An, Hep. Mines B. C. for i905y pp
2. Geol. Surv. of Ca, An. Rep.^ 1887-88. Maps of ihe principal auriferous Creeks in the Caribou District by Amos G. Bowbian, et cartes hors textes, surtout n°' 364, 368, 370, a72. — An. Hep. Mines, B. C. for 1905, p. 54.
3. Geol. Surv. ofCa. An. Bep., 1887-1888, R, p. 32 (G.-M. Dawson).
4. C. P. R. Annotated Time Table, Westbound Edition, pp. 50-51.
la même histoire que celle du plateau (p. 7), creusement pliocène, comblement glaciaire, puis nouvelle érosion à Tépoque actuelle. On y trouve des platières de limon blanc (p. H) : on y voit onduler des bourrelets de moraines et de galets; ainsi 1 800 mètres de sables et de graviers séparent le haut Kootenay courant au sud d'un lacréservoir qui donne naissance au fleuve Columbia s'échappant vers le nord; c'est le Plat du Canal {Canal Fiat) ainsi nommé d'une communication que les « voyageurs » ont tenté d'ouvrir jadis pour supprimer la nécessité du portage.
Si l'on descend le Kootenay, on voit, vers le sud, la vallée s'élargir en une sorte de bassin allongé, haut de 7 à 800 mètres, que ravinent les torrents, que surmontent des tertres et de petits plateaux de gravier*; ce sont les Plaines du Tabac {Tobacco Plains)^ où pousse le tabac sauvage qu'y récoltaient les Indiens.
Au nord, la Columbia quitte la grande vallée par un coude brusque, mais l'axe de la vallée primitive est tenu par la rivière du Canot qui, venant du nord, conflue avec la Columbia au sommet de l'angle. On passe sans grand'peine des sources de la rivière du Canot à celle du Fraser qui remplit la rigole du fossé jusqu'au point où il décrit à l'ouest, en tournant les monts du Caribou, un coude parallèle à celui de la Columbia.
J'ai déjà dit qu'aucun obstacle sérieux ne s'oppose au portage entre le coude Fraser et la Parsnip, tributaire méridional de la rivière de la Paix (p. 45); affluent septentrional de la même rivière, la Finlay qui coule droit au Sud, prend sa source près du seuil Sifton qui ouvre la voie vers la rivière Kachilka, le dernier des cours d'eau parallèles aux Rocheuses, qui conflue avec le Liard. 11 semble donc que l'immense fossé se continue vers le nord, suivant le pied des Rocheuses, après la fin des monts Caribou, sur une longueur presque égale à celle qu'il présente de la frontière au coude du Fraser.
Les Montagnes Rocheuses.
Seules, en Colombie, les Montagnes Rocheuses conservent le nom, la direction, la formation et l'allure générale des chaînes correspondantes aux États-Unis. Sur le 49® parallèle, nul obstacle naturel ne marque la frontière entre Rocheuses de Montana et Rocheuses de Colombie. On n'a pas tracé la ligne politique de séparation avant l'été de 1903; tout arbitraire, elle se marque par une coupe recti-
1. Qeol Surv, of Ca. An. Rep., 1883-8^, B, p. 27; 1886y B, p. 156.
ligne large de 30 mètres dans la forêt et par des poteaux en fonte sur les hauts rochers qui dépassent la ligne d'arbres*.
De la frontière américaine au 54* parallèle, la Colombie ne possède que la pente occidentale des Rocheuses, la plus courte; tout le reste, c'est-à-dire les deux tiers de la largeur, appartient à FAlberta. Au nord du 54* parallèle, la limite interprovinciale suit le 120* de longitude ouest, laissant à la Colombie toutes les Rocheuses, leurs avant-monts et un morceau de la grande plaine orientale. Dans cette partie, les Rocheuses s'inclinent fortement au nord-ouest et se rapprochent de la Chaîne côtière. Puis, après la coupure par où s'échappe la rivière aux Liards, elles font un saillant vers l'est, arrivent au voisinage du fleuve Mackenzie et en bordent la rive gauche jusqu'à son delta. Cette dernière section des montagnes se trouve hors de la Colombie, elle appartient au Territoire de Mackenzie.
Ainsi comprises, du 49* parallèle à l'Océan Glacial, les Rocheuses canadiennes s'allongent en une « Cordillière » d'au moins 3 000 kilomètres.
La seule partie relativement étudiée est la plus méridionale et la plus haute qui s'étend des États-Unis au voisinage du 54* parallèle; encore l'exploration, quoique moins malaisée et plus avancée que dans les Selkirk, n'y est-elle point terminée ^
Dans cette partie, les Rocheuses paraissent formées, comme au nord-ouest des États-Unis, par un gigantesque retroussement des couches primaires qui se continuent du lac Winnipeg aux montagnes sous les sédiments plus modernes de la Prairie. Ces terrains qu'on suppose avoir buté contre la masse des Selkirk et de la Chaîne de l'Or se montrent redressés, repliés vers l'est, les couches anciennes parfois charriées par dessus les couches plus récentes, dans de gigantesques plissements en V. Des lambeaux de crétacé inférieur, analogue à celui de la Prairie et sans doute déposé dans les mêmes eaux, avant le soulèvement, se trouvent pinces entre les plis des roches primaires, en forme d'auges allongées dans le sens général de la chaîne ; on y trouve des gisements de houille grasse qui sont au sud, exploitées sur les deux versants*.
i. An. Bep. Mines, B, C, for 1903, pp. 79-80.
2. Geol, Surv, of Ca, An. Rep,, 1886, B (G. M. Dawson), avec une Reconnaissance Map of a Portion of the R, Mns. between Lat. U9* N. a. 5V3(y N. (1 : 380 160) avec teintes géol. Souvent citée sous le nom de carte des Rocheuses p. Dawson.
3. Geol. Sun), of Ca. An. Rep., 1886, D. (Mac CoimBLL). Btude de la vallée de la Bow, avec coupe de la Cascade Trough, p. 42 et, en appendice, Geol. Sect. across the R. Mns, In the vicin. of the C. P. Ry,.. coupes prises exclusivement sur le versant de la
Dans une haute vallée longitudinale des Rocheuses, celle de la Rivière aux Têtes Plates, tout près de la frontière américaine, on voit suinter le pétrole. A certains signes on croit pouvoir conjecturer sa présence en d'autres vallées longitudinales du versant sudouest. Il sourd au pied des roches cambriennes qui forment le principal échelon des Rocheuses; si sa présence est indiscutable, son origine met en émoi les géologues : comme, en effet, on n*a jamais rencontré de pétrole dans des terrains si anciens, on a été amené à se demander s'il ne viendrait pas de combustible contenu dans les dépôts crétacés, ramenés par un plissement en Y sous les dépôts cambriens et métamorphisé par la chaleur ^
D'après Mac Connell % l'épaisseur des couches qui se succèdent sur le versant colombien des Rocheuses au sud-ouest se traduirait par les évaluations suivantes : 3 000 mètres d'argillites noires, de grès et de conglomérats constituent l'étage cambrien et précambrien de la Bow River. Puis viennent 3 000 mètres de calcschistes et de schistes appelés étage de la Castle Mountain. L'Olenellus, caractéristique de la faune cambrienne inférieure, se rencontre au sommet de la Bow River et à la base de la Castle Mountain ; enfin 400 mètres de dolomies et quartzites à halysites forment le sommet, supportés par 500 mètres de schistes argileux et calcaires à graptolites. Ces roches appartiennent au carbonifère et au dévonien.
Au sud, les formations les plus anciennes l'emportent, au nord, les calcaires dévoniens et carbonifères. Visibles de loin, les strates prennent l'aspect d'assises de maçonnerie aux teintes variées ', à la tranche découpée et crénelée. Les sommets méritent les noms que leur donnent les géologues et géographes américains, serraied^ castellatedy rampartlike.
Excepté les dépôts glaciaires, on ne trouve dans les Rocheuses aucune formation plus récente que le crétacé inférieur. Le premier soulèvement du massif paraît remonter avant la fin de l'époque secondaire et s'être produit immédiatement avant ceux de Vancouver et des îles qui, de l'autre côté du butoir archéen, ont reçu des sédiments crétacés supérieurs. Il a été suivi de plusieurs autres.
Prairie, reprod. dans Suess, La Face de la Terre^ trad. fr., t. I, pp. 801-805. — L'étude des gisements de combustible des Rocheuses est en ce moment méthodiquement poursuivie par le service géol. fédéral : voir p. ex. les Summary Rep., 1905, pp. 59-62, 62-67; 1906, pp. 66-74. — An. Rep, 190U, Geol. a. Topogr. Map of Crows Nest Coal Fields, au 1 : 126,720, avec coupes et notes marg.
1. An. Rep. Mines B. C. for 1903, pp. 86, 92; for 1905, p. 141.
2. Yearbook of B, C. 1903, p. 8, d'après le rapp. de 1886 (cité p. préc. note 2), pp. 17-33. — A.-O. Whbbler, The Selkirk Range, t. 1, appendix C, p. 405 (d'après G.-M. Dawbon).
3. W. D. WiLCOX, The Rockies of Canada (voir p, 71), pp. 225-226.
Plus récentes que les Selkirk et la Chaîne de TOr, les Rocheuses sont plus élevées, mais Térosion s*y continue rapidement, en raison de la hauteur et de la rapidité des pentes.
Leur plus grande épaisseur se trouve vers le sud et le centre. A la traversée du Canadien PaciOque, les Rocheuses présentent à peu près 100 kilomètres de largeur.
Comme pour les autres montagnes de la Province, la direction générale va du sud-est au nord-ouest, mais la ligne de partage n*est pas continue; pour la suivre, la limite entre Colombie et Alberta dessine de crête en crête un zigzag incliné au nord-ouest. Les Rocheuses se composent, en effet, d'échelons en forme de coins à pointe tournée vers le nord ; séparés par des cassures longitudinales, ces massifs apparaissent en retrait les uns sur les autres. Sur le versant colombien leurs limites sont marquées par des rivières qui coulent dans une vallée longitudinale intérieure, puis sautent par une cluse dans une autre vallée parallèle moins haute, plus à l'ouest.
Sur le versant de la Prairie , les cours d'eau s'échappent par des gaps ou brèches perpendiculaires à l'axe, relativement droites et courtes, dont le profil a été achevé par l'érosion des anciens glaciers.
Le nombre des passages transversaux est l'un des caractères qui distinguent les Rocheuses des Selkirk et de la Chaîne de l'Or. Ce sont habituellement des ouvertures pratiquées entre les vallées longitudinales de l'ouest, placées à des latitudes légèrement différentes : aussi les voies qui les empruntent ont-elles un tracé sinueux; elles franchissent l'arête principale par des cols hauts et longs^ séjour d'anciens glaciers, semés aujourd'hui de petits lacs; elles débouchent enfin dans la Prairie par des brèches. On ne compte pas moins de douze passes reconnues dans la partie la plus élevée où les sommets atteignent de 3 000 à 4 000 mètres : la plus méridionale près de la frontière est aussi la plus haute avec 2400 mètres; la plus septentrionale, près du 54'' parallèle, n'en a que 1 615.
Vallées et cols découpent en massifs le long soulèvement des Rocheuses. De la frontière à la passe du Crows Nest, franchie par la voie ferrée méridionale de Colombie, se poursuit un premier groupe de montagnes qui a commencé en Montana. L'altitude moyenne y est considérable, les sommets de la crête principale vont de 3 000 à 3650 mètres. L'ensemble est large de 100 kilomètres environ et se divise en deux crêtes qui encadrent la vallée supérieure de la Rivière aux Têtes Plates {Fiat Head River), ainsi nommée d'après une tribu indienne du Montana. Ce cours d'eau va droit au sud, traverse des gorges, puis suit une haute platière d'alluvions, couverte de maré-
LA COLOMBIE DRITÀNNIQUB. 5
cages et de forêts qu*au bout de 40 kilomètres la frontière coupe arbitrairement avec ses deux murailles de montagnes. En ce point le fond de la vallée n'a pas moins de 1 200 mètres d'altitude. Ainsi la partie canadienne de la Fiat Head River forme un coin enfoncé dans les Rocheuses, dépendance naturelle du Montana qui possède tout le reste du cours et du bassin.
Deux sentiers traversent toute la région de la Fiat Head pour réunir la vallée supérieure de Kootenay à la Prairie. Le plus méridional part des plaines du Tabac, va chercher sur le territoire des États-Unis une passe qui lui permet de franchir la première chaîne à 1 600 mètres, traverse les marécages et les forêts de la platière, puis, revenant au nord, rentre en territoire canadien et escalade la chaîne principale par la passe du Kootenay sud, haute de 2 400 mètres. C'est celui qui emprunte le col le plus élevé des Rocheuses, difficulté qui, jointe aux autres obstacles naturels et à l'inconvénient de passer la frontière internationale, a fait abandonner cette voie : la piste y disparaît sous la végétation ou s'y noie sous l'eau.
Au nord, l'autre sentier part de l'Elk, affluent de la rivière Kootenay, franchit la chaîne occidentale à 2 160 mètres, descend dans la gorge à vives arêtes où la Fiat Head court, peu après sa source, puis remonte de l'autre côté pour traverser l'échelon occidental à la passe de Kootenay nord, haute de 2050 mètres. Pénible à cause des montagnes et des forêts, cette voie a pourtant sur la précédente l'avantage d'être plus courte et toute canadienne. Les Indiens l'avaient frayée pour pénétrer de la Prairie dans la Grande Vallée, les blancs les y suivirent dès les premières découvertes minières *. Une tradition dit que des chercheurs de mines ou de terres auraient passé par un de ces cols, probablement celui du sud, vers 1854; en tout cas l'un et l'autre ont été réellement reconnus en 1858 par les membres de la mission Palliser*.
Sur les deux passes méridionales, la suivante au nord, celle du Nid de Corneille {Crows Nest Pass), offre l'avantage de n'obliger qu'à une seule ascension et de ne pas dépasser 1 345 mètres. Aussi at-elle été choisie pour la voie ferrée transversale du sud qui lui emprunte son nom. Pratiquée comme les précédentes parles Indiens, elle aurait été franchie par des blancs dès 1841.
On a déjà vu comment la ligne du Crows Nest traverse les Selkirk pour atteindre les bords du haut Kootenay (p. 57). Après avoir franchi cette rivière, elle gagne la vallée de son affluent l'Elk, un des