Bancropt, t. XXVII, p
lement anglais que le monopole de tont commerce et les droits régaliens qu'elle détenait dans ses autres possessions lui fussent attribués également sur tout ce qui est aujourd'hui la Colombie britannique, jusqu'en 1841, avec possibilité de renouvellement. Son privilège fut en effet prorogé entre 1835 et 1843 jusqu en 1859, puis en 1863 pour sept années; mais cette fois le gouvernement se réservait le droit de le révoquer à tout moment; il s'en servit en 1867.
Comme principal objet, la Compagnie de la Baie de Hudson se proposait le commerce des fourrures. Elle s'efforçait de faire durer les animaux recherchés, et par suite son négoce et ses bénéfices, en réglementant la chasse. Par exemple, elle avait arrêté qu'on ne prendrait les castors qu'une année sur cinq^ De semblables mesures présentaient encore un avantage, celui de ne pas recueillir trop de peaux pour la demande et de maintenir ainsi les cours que menaçait, pour le castor, l'invention des chapeaux de soie. Comment faire respecter les règles établies si des concurrents pouvaient venir acheter les peaux en période interdite? Voilà pourquoi le commerce des fourrures avait poussé la Compagnie à user de son crédit pour se faire concéder la maîtrise exclusive non seulement des échanges, mais encore de l'administration elle-même.
En dehors du commerce de fourrures, le monopole des achats et des ventes était précieux pour une compagnie qui tenait le littoral. Il est vrai que les tles ne pouvaient plus fournir de peaux de loutres marines, car depuis 1786 ces animaux avaient été rpassacrés par une chasse sans merci. Les bateaux de la Compagnie des Indes ne venaient plus chercher de pelleteries pour la Chine, mais d'autres acheteurs avaient appris le chemin de Nootka : c'étaient les baleiniers, nombreux alors dans le Pacifique, ou les voiliers de charge faisant la navette entre l'Amérique et Honolulu, grand port de relâche pour les pêcheurs de cétacés. Sans concurrents, la Compagnie de la Baie de Hudson leur vendait à bon prix le bois de ses forêts, le saumon et les autres poissons pris sur place et séchés dans les « caches », la farine importée d'Angleterre; elle achetait pour le revendre le sel de Californie, le café et les sucres de la côte méridionale américaine, le riz d'Extrême-Orient. En 1830, elle établit un magasin à Honolulu, en 1841, un dépôt à San Francisco, alors mexicain \ Pour son trafic, elle se servait d'une flotte marchande i elle, ses navires vinrent d'abord d'Angleterre; en 1829 elle se mit à en faire construire dans ses établissements du Pacifique.