Voir la note bibliogr. de la p
blanchissant à Tair; ce ruban s'allonge d'ouest en est sur 4 à S kilomètres avec 1 500 mètres de large.
Tout autour, s'étend une ceinture de porphyrite i pâte noire avec gros cristaux verts; une partie a pris la forme de schistes siliceux dont l'aspect rappelle le grès. L'affleurement présente une surface bosselée où l'éminence principale est la Montagne Rouge qui doit son nom à la teinte rousse que l'oxydation donne à la partie des roches volcaniques attaquées par l'air. Les principaux gisements minéraux, sulfures de cuivre, de fer, d'or et d'argent, se trouvent au contact des diabases et des porphyrites*.
A l'extérieur de la ceinture, des tufs et des schistes comme ceux qui forment le sommet de la Montagne Rouge, des boues de calcaire paraissent devoir être attribuées i l'action volcanique.
Enfin des dykes de porphyre, tantôt quartzeux, tantôt basiques, coupent les roches précédentes.
Dans toute la région sud des monts Seikirk et de la Chaîne de l'Or, la richesse minérale est grande et infiniment variée. L'or se rencontre dans les veines de quartz. Mais, comme dans les îles et sur la côte, les gisements les plus riches se trouvent au contact des sédiments métamorphisés et des roches éruptives, surtout des porphyres appartenant à la dernière série par ordre de date. Ils consistent en filons ou dépôts complexes : la galène, sulfure de plomb et d'argent, en est la dominante, le second rang appartient au fer oxydulé ou magnétite tantôt en veines, révélées par un « chapeau de fer », tantôt en concrétions spéculaires. La blende ou sulfure de zinc, les sulfures de cuivre et d'or sous forme de pyrrhotines, chalcopyrites, apparaissent à côté des précédents minerais, souvent mélangés à eux. C'est aux sulfures de métaux précieux qu'est due la prospection, puis l'exploitation du sud intérieur : s'ils ne les contenaient en proportion marchande, les autres filons seraient encore en sommeil comme dans la région côtière.
Actuellement toute une série de zones minérales allongées du sudouest au nord-est a été reconnue depuis le versant intérieur de la Chaîne côtière (p. 35) jusqu'à la pente orientale des Seikirk; elle se distribue ainsi sur les deux flancs du butoir archéen.
Ces zones minérales se continuent parfois dans les États-Unis. Au nord elles paraissent cesser où manquent les roches éruptives anciennes, mais, en l'état actuel, on ne peut tracer leurs limites de ce côté.
i. Annales des mines^ 1900^ t. XVII, p. 275 (Jordan). — Geoi Surv. of Ca. Preliminary Rep, on Ihe Rosslandy B. C. Mining District, by R. W. Brock, 1906, pp. 9, 14-16; Notices et coupes de la carte Part of Trait Creek M. D. 1897 (p. 49, note 1).
LES MONTAGNES ftS
La Chaîne de TOr, avant-mont des Selkirk qui rétrécit singulièrement la partie méridionale du plateau canadien, parait commencer au nord de la frontière, immédiatement après la dépression que marque la basse vallée de la rivière du Chaudron {Kettle River), qui coupe plusieurs fois le 49' parallèle avant de se jeter dans le fleuve Columbia. Dans cette région, la Chaîne de FOr est formée surtout d'une partie de ces masses éruptives granitoïdes qui occupent une place si étendue sur le plateau, entre les parallèles 49 et 50 : ce n'est pas la première de ces masses en partant de la Chaîne maritime, mais c'est la première qui appartienne à un soulèvement puissant et bien déflni : elle enveloppe complètement les ravins de la haute Kettle et de ses affluents, elle les sépare à l'ouest du lac Okanagan. Ces vallées n'ont de débouché qu'au sud, dans le sens de la pente, car les contreforts qui les divisent, les murailles d'où s'échappent leurs sources, sont également infranchissables.
A l'est, la pente de la Chaîne de l'Or serre de près les deux lacs La Flèche {Lakes Arrow), expansions du fleuve Columbia.
Dans la partie voisine de la frontière se trouvent les zones minérales de la crique frontière {Boundary Creek) sur la Kettle et ses affluents, puis de la crique du Sentier [Trail Creek) sur la rive droite de la basse Columbia. Le cuivre y domine, associé aux métaux précieux. Mines et fours de fusion se trouvent dans une région confuse de montagnes presque toutes égales en altitude, qui semblent les ruines d'un plateau*.
Ensuite la Chaîne prend la forme d'une arête qui se dirige du sud au nord ; son altitude est de 1 500 à 2 300 mètres, aucun sentier tracé n'en franchit la crête.
Au nord du 50® parallèle, les roches éruptives anciennes font place aux terrains archéens ; la direction reste sud-nord et la Chaîne sépare les versants de la Columbia à l'est, du Fraser à l'ouest : elle s'amincit, sans perdre de sa hauteur. Sur la pente occidentale, la vallée assez large de la rivière Spallumcheen, sous-affluent du Fraser, ouvre un passage jusqu'au pied de la muraille centrale ; un sentier l'emprunte, première voie permanente depuis la basse Kettle, s'élève entre les cimes, et par la vallée du Feu [Fire Valley) descend à Eillarney dans la vallée de la Columbia sur le lac Arrow inférieur.
Au nord, la muraille n'est plus entamée par l'homme avant la Passe de TAigle, qu'emprunte le chemin de fer Canadien-Pacifique. Là une fente étroite qui ne dépasse guère 1 500 mètres dans sa plus
1. P. 49, n. 1 . — Geol. Svarv. of Ca. Samnmry Rep., 1900, A, pp. 64-65 ; f 902, A, pp. 93-94, 144.
grande largeur, € coupée si droit qu'elle semble taillée exprès pour le rail », fut révélée en 1865 à un explorateur par le vol d'un aigle qui s y engageai Quand on la traverse, on la trouve remplie en quatre points par de petits lacs à cuvettes glaciaires qui s'écoulent les uns vers le Fraser, les autres dans la Columbia. A l'ouest la pente devient plus rapide, mais telle est la profondeur de la coupure qu'entre le sommet du col à 558 mètres et le fleuve Columbia^ sur 12 kilomètres, la ligne ne descend que de 100 mètres*.
Au nord de la ligne transcontinentale, le dos de terrains archéens se poursuit dans la même direction, continuant à séparer la Columbia des affluents du Fraser. Vers le coude de la Columbia, il s'amincit encore, au point de se confondre avec le prolongement des Selkirk. C'est toujours à l'ouest que la pente se trouve le mieux ménagée. Là s'allongent une série de lacs réservoirs, du Shuswap au Quesnel, qui alimentent les affluents du Fraser. Avec ses sources et ses forêts, la Chaîne de l'Or apparaît comme un énorme Bocage à l'arrière-plan des plateaux arides.
Les monts Selkirk forment un groupe de massifs en losange allongé du sud-est au nord-ouest dont les côtés sont nettement marqués au nord par le coude de la Columbia, au sud par le coude inverse de la rivière Kootenay, affluent de la Columbia. C'est une véritable île de hauteurs dont la longueur atteint 450 kilomètres et la largeur au centre environ 100 kilomètres.
Au sud de la frontière, dans l'État d'Idaho, la première pointe du losange apparaît, faisant suite au soulèvement des monts de la Racine Amère {Bitter Root Mountains) et des monts Cœur d'Alêne, que suit la limite entre Idaho et Montana ; mais, entre ces massifs et les Selkirk, s'étend la dépression du Lac et de la Rivière Pend d'Oreille empruntée par deux voies transcontinentales du Nord-Américain.
Dans les monts Bitter Root, l'ossature se compose de terrains analogues à ceux de la Chaîne de l'Or et des Selkirk ; en outre, des pointements de roches volcaniques tertiaires se montrent par endroits', tandis que la masse des schistes colombiens ne porte aucune trace d'éruptions récentes, sauf en quelques points du versant est, vers le Kootenay, dans le voisinage de la frontière. Dans les
1. C. p. B. Amotaledjime Table, Westbomd Edition, p. 59. —A. 0. Whbblbr, The Selkirk Range, 1. 1, p. 194.