (entre Skagway et le Yukon) en a fourni 2375000, le district du Caribou 1980000; vient ensuite et de très loin avec 150 000 le district de Lilloet comprenant plusieurs rivières qui descendent de la Chaîne côtière au moyen Fraser *.

Pour exploiter les placers miocènes ensevelis sous les alluvions postérieures, on commence par sonder à la tige toute la largeur de la

i. An. Rep, Mines, B. C. for i905, p. 12.

vallée afin de savoir quel est le point où la iroche en place est le plus loin de la surface ; il est évident en effet que le fond de la crique actuelle ne correspond jamais que par hasard à celui du premier cours d*eau. Quand on a ainsi obtenu le profil de Tancien t ravin en Y », on creuse dans la roche bordiëre» à quelque distance de la limite des alluvions, un puits vertical et de là on dirige une galerie horizontale vers le fond de la vallée tertiaire.

Alors on extrait Talluvion inférieure qui se présente habituellement en blocs comprimés et durcis par la chaleur et la pression; on récrase à Taide de concasseurs et broyeurs mécaniques, puis on pro cède à Tamalgamation.

L'extraction par galerie {drifi mining) a l'inconvénient d'exiger beaucoup d'ouvriers dans jun pays où la main-d'œuvre coûte cher. Aussi met-on à sa place partout où on le peut la méthode hydraulique (hydraulic sluicing) inventée comme les autres par les mineurs de Californie et perfectionnée par les ingénieurs des grandes compagnies américaines. En Colombie, elle fut inaugurée sur les placers du Caribou dans l'année 1870 par une société de San-Francisco. Son application la plus simple se fait sur le bord d'une terrasse de dépôts aurifères taillée par l'érosion dans la vallée d'un fleuve. On dispose au pied de la tranche exposée à l'air une longue série de sluices d'amalgamation perfectionnés au-dessus desquels on fait arriver un courant ou un jet d'eau sur la terrasse K L'eau entraine les dépôts aurifères qui s'échappent à gros fracas et s'écoulent en torrents boueux par le sluice : les gros cailloux s'en vont tout droit se perdre au débouché inférieur, les débris plus fins passent avec l'eau à travers des tamis disposés sur le trajet et circulent quelque temps dans des courants dérivés {under currenls) plus longs et de pente moindre^, où l'amalgamation a le temps de se faire; puis ils sont rendus au canal principal où ils rejoignent les débris.

' Quand il s'agit de vallées comblées, on commence par exposer les dépôts aurifères en pratiquant une tranchée; les sondages préliminaires révèlent le point favorable; on enlève les alluvions meubles, on fait sauter la masse compacte d'argile glaciaire en la criblant (bulldozing) de coups de dynamite et on atteint de la sorte la couche exploitable.

Les opérations suivantes sont celles que j'ai déjà indiquées ; si Ton ne peut établir la pente du sluice à l'air libre, on l'installe dans un

1 . D. Levât, pp. 332 et suiv. —An. Rep. Mines B. C. p. ex. 1902, p. 80 (gr.), i906, p. 50(coape).

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