‹ La Colombie britannique;Chapitre 204 sur 298 · SALAIRE QUOTIDIEN MOYEN · texte numérisé non relu

SALAIRE QUOTIDIEN MOYEN

BN FRAKC8 II

Chinois

Indiens

Totaux

On a vu que Nanaimo et Union sont un centre d'agitation ouvrière et socialiste (p. 276). Souvent des grèves y arrêtent où y ralentissent Textraction : mais les conditions économiques, elles aussi, agissent

1. Geol Surv, of Ca. An, Rep,, 1872-3, pp. 37, 101, {873-71^, pp. 121, 131, i87e-77 (Rapports J. RicuARosoN), 1887-88, R, pp. 90 et suiv. (G.-M. Dawsor).

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fortement dans le même sens et on doit leur attribuer pour une part le mécontentement des travailleurs.

Il est vrai qu'en 1905, les deux compagnies de Vancouver ont extrait 993 899 tonnes de charbon, soit un peu plus de la moitié des 1 825 832 tonnes produites dans toute la Province ; mais elles ne font pas la moitié des ventes.

Le charbon de Vancouver s'exporte par mer sur la côte pacifique des États-Unis (p. 272). Pendant longtemps, la Californie à elle seule absorba la moitié de la production. En 1902, les ports des États-Unis achetaient encore 75 p. 100 du total vendu par les houillères de Vancouver; en 1905, ils n*en ont pris que 53 p. 100. C'est que le pétrole récemment découvert en Californie s'emploie comme combustible à la place de la houille étrangère.

Reste à l'Ile Vancouver la clientèle des hauts fourneaux qui ont besoin de coke. Mais elle ne peut alimenter que ceux du littoral, parce que le Crov^rs Nest est mieux placé pour servir l'intérieur. Or les fours de fusion et hauts fourneaux colombiens du détroit de Géorgie ne marchent guère : ceux du littoral américain en Washington et Oregon, ceux qu'on vient d'élever en Alaska assurent une meilleure clientèle. De 1904 à 1905, tandis que les ventes locales de coke baissent de moitié, l'exportation aux États-Unis augmente d'environ deux cinquièmes. Néanmoins la production reste faible. En 1905, les houillères de Vancouver n'ont préparé que 15 660 tonnes de coke sur 271 785 pour toute la Province, et elles n'en ont vendu que 9710.

Inquiètes de voir leur clientèle stationnaire, les deux grandes compagnies de l'tle se sont entendues pour ne pas se faire concurrence sur le principal marché, savoir les États-Unis. Tout en laissant séparées leur administration industrielle, elles ont conclu un pool de vente pour maintenir les mêmes prix et se servir des mêmes agents commerciaux à San-Francisco et dans les ports américains.

Sans les États-Unis, les houillères vancouvériennes tomberaient en sommeil; même avec eux, elles ont du mal à empêcher leur production de baisser, alors que les gisements pourraient fournir beaucoup plus si le commerce le demandait et si les moyens de transport le permettaient ^

L'industrie des États-Unis est aussi un foyer d'appel pour les minerais complexes de l'île Vancouver. On les trouve, accompagnés surtout de magnétite et d'autres composés du fer, dans la zone miné-

i. An, Rep, Mines, B. C. for i90U, pp. 18-19, 274-276, for 1906, pp. 18-20, 224-226.

raie qui longe la côte (p. 17), mais il se peut qu'une exploration plus sérieuse de l'intérieur les révèle partout.

Rebutés par les obstacles qu'oppose Tintérieur, les prospecteurs ont attaqué surtout l'archipel schisteux, cristallin et volcanique, qui se trouve entre Vancouver et le continent, au nord du détroit de Géorgie (p. 23). On les y rencontre côte à côte avec les petites bandes d'Indiens cantonnées dans les îles et les bûcherons qui coupent les arbres voisins du rivage. Le rapport du ministre des mines publié en 1906 indique des opérations préliminaires {assesment) dans les îles Valdes et Thurlow. La plus grande de ce groupe, Texada, possède des gisements de cuivre auri-ai^entifères et des gisements de fer reconnus depuis 1875 qui ont déjà tenté bien des capitalistes surtout américains : mais chacun d'entre eux a passé par plusieurs mains. Un four de fusion installé à Vananda, dans l'ile Texada, fonctionne irrégulièrement. Le dernier rapport du ministre des Mines déclare qu'on extrait sur quatre ou cinq points du minerai de cuivre et sur un autre du minerai de fer, le tout à destination de Tacoma (Washington). La plus importante de ces exploitations emploie 500 blancs et 12 Chinois'. Elle se débat contre mille difficultés pour le débarquement du matériel, des provisions et l'embarquement du minerai.

Des gisements analogues ont été reconnus dans les rochers de l'ile Redonda-Ouest qui ferme l'Entrée de Toba, fiord du continent au nord du détroit de Géorgie. Le minerai se trouve sur la côte nord de l'île, au bord d'une mer profonde où les steamers peuvent venir charger; mais la rive s'élève en falaises, elle est dominée par des montagnes de 900 mètres : pour suivre jusqu'au sommet le filon de magnétite, il faut grimper en s'aidant des arbres. La mine, découverte en 1893, a été louée par les propriétaires du haut fourneau de Tacoma en Washington'.

Le fer des zones minérales de Vancouver et du détroit de Géorgie est acheté entièrement par des Américains du Washington. Cet État possède en effet plusieurs hauts fourneaux : on les chauffait d'abord au bois, aujourd'hui on utilise le coke de l'île Vancouver. Les métallurgistes du Washington prennent en Colombie une proportion de minerai de fer qui s'est élevée en 1902 jusqu'au trois quarts de la quantité réduite par leurs hauts fourneaux.

Néanmoins l'exploitation du fer sur la côte colombienne ne se développe pas autant qu'on aurait pu l'espérer. Voici pourquoi :

1 . An, Rep, of Mines, B, C. for 1906, pp. 214-215. — La Gazette du Tramîly juillet 1906, p. 56.

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