‹ La Colombie ÉconomiqueChapitre 108 sur 174 · Bolelin de Estadistica, 1912, op. cit · texte numérisé non relu

Bolelin de Estadistica, 1912, op. cit

ensemencer leurs terres comme leurs confrères du Mexique ? Nous l’ignorons, ou plutôt ce sont eux qui ignorent sans doute tout ce qu'ils peuvent tirer de l’agave d'Amérique. Ses fruits sont aussi utilisés : on en fait de précieux condiments, et dans certaines régions, ils servent à préparer une boisson fermentée, le pulque des Mexicains'. Cette plante, à la tige très droite, pousse avec une rapidité étonnante.

Voici les chiffres d'exportation pour 1908, bien infé-

rieurs à ce qu'ils devraient être? :

Kilos. Dollars.

Pour l'Allemagne. . . . . 55 5 Pour les autres pays . . . 20 5) Pour la Grande-Bretagne . 4.500 240 Soitau total Le TM ASTS 250

Fougères arborescentes. Les macanas ou fougères arborescentes, rapporte Reclus*, sont à peine moins nombreuses que les palmiers dans les forêts colombiennes. Linding en à compté trente-deux espèces dans la partie des Andes située au Nord de l’Équateur. La zone de croissance où l’on trouve ces fougères, est beaucoup plus étendue qu’on ne le croyait jadis. On rencontre ces plantes non seulement dans la zone tem-

pérée, mais aussi d’une part à 200 mètres d'altitude

ARS. Peireira, Les États-Unis de Colombie, 1899. 2. Boletin de Estadistica, etc., 1919, op. cit. 3. Reclus, Géographie, op. cit.

seulement et d’autre part jusqu’à 3.500 mètres. Cependant elles sont la caractéristique de la zone tempérée. Les planches formées avec les troncs de ces fougères sont très résistantes, et on les emploie, dans certaines régions de Colombie, notamment à Fusagasugé pour planchéier les routes par trop boueuses où l’on risquerait de s’enliser.

Bambou. Le bambou (bambusa gradua) qui, comme on le sait, sert à une foule d’usages et est si recherché à cause de sa légèreté qui n’exclut pas la solidité, n’est pas, comme on le croit souvent, une plante essentiellement tropicale. Sa véritable zone est entre 1.000 et 1.800 mètres, bien qu’on le rencontre parfois à des altitudes de plus de 4.000 mètres.

Zone froide. Elle commence à 2.600 mètres', et sa température moyenne ne dépasse pas 15 degrés. Les principales villes de cette zone sont : Bogotd, capitale de la République, altitude 2.640 mètres, température moyenne, 15 degrés; Tunja, capitale du département de Boyaca, altitude 2.793 mètres, température moyenne 132; Santa Rosa de Viterbo, dans le même département, altitude 2.591 mètres?, température moyenne 146; Zipaquird, département de Cundinamarca, altitude 2.650 mètres, température moyenne 14°%5 ; Facata-

1. Diaz Lemos (op. cit.) la fait commencer à 3.000 mètres; nous ne croyons pas cette opinton exacte.

2. Bien que n'’atteignant pas tout à fait 2.600 mètres, Santa Rosa

doit être classée dans la zone froide, Cette délimitation n’a d’ailleurs rien de rigoureux,

tva, 2.600 mètres, température 13°1 ; Choconta, 2.660 mètres, température 14°; ces deux villes dans le Cundinamarca ; Pasto, capitale du département de Nariño, 2.638 mètres, température 14°7, etc.

On peut dire d’une façon générale que les cultures de la zone froide colombienne sont les mêmes que celles d’une partie de la France et de l’Europe centrale. On y cultive le maïs comme dans la zone tempérée, et comme dans cette zone, on rencontre le quinquina (jusqu’à 3.000 mètres seulement) et le palmier à cire (jusqu’à 3.300 mètres), mais ce qui caractérise la zone froide, c’est l'abondance des légumes (pommes de terre, asperges, lentilles, laitues, fèves; panais, persil, pois chiches, oignons, etc.) ; des céréales (blé, seigle, avoine, orge, riz, maïs), des prairies (luzerne, trèfle, etc.) ; des fleurs (rose, dahlia, lilas, camélia, violette, géranium, etc.) et des fruits qui mûrissent sans avoir besoin de culture (pommes, prunes, poires, etc.). Les forêts donnent des essences de la plus grande utilité, comme le noyer et le pin. Suivant Caldas, les limites des terrains boisés en Colombie sont à 3.365 mètres et celles de la végétation à 4.328 mètres.

On a une idée de la variété de récoltes que l’on peut faire dans la zone froide, en parcourant le plateau de Tuquerres. Ce plateau, situé à 3.100 mètres, renferme une infinité de cultures ; on peut dire qu’il est cultivé pouce par pouce et le terrain paraît indéfini.

Au delà du rio Sapuyes, c’est la même profusion de

terres ensemencées, et quand la vue s’égare à travers la province de Obando, l'imagination perd la notion du nombre d'Indiens agriculteurs qui, à raison de 2.000 par lieue carrée, doivent occuper cette vaste plaine.

Cette fécondité des plateaux de la zone froide colombienne est connue depuis longtemps. Déjà en 1823, Mollien? écrivait à propos de la plaine de Bogoté : « .… Les céréales viennent avec une rare abondance : toutes les campagnes sont couvertes d'orge, de froment, d'avoine et de pâturages excellents. Spectacle merveilleux, que celui de campagnes aussi riches que la Beauce, à une hauteur où en Europe on ne trouve que des neiges et où l’homme a peine à vivre!

… Il faut convenir que le plateau de Bogotä surpasse par son élévation, son étendue et sa fécondité prodigieuse, ce que l'esprit de l’homme peut imaginer de plus beau... »

Pour faciliter l'introduction de nouvelles espèces, et inciter davantage à la culture, le gouvernement colombien à fort intelligemment décrété que les plantes et graines importées par les passagers jusqu’à 5 kilos, ne seraient pas réputées comprises dans le poids des bagages et seraient admises en franchise *.

Nous n’allons pas étudier successivement chaque es-

pèce de céréales, puisqu'elles poussent toutes dans les

1. Miguel Triana, Por el sur de Colombia, déc. 1907. Paris. 2. Mollien. Tome 1, pages 83, 84.

2. Diario oficial de la Republica de Colombia, 10 janvier 1909,

mêmes régions. Nous allons simplement passer en revue les départements qui les cultivent, puis, pour terminer ce chapitre, nous parlerons des prairies et de l'élève du bétail, qui sont déjà et doivent être encore bien davantage une source de richesses pour la Colombie.

Céréales. Dans le département de Bovyacä, on récolte une grande quantité de céréales et tous les fruits des différents climats. Dans le département de Cazpas, On produit tous les fruits propres aux climats froid et chaud de la zone intertropicale colombienne. Dans les hautes terres des Cordillères, on cultive le blé, l'orge, le maïs et autres céréales. L'agriculture est très développée dans le CunpiNamarca, spécialement dans les vallées du Rionegro, du Funza et du Fusagasugä, où on cultive beaucoup de blé; dans les départements de Huiza, de MacpaLena et de NariNo, où les céréales sont florissantes. Dans ce dernier département, la culture du blé occupe le quart des terrains laissés à l’agriculture dans la zone froide. On produit aussi en abondance l’orge, qu’on utilise comme aliment à la fois sain et nutritif. Avec les pommes de terre et autres produits du même genre, l'orge constitue la base de l'alimentation de la race indigène qui habite les plateaux de Tüquerres et Obando. Tous ces aliments, en grande abondance, arrivent jusqu'aux populations de la côte, évitant ainsi

la concurrence des produits agricoles des États-Unis

d'Amérique, qui jusqu’à présent n’ont pas été consommés dans les villes du littoral. Dans le Norte pe SANTANDER la production du blé en 1911 à donné 15.000 charges ; enfin, dans le SANTANDER, on le récolte en abondance, ainsi que le mais, l’ orge, etc.

Prairies. Élève du bétail. Parmi les richesses de la Colombie, l'élevage du bétail’ n’est pas une des moindres. Déjà les plaines du Nord en font un commerce considérable; selon M. Loraine Petre 1, elles exporteraient annuellement à Cuba 6.000 têtes de bétail. Il est certain que les pâturages sont illimités en Colombie et que le bétail est bon, mais ne le serait-il pas, qu'il mériterait quand même de l'intérêt en raison du commerce des peaux.

Les principaux centres de l’industrie du bétail dans les zones froides des départements de Cunpixamarca et Boyaci, se trouvent dans les riches et immenses savanes de Bogoté, Ubaté, Chiquinquiré et Sogamoso.

La superficie de ces terres, grasses et abondantes prairies pour l'élevage et l’engraissement du bétail à cornes et à laine, et où se trouvent les fermes les plus renommées des hauts plateaux, est d’une contenance d'environ cent vingt lieues carrées.

Les systèmes employés pour le développement de l'industrie de l'élevage dans ces régions de la Colombie ont été ceux de la tradition coloniale, sans aucun pro-

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