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CHAPITRE VI

Les vents humides de TOcéan laissent leur eau sous forme de pluie ou de neige sur la Chaîne côtière : au cours de cette condensation se dégage de la chaleur latente et, par suite, les vents tombent à la fois secs et tièdes dans l'intérieur; le même phénomène de précipitations sur le versant ouest, de souffles chauds sur le versant est se reproduit de chaîne en chaîne jusqu'au pied des Rocheuses, dans VAlberta. Ces brises de l'ouest, qui arrivent par bouffées, même en hiver où elles fondent la neige, ressemblent au fœhn des Alpes et viennent de causes analogues. Elles ont regu en Alberta le nom

1. Le Yearbook of B, C, 1003, pp. 29-45, publie les moyennes Jusqu'en 1901 pour les précipitations (en pouces), les températures (en degrés Fahrenheit); il indique le nombre des jours de pluies, de neige, les dates extrêmes des chutes de neige et des gelées. Toutes les données antérieures à 1901 ou de Tannée 1901 lui sont empruntées, sauf indications contraires. Je les ai comparées aux observations publiées chaque année depuis par le Service météorologique Fédéral (voir Bibliographie, n*' 22-23), auxquelles elles sont pour la plupart empruntées (précip. en pouces, temp. en Fahrenheit). Toutes les données postérieures à 1001 sont prises au Reports of ihe Meteorological Service, sauf indications contraires. J'ai traduit les pouces en mm., les degrés Fahrenheit en centigrades.

Des cartes des pluies et des températures, avec lignes isothermes, ont été publiées à la fln du Handbook of Canada, 1897, avec un article de R.-F. Stupart, chef du Service météorologique (échelle très petite), à la fln du Report of the Meteorological Service for 1896, paru en 1897 (4 cartes h. t. isoth. et précip. 1* juin, 2*» juillet, 3* août, 4* juin-août) et dans V Allas of Ca,, 1907, Cartes 25-26 A.

Le chef du Service météor. a publié une étude sur les climats des plateaux et des montagnes, Climaie of the Upper Mainland of B. C, dans A.-O. Whbelbb, The Selkirk Range t. I, Appendix D, pp. 410-412.

LA COLOMB» BRrrAMNIQVI. 6

indien de vents chinouques {chinook winds)^ qu*on a adopté en Colombie *.

Les pluies se distribuent fort inégalement entre la région maritime humide, les plateaux intérieurs arides, les montagnes plus arrosées qui forment les trois zones principales allongées du sud-est au nordouest, dans le sens du relief. Si Ton considère les isothermes, on voit immédiatement qu'ils tracent des limites climatiques nord-sud correspondant aux bandes de pluies qui font suite à celles des États- Unis pacifiques et se distinguent de celles qu'on observe à Test des Rocheuses. On dirait que les zones de climat sont comme retroussées contre les lignes de hauteurs au lieu de s'étager parallèlement à l'équateur. Toutefois, dans chacune des bandes qui se succèdent du rivage aux Rocheuses, il faut distinguer un midi où le climat est moins rigoureux et un nord où les vents septentrionaux apportent durant Thiver la neige en abondance. La limite entre les deux varie avec l'altitude ; elle se trouve partout au nord du 51* parallèle.

Les extrêmes de froid s'observent habituellement en mars, ceux de chaleur en juin, surtout à l'intérieur, mais, dans l'ensemble, le mois le plus froid est janvier, le plus chaud, juillet.

lie climat maritime

Multipliant les contacts entre la terre et l'eau, les innombrables découpures des fiords pénètrent jusqu'à l'arête de partage côtière et font sentir sur tout le versant occidental l'action de l'Océan qui toujours modère la chaleur et le froid. Il faut ajouter que le courant tiède venu du Japon longe du nord au sud la côte extérieure de l'île Vancouver; l'eau y accuse 5* centigrades de plus que dans le détroit de Géorgie^.

Pendant la plus grande partie de l'été, l'air se déplace de la mer moins chaude vers les montagnes côtières, donnant naissance à des vents de l'ouest ou du sud-ouest chargés d'eau qu'ils laissent tomber en pluie*. Les souffles du large cessent souvent à la nuit*.

Pendant l'hiver l'appel d'air se fait du nord-ouest et du nord, plus froids : les vents septentrionaux dominent apportant de la neige, mais les tièdes chinouques de l'ouest ne cessent jamais complètement ^ ; parfois ils renaissent un moment fondant la neige sur le sol ou la

\, YearbookofB, C, 4903, p. 48. — Pour le sens de chinouqne, voir p. 166.

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