Loraine Petre, op. cit
grès, jusqu'au jour où, grâce au stimulant des expositions industrielles de 1871 et 1872, les éleveurs commencèrent à se convaincre des avantages que l’on pouvait obtenir par les études scientifiques et pratiques pour l'amélioration des races, tantôt par le croisement avec des produits étrangers, tantôt par l’acclimatation et culture de nouvelles variétés accréditées en Europe et Amérique.
Les races de Hereford, de Hollande et de Durham ont été acclimatées en Colombie. L'exposition de 1910 a dépassé en heureux résultats les précédentes et est venue confirmer que l’industrie du bétail est appelée à prendre un développement considérable dans la République.
Des études que des personnes compétentes ont faites, au sujet des différentes races, on peut déduire les conclusions suivantes, de nature à rendre service à ceux qui voudraient se consacrer, à l’industrie de l’élevage en Colombie :
1° La race Durham est supérieure à toutes celles qui ont été exposées pour sa précocité, l'abondance et la qualité de sa viande, résultat d’une rapide et parfaite assimilation des fourrages. |
2 La race Suffolk, d’origine anglaise et dont la caractéristique est l'absence de cornes, vient après la Durham pour la précocité et la production de viande et de lait. Elle est reconnue comme plus rustique.
3° La race Hereford, d’origine germanique, est celle
qui possède au plus haut degré cette inestimable qualité de rusticité, qui lui a permis de s’acclimater dans la Savane de Bogotä il ÿ à plus de vingt-cinq ans. Elle est remarquable pour son rendement en viande et ses qualités de trait.
4° La race normande manque de précocité, mais est très appréciée pour le lait, la viande et l’attelage. Une vache de cette race n’est pas considérée comme laitière si elle donne moins de vingt litres de lait par Jour.
5° La race hollandaise, qui a la même origine que la Durham, est la meilleure productrice de lait, qu’elle fournit en abondance, riche et épais. Elle a en outre l'avantage de la rusticité. |
6° ( vieille race irlandaise, variété South Devon, donne de magnifiques vaches laitières et produit des bœufs de premier ordre. Elle se recommande aussi par sa rusticité.
En ce qui concerne le bétail à lainé, les premiers types metis, de race anglaise, ont été présentés à l'Exposition de 1870 et 1871. En 1880 et 1881 les reproducteurs des races Southdowm, Costvold et Mérinos de Saxe ont été exposés en Colombie; et en 1899 et 1907, en outre des races antérieures, des types très intéressants des races d'Orfordshire et Shropshire ont figuré aux expositions.
L'industrie de l'élevage est également florissante dans la vallée du Magdalena, dans le département de
Cundinamarca.
La riche vallée du Cauca, qui a formé en grande parue le nouveau département de EL Vazzr, s'étend sur 200 kilomètres du Nord au Sud et 15 de l'Est à l'Ouest, en moyenne, car en certains endroits elle est plus large, mais en d’autres, elle n’a guère que 7 ou 8 kilomètres. La température moyenne est de 26 degrés centigrades, mais aux mois de juillet et août, janvier et février, elle atteint 30 et 32 degrés. La vallée du Cauca est traversée dans toute sa longueur par des rivières plus où moins importantes, en général d’eau potable, entre autres les rios de Bugalagrande, Tulud et Las Guabas dont les eaux sont excellentes à boire.
Le fleuve qui donne son nom à la vallée est navigable pour des embarcations de faible tirant d’eau, sur une longueur de vingt-cinq à trente lieues. Grâce à ses erues dans la saison des pluies (avril, mai, octobre, novembre et décembre) il féconde ses rives, spécialement à droite, de façon très heureuse pour l’agriculture et les pâturages artificiels.
Les prairies naturelles sont nombreuses et bien appropriées à l'élevage de toutes sortes de troupeaux : l'espèce bovine, principalement, s’élève très bien et constitue la principale richesse des habitants, qui tantôt vendent leurs bêtes âgées de 2 ou 3 ans, dans les départements voisins d’Antioquia et Tolima et tantôt es engraissent dans leurs prairies artificielles. En outre, le lait et le fromage se vendent à bons prix et
constituent pour les propriétaires une rente journalière
qui leur permet de subvenir aux frais de conservation et d'amélioration de leurs fermes.
Si les éleveurs ont soin de ne pas exagérer le nombre des animaux sur un même pâturage, les prairies ne s’épuiseñt à aucune époque de l’année. Les terres de cette région offrent donc un avantage considérable pour l'industrie de l’élevage. En général chaque hectare de prairie naturelle nourrit trois têtes de bétail ; et dans certains endroits on pourrait aller jusqu'à quatre ou cinq. Dans les prairies artificielles, on engraisse en général deux bêtes par hectare.
Beaucoup de prairies sont propres naturellement, sans l'intervention de la main de l’homme, ce qui permet à leurs propriétaires d'obtenir de très bons résultats de l’élevage du bétail ; ils évitent en effet les frais que demande d'habitude le nettoyage des prairies embroussaillées. De même, dans certains herbages, on peut éviter de donner du sel au bétail pour sa reproduction et son développement, même s’il s’agit de l’engraisser dans des prairies artificielles.
En résumé on peut considérer les terres du Cauca comme particulièrement avantageuses pour la producüon et l’engraissement du bœuf et pour l'élevage du cheval et du mulet.
Les Cordillères centrales et occidentales des Andes, au milieu desquelles est située la vallée du Cauca, se prêtent beaucoup à l’élevage du mouton et de la chèvre,
mais il y a peu de temps elles étaient presque désertes.
Le prix d’une fanègue de prairie naturelle est de 8 20 à 8 25 or, et celui d’une prairie artificielle de 8 40 à 50.
L'absence de statistique ne permet pas d'indiquer avec exactitude le nombre de têtes de bétail qui se trouvent dans le département de El Valle, mais grâce à des renseignements particuliers, que nous avons pu obtenir, nous pouvons considérer comme assez près de
la vérité le tableau suivant.