‹ La Colombie britannique;Chapitre 205 sur 298 · An. Bep. Mines, B. C. for 1902, p · texte numérisé non relu

An. Bep. Mines, B. C. for 1902, p

Texportation est difficile; la magnétite trop dure ne se réduit bien qu'avec un fondant comme les peroxydes et oxydes de fer : on en a cherché dans les dépôts crétacés de Vancouver et de la Reine- Charlotte, mais sans les trouver en quantité suffisante*. La maind'œuvre est coûteuse soit à la mine, soit aux hauts fourneaux; enfin un droit protecteur de 2 francs par tonne frappe les minerais de fer importés aux États-Unis.

Si ces charges n'empêchent pas la fonte et l'acier washingtoniens de luller sur place avec les produits de l'Est américain et de l'Angleterre grevés de frais de transport, elles rendent l'exportation difficile et par suite limitent la fabrication. Pour donner la vie aux mines des Iles, il faudrait des hauts fourneaux et des fonderies en Colombie. On comptait qu'ils naîtraient des primes offertes par le gouvernement fédéral. De 1897 à 1902, en effet, une prime de 15 francs par tonne était promise pour l'acier produit avec 50 p. 100 au moins de fonte canadienne, pour le fer puddlé de fonte canadienne, une prime de 10 francs par tonne pour la fonte faite au Canada de minerai étranger. Personne en Colombie n'a cherché à gagner la prime, parce que le marché local n'est pas suffisant, l'exportation vers l'est par voie ferrée trop coûteuse, la vente aux États-Unis empêchée par des droits prohibitifs. La fonte, dont la production ne demande que les hauts fourneaux moins chers à installer et plus faciles à conduire qu'une aciérie, paye à la frontière des États-Unis 20 francs par tonne.

Les primes fédérales canadiennes ont été prorogées du 23 avril 1902 au 30 juin 1907 mais avec une réduction progressive qui les ramène à 90 p. 100 du taux primitif au i" juillet 1903, à 35 p. 100 au !•' juillet 1904, à 20 p. 100 enfin pour la dernière année*.

De ce même groupe d'îles, riche on fer, on tire encore divers matériaux de construction; plusieurs d'entre elles présentent en effet de belles falaises de granit, de grès, de marbre : quand la tranche de rocher est à l'abri du vent, on peut l'attaquer en gradins et embarquer assez aisément les pierres de taille sans avoir à se procurer un matériel de transport compliqué.

L'îlot de Granit Island à l'entrée de Jervis Inlet sur la côte ferme, 100 kilomètres nord de Vancouver City, n'est qu'une carrière de granit gris; on peut en dire autant de l'île voisine Nelson, plus grande mais abandonnée en 1903, parce que l'exploitation y devenait difficile.

i. An, Rep, Mines, B. C. for 1902, pp. 55, 206.

2. D'après Tétude d'ensemble sur les gisements de fer de la cùte dans An, Rep. Mines y B. C, for 1902, surtout pp. 201-208.

Presque tout le granit employé dans les villes de la côte vient de ces deux Iles : on en a transporté jusqu'à Seattle (Washington).

Haddington Island près d'Alert Bay, à la pointe nord-est de Ttle Vancouver, fournit une andésite gris clair très estimée.

Nanaimo et les tles de la bande sédimentaire Satuma, Cabriola, Newcastle donnent de beaux grès crétacés ou tertiaires gris, grisbleu, fauves à Saturna; on est venu en chercher pour les monuments de San-Francisco.

L'île Texada fournit des marbres rares, noirs ou rouges. A 8 kilomètres au sud-est d'Alert Bay, on exploite les marbres blancs et bleus de Beaver Cove; on en trouve aussi dans les lambeaux sédimentaires de la côte ouest, à Nootka, à l'Entrée de Barclay*. Dans plusieurs tles, les calcaires de diverses époques, les marbres alimentent des fours à chaux : la Colombie a exporté de la chaux jusqu'en Hawaï, elle en vendrait aux États-Unis si elle n'en était empêchée par un droit protecteur : d'ailleurs les îles appartenant au Washington comme San Juan ont aussi leurs fours à chaux*.

Tod Inlet, 20 kilomètres au nord de Victoria, possède des gisements de marne et de calcaire qu'on transforme en ciment depuis 1905 : ils se trouvent au bord du golfe qui sépare la péninsule Saanich du reste de l'île. Leur propriétaire est l'un des directeurs de la Compagnie Grand Trunk (p. 288) et en même temps l'un des gros actionnaires des houillères Crows Nest ; comme gérant de l'exploitation il a fait venir un ancien employé des cimenteries d'Ontario, comme ouvriers une cinquantaine de Chinois. La forêt a été défrichée pour mettre à nu les couches; les argiles et calcaires sont portées dans les wagonnets aux récepteurs qui se déversent dans les mélangeurs et broyeurs; enfin d'étage en étage, le ciment descend à un petit wharf en bois d'où on l'envoie par mer aux îles de la côte. La première expédition a été faite en avril 1905 à destination de Victoria'.

Pour les carrières des îles, les principaux marchés sont Victoria, Vancouver, New Westminster, oh les maisons de charpente ont été remplacées par des bâtiments de pierres. Dans ces villes un règlement interdit aujourd'hui de construire en planches à l'intérieur de certaines limites. Les autres villes prospères remplacent aussi le bois par la pierre pour les banques, les maisons de commerce, les

1. D*après ane étude sur les carrières des tles avec photog., dans An, B^. Mines^ B, C. for iOOit, pp. 28. 248-251, 256-260.

2. Geol. Surv, of Ca, An. Bep., 1886, B, p. 37 (Texada, G.-M. Dawson). — An. Bep. Mines, B. C, 1902, pp. 226 et 235.

3. An. Bep. Victoria Board of Trade, 1905, pp. 72-73. — La GazetU du Travail, janv. 1905, p. 731.

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édifices publics, pour tout ce qui doit s'imposer à Tattention. Avec les progrès de la richesse, les appontements de bois seront remplacés dans les ports par des quais de pierres. La même transformation s'opère dans les villes américaines du Pacifique et Ton a vu que les îles colombiennes en profitent dans une certaine mesure à cause de la qualité de leurs matériaux et du bon marché des transports par mer. Suivant la loi commune, un trust cherche à réunir sous sa direction * l'exploitation des carrières qui, jusqu'à présent^ s'est faite par bonds, suivant les fluctuations de l'industrie du bâtiment; on exploitait telle ou telle falaise suivant les besoins du jour puis on s'arrêtait. Ainsi la construction du magnifique palais du Parlement et des ministères provinciaux à Victoria fît travailler plus activement l'île Haddington, puis l'extraction diminua.

Si, comme tout l'indique, les rivages du détroit de Géorgie continuent à se peupler et leur population à s'enrichir, les carrières des îles et des côtes rocheuses ne chômeront plus guère et les cités du Pacifique se rangeront parmi les mieux construites de l'Amérique septentrionale.

Actuellement déjà, les gabarres chargées de pierres, les croiseurs de bois (timber cruisers)y les navires porteurs de houille et de minerais sillonnent la mer intérieure de Géorgie et contribuent avec les paquebots des services internationaux à lui donner une circulation plus animée qu'on ne l'attendrait d'après le chifTre actuel de la population.

Avant qu'on arrive à l'étroit passage de laDiscovery, où les rivages se rapprochent (pp. 23-24), colons et mineurs se sont arrêtés devant la forêt et les marécages. A Comox se voient les derniers sondages, les dernières vaches, la dernière beurrerie. Pourtant la bande sédimentaire de la côte sud-est se prolonge jusqu'au fond du détroit de Géorgie, à l'entrée de la Discovery; l'embouchure de la rivière Campbell y offre un bon emplacement; de même, un peu plus au nord et déjà dans les schistes, la baie de Menzies : tous deux sont encore laissés à des villages indiens, dont le plus gros appartient aux Euclataw, qui passent pour avoir été anthropophages et qu'on a eu beaucoup de peine à cantonner.

Dans les détroits, des falaises que couronnent les forêts, presque plus de maisons : comme le saumon n'y passe point, l'industrie des conserves n'y a point paru; même la cheminée, le panache de fumée et le grincement des scieries s'y font plus rares : à peine

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