A. 0. Whbilbr, The Selkirk Rcaige, t. I, pp
cours d*eau les plus puissants et les plus rapides du versant occidental des Rocheuses qui entaille tous les chaînons latéraux, et offre une voie de pénétration en zig-zag jusqu'au pied de la muraille principale*.
De même que la plupart des torrents à l'ouest des Rocheuses, TElk débouche dans la Grande Vallée par un canyon tranché à pic, où la rivière descend de 180 mètres au moins sur 25 kilomètres; cette dernière section ne peut servir de passage; elle appartient, comme les chaînons et la vallée des Têtes Plates, au coin accidenté, sauvage et désert, de l'extrême sud-est colombien.
Du pont de Wardner sur la rivière Kootenay (782 m.), la voie ferrée gagne directement Elko, situé à 952 mètres de haut, sur TElk, en amont du canyon inférieur. Cette montée de 37 kilomètres se fait au pied des premiers échelons des Rocheuses, dominés au nord par le Pic des Trois Clochers (2542 m.); la voie y traverse plusieurs criques parmi des terrasses d'alluvions et de graviers déposés par les anciens glaciers, et couverts d'une végétation maigre avec arbres isolés.
D'Elko à Michel, pendant 66 kilomètres, la voie remonte vers le nord-ouest la vallée longitudinale de l'Elk, où elle rencontre bientôt la forêt des montagnes. Parvenue à H62 mètres d'altitude, elle quitte l'Elk et tourne à Test par la gorge de son affluent, la crique Michel ; enfin, au bout de cette gorge, elle s'élève de 61 mètres par un lacet où elle se replie sur elle-même pendant 5 kilomètres, et atteint la passe à 1345 mètres. Depuis Elko, la pente est de 12 millimètres par mètre, pas la moitié de celle que gravit la ligne transversale nord.
Les paliers qui précèdent immédiatement le sommet du col sont occupés par de petits lacs glaciaires, sources de torrents. Sur le versant colombien c'est le lac Sommet à l'entrée même de la passe; sur l'autre, le lac de l'Ile à la sortie, puis le lac du Crows Nest à 1337 mètres. Du côté de l'Alberta, la ligne est dominée au nord par une montagne arrondie de 2 378 mètres surnommée le Nid de Corneille, appellation qui a passé ensuite au col, puis à la ligne. Empruntant pour descendre la vallée de la rivière Crows Nest, la ligne sort des montagnes par une brèche, à 35 kilomètres est du col.
Au nord de la passe Crows Nest et jusqu'à la passe Kananaskis, sur 95 kilomètres, la crête principale forme une arête continue bordée, sur le versant colombien, par des crêtes secondaires égale-
1. C. P. B. Amotated Time Table, Easibound Edition, pp. 59, 62.
t% LA COLOMBIE BRITANNIQUE
ment difficiles à franchir ^ Entre les Rocheuses propres et leurs échelons occidentaux court d'abord vers le sud la gorge longitudinale du haut Elk, boisée, peu pénétrable ; elle ne communique avec la Prairie que par un col élevé et difficile au pied du mont Gould (3230 m.); cette passe descend à l'est sur la branche nord de la rivière Livingstone; on l'appelle North Fork Pass.
Plus au nord, la section supérieure de la rivière Kootenay forme un nouveau couloir longitudinal comparable au premier, et toujours sans communications directes à travers les échelons de l'ouest. A l'est, trois passes élevées franchissent la crête principale, celles de la rivière Kananaskis, reconnue par la mission Palliser en 18S8, de l'Homme Blanc, qui devrait son nom au passage du missionnaire De Smet, le premier blanc qui y suivit les Indiens (1845), enfin celle qui conserve le nom de Sir George Simpson, qui la franchit en 1841. Toutes trois se maintiennent aux environs de 2000 mètres. Elles aboutissent sur le versant d'Alberta à des affluents méridionaux de la rivière aux Arcs {Bow River).
La Bow River oflre, du côté de la Prairie, une brèche et un couloir de pénétration tels qu'on n'en a point rencontré depuis le Crows Nest; c'était, d'après Dawson, le principal passage par où les glaciers « cordillérins » descendaient sur le bord de la Prairie. Grâce à une fortune singulière elle aboutit, sur la ligne de faîte, à une passe moins élevée que les précédentes, celle du Cheval qui rue {Kicking H or se Pass)^ à 1 625 mètres*. Découverte par Sir James Hector, de la mission Palliser, elle a porté quelque temps son nom, puis l'a perdu pour prendre l'actuel, qui vient d'une ruade lancée à Hector par un de ses chevaux au moment où il franchissait le col. Sur la pente colombienne de cette passe * descend à l'ouest le torrent du Cheval qui rue, entaillant tous les échelons secondaires et ne laissant à faire qu'une seule montée pénible. A tous ces avantages, la passe joint celui de se trouver à peu près dans l'axe où la passe Rogers traverse les Selkirk, la passe de l'Aigle, la Chaîne de l'Or (pp. 53 et 58). La nature elle-même marquait le tracé du Canadien Pacifique par ces trois créneaux (coupes des pages 46 et 47).
Comment la ligne traverse Chaîne de l'Or et Selkirk pour atteindre la haute Columbia, on l'a vu plus haut. Arrivée là elle remonte le fleuve vers le sud pendant 45 kilomètres, cherchant une
1. D'après les feuilles au 1 : 40000* publiées par le Topographical Survey of the Bocky Momtains, Ottawa (n*' XXIV-XXV de la Bibl.).