‹ La Colombie britannique;Chapitre 214 sur 298 · An, Rep. Vancouver Board of Trade, f ^4-5, p · texte numérisé non relu

An, Rep. Vancouver Board of Trade, f ^4-5, p

trémité de la première ligne transcontinentale nord, enfin Seattle au bout de la seconde.

On choisit à chaque fois des emplacements meilleurs que les précédents, mais là n'est pas Tunique raison qui fait créer de nouvelles villes. Il faut savoir que toute entreprise s'accompagne d'un jeu sur les terrains et que la construction d'une ville rapporte d'énormes bénéfices à ceux qui ont su se faire concéder ou s'assurer à bas prix l'emplacement vierge avant que les plans de construction fussent connus. Ce n'est donc point le hasard mais la spéculation qui fait nattre tantôt sur un point, tantôt sur un autre, une ou plusieurs villes champignons. C'est elle encore qui prépare le second acte, le boom, c'est-à-dire la réclame destinée, quand l'emplacement de la ville est révélé, à attirer les acheteurs de terrain et les représentants d'entreprises qui amèneront une plus-value.

Dès que la construction de la ligne transcontinentale eut commencé, il fut évident pour tous qu'elle n'aurait pas comme terminus l'ancienne ville de New Westminster : à la place du Fraser, d'accès parfois difficile, le premier fiord de la côte, l'Entrée de Burrard profonde de 25 kilomètres, devait évidemment être adopté pour la création du port nouveau, et c'était le bord sud relativement plat qui avait toute chance d'être préféré. Les deux rives étaient alors désertes et couvertes de forêts. Dans l'usage, on désignait comme terminus Port Moody au fond de l'estuaire. Port Moody eut son boom des terrains; puis ce fut le tour de plusieurs emplacements qui paraissaient favorables au sud et même au nord de l'Entrée ; on y construisit des villages appelés ports, qui existent toujours.

Enfin, au commencement de l'année 1886, la Compagnie révéla brusquement son dessein en le réalisant : dans l'espace de deux mois elle fit défricher la forêt, construire un port et tracer des rues sur l'emplacement où s'élève Vancouver.

Le site est bien choisi, sur un petit plateau qui s'avance en pointe entre l'Entrée de Burrard au nord et une découpure secondaire, la Fausse Crique, au sud; mais le terrain était caché par la forêt la plus haute et la plus épaisse (p. 117) : on en voit le dernier témoin, offrant la plus belle combinaison de nature forestière et maritime qui se puisse imaginer, dans le Stanley Park, supérieur même au magnifique jardin botanique de Sydney en Australie, et d'une magnificence à laquelle la main de l'homme a fort peu ajouté.

A la réserve du Parc, la forêt primitive fut coupée et brûlée; en mai et en juin 1886, une ville nouvelle tout en bois s'élevait par enchantement; en juillet, par l'imprudence de quelque défricheur,

le feu prenait à la forêt, gagnait Vancouver et le consumait ; un seul bâtiment fut épargné. Sans perdre un instant, on se remit i rœuvre; depuis la reconstruction, Vancouver a connu les nombreux incendies partiels des villes en bois, mais elle n'a plus été détruite et elle n*a cessé de s'accroître.

Au recensement de 1891, Vancouver comptait 13709 âmes, moins que Victoria. Dix ans plus tard, elle dépassait la capitale avec 26133 habitants dont 19000 sujets britanniques, 2840 Chinois et Japonais, 925 Indiens et métis, 871 Allemands, 598 Français et 46 Belges, 452 Scandinaves ^ En 1905, sa population montait au delà de 40000; au lieu d'un instituteur et 40 écoliers en 1887, Vancouver réunissait alors, dans les seules écoles municipales, plus de 100 maîtres et 5 000 élèves. Aujourd'hui elle est de beaucoup la ville la plus importante de la Fédération à l'ouest de Winnipeg. Approchant de 52000 habitants*, elle promet de rejoindre Seattle, le plus grand port américain du Puget Sound qui, fondé en 1852, compte aujourd'hui plus de 80000 âmes.

A la fin de 1904, Vancouver possédait 2 kilomètres 9, de rues pavées en pierre, 2,7 de rues pavées en bois, 67,5 d'avenues macadamisées, 20 de trottoirs en ciment, 181,5 de trottoirs en planches, 85,3 d'égouts et 9 fontaines publiques, 4 ponts, 3 parcs. La municipalité administre la voirie et les ponts, les parcs, le service des eaux, celui des pompiers, la police, 3 hôpitaux, les écoles publiques.

L'électricité pour l'éclairage, les moteurs et les tramways est fournie par une compagnie américaine qui se procure l'énergie au moyen d'une chute artificielle mettant en communication deux lacs de la chaîne cotière, Buntzen et Goquitlam .

A la fin de 1887, la première année complète de vie pour Vancouver, l'ensemble des propriétés foncières privées valait 12 284210 francs et avait reçu une plus-value de 911275 francs. A la fin de 1904, la valeur était de 72204675 francs, la plus-value annuelle de 25569800 francs.

En 1904, on avait délivré 836 autorisations de bâtir; les constructions autorisées représentaient une valeur de 9 844 455 francs. En 1906, pour la valeur des constructions faites dans l'année, Vancouver se classe la 4* cité de la Puissance après Toronto, Winnipeg et Montréal, avec 21 millions de francs, 57 p. 100 de plus que l'année

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