Geol. Surv. of Ca. Summary Rep., 1900, A, p
INTRODUCTION il
vont en croissant des îles aux montagnes orientales : on en relève jusqu'à près de 2 800 mètres sur le versant est des Selkirk *.
Le manteau de dépôts s'arrête plus bas ; on y distingue diverses formations. La plus constante est une épaisse couche d'argile àblocaux {boulder clay), dure, imperméable, pétrie de galets qu'elle agglomère comme un ciment. Elle a pris assez de corps pour que les mineurs soient souvent obligés de la faire sauter à coups de dynamite; sa couleur habituelle est gris bleu dans la masse, mais présente toutes les nuances du brun rougeâtre à la surface qui a subi l'oxydation par l'air et par l'eau. On la trouve jusqu'à plus de 1 000 mètres d'altitude.
Plus bas, le manteau d'argile à galets se recouvre parfois d'un limon blanc {white silt) formé de sédiments disposés en strates, sans cailloux ou du moins pou graveleux. Les limons blancs ont été reconnus presque partout, sur le versant côtier, aux bords du fleuve Stikine, de la rivière Pelly affluent du Yukon, des rivières Dease et Liard qui forment le Mackenzie comme sur ceux du fleuve Columbia, de la rivière Kootenay et de leurs affluents. Ils semblent s'être déposés dans les lacs qui se formèrent au moment de la fonte des glaces.
Enfin des cordons, des amoncellements de galets, des moraines qui s'échelonnent par-dessus le reste jusqu'au flanc des montagnes et au sommet des cols, marquent les étapes successives des franges de la nappe glaciaire ou des glaciers individuels lors de leur retrait définitif.
Par l'effet de la glaciation, les roches fondamentales n'affleurent pas, si ce n'est dans les cimes qui ne furent pas recouvertes ou dans les tranchées latérales des vallées où les couches ont été mises à nu par l'érosion. C'est là que les géologues ont dû étudier les formations antérieures à Tépoque pléistocène; aussi leurs étages portent-ils fréquemment le nom de l'accident où ils rencontrèrent des coupes naturelles.
On peut dire qu'en Colombie l'agriculture ne trouve guère à s'exercer que sur des sols d'origine glaciaire, la roche en place restant pour elle d'intérêt presque insignifiant.
D'autre part, l'argile à blocaux et les autres dépôts de même origine obligent les eaux de surface à se creuser de nouveaux lits : elles sont cause que le réseau hydrographique apparaît plus enchevêtré et
1. Geol. Surv, of Ca, Summary Rep., 1902, A, pp. 70, 87 (Vancouver), 146 (Chaîne de rOr, Rossland); i905, A,46-48 (Selkirk, Lardeau), 93 (id., Nelson); 190^^ 83-85 (Lardeau).
plus indécis que ne laisseraient supposer les lignes grandes et simples du relief fondamental (pp. 41, 44-46, 62).
Auprès des alluvions pliocènes et des empâtements glaciaires, les formations contemporaines semblent insignifiantes. Les principales consistent en sables, graviers, boues et deltas, dus au travail des cours d*eau. Des tourbières occupent les creux humides de la côte et des îles. On ne trouve guère d'humus * parce que les parties boisées ont trop de pente et sont lavées par les eaux et que les régions planes ne possèdent qu'une végétation fort maigre dont les débris ne sauraient enrichir le sol.
La mer parait s'être retirée des côtes probablement après la période glaciaire. Des terrasses marines avec coquillages apparaissent en effet à une dizaine de mètres au-dessus de l'Océan dans le sud de Vancouver près de Victoria, à une centaine sur la grande côte en face dans l'Entrée de Burrard; mais les observations restent trop fragmentaires pour qu'on puisse accepter sans réserves l'hypothèse de Dawson sur une invasion de l'Océan entre les deux époques glaciaires *.
Si l'histoire géologique de la Colombie se fait en prenant comme base la région centrale, l'étude des phénomènes actuels, physiques ou économiques, devient plus claire quand on part de la côte. Abordée par l'Océan, la Colombie présente un ensemble de gradins alignés du sud-est au nord-ouest et de plus en plus hauts à mesure qu'on s'avance dans l'intérieur.
D'abord se présentent les îles Vancouver et de la Reine Charlotte, sommets d'une Chaîne maritime dont la base repose sur un plateau submergé ; en Colombie leur point culminant, dans l'île Vancouver, s'élève à 2 300 mètres au-dessus du niveau marin.
Puis la Chaîne côtière, continue, presque impénétrable, s'allonge sur 1 400 kilomètres avec une largeur de 4 50 à 200 : elle atteint environ 2 600 mètres aux environs du 50* parallèle, presque sous la même latitude que le plus haut sommet de l'île Vancouver.
En arrière s'étalent les plateaux intérieurs, hauts de 600 à 1 500 mètres, larges de 120 à 350 kilomètres.
A leur bordure orientale ou plus exactement sud-est, se dressent des séries de hauteurs dont l'altitude croît à mesure qu'on s'avance vers l'intérieur, d'abord la Chaîne de l'Or et les monts Selkirk longs de 700 kilomètres si l'on compte leur prolongement du Caribou , larges au sud de 150, avec des sommets qui, sur l'arête principale