‹ La Colombie ÉconomiqueChapitre 11 sur 174 · fie ce td; Kf paret Lars · texte numérisé non relu

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(1532) ; Francisco Cesar, Vadillo et Robledo parcoururent les régions de l’Antioquia et du Cauca ; enfin Quesäda (1535-1544), parti de Santa Marta sur l’Atlantique en 1536, suivit une route voisine du Magdalena jusqu’au fleuve Opon, puis pénétra dans l'empire des Chibchas, qu'il conquit après des combats terribles. Get empire était le plus civilisé de tous ceux que les Espagnols avaient rencontrés depuis le commencement de leurs conquêtes. Il comptait un million d'habitants, et sa capitale, Bacata (devenu Bogota), vingt mille constructions. Quesada appela le pays qu'il venait de conquérir, Nouveau Royaume de Grenade. M y établit la domination espagnole. La Nouvelle-Grenade fut d’abord divisée en provinces, Panama, Veragua, comprises dans l’audience de Panama ; et Santa-Marta, Cartagena, Nouveau-Royaume et Popayan, comprises dans l’audience de Santa-Fé ; le tout dépendait du viceroyaume du Pérou, fondé en 1542. La Nouvelle-Grenade fut une présidence en 1564, une vice-royauté en 1719, une présidence en 1724, et, une vice-royauté en 1740, qui comprit également le Vénézuéla et l'Équateur, Jusqu'en 1810 époque de l'Indépendance.

Quand parvinrent dans le Nouveau-Mondeles succès des troupes françaises en Espagne, on crut la monarchie déchue et les créoles jugèrent le moment opportun pour engager l’action qui devait conduire à l’indépendance. C’est à Miranda que revient l'honneur d’avoir

préparé, organisé et conduit la Révolution ; c’est lui

k LA COLOMBIE ÉCONOMIQUE

qui inspira Bolivar, San Martin et O’Higgins. Le mouvement eut pour point de départ la déposition du capitaine général du Venezuela, Emparän, à Caracas, le 19 avril 1810, par les libéraux et le Cabildo'. À peine constituée en « Junte conservatrice des Droits de Ferdinand VII? », la municipalité de Caracas, qui gouvernait le Vénézuéla, invitait par une proclamation tousles cabildos sud-américains à suivre son exemple. Le manifeste commençait par ces mots : «€ Les patriotes de Ca- « racas doivent être imités par tous ceux d’entre les « habitants du Nouveau-Monde en qui la trop longue « accoutumance de la servitude n’a point encore aboli « toute espèce de relèvement... »

La municipalité de Santa-Fé était favorable à la révolution ; elle réclamait le cabildo abierto (municipalité ouverte).

Les révolutionnaires saisirent l’occasion de l’arrivée des commissaires royaux pour déchaïîner un mouvement populaire. Le vice-roi finit par accorder l’assemblée extraordinaire que réclamait le cabildo. Jusqu'à trois heures du matin, on discuta sans trêve. Le viceroi se soumit aux décisions de l’assemblée ; à trois heures et demie du matin, le procès-verbal de la séance était signé et Santa-Fé avait sa junte indépen-

1. Le Cabildo était l'assemblée des représentants de la ville, l'équivalent de notre conseil municipal:

2. « Les droits de Ferdinand VII » étaient une formule, car les li-

béraux ne voulaient pas plus être soumis à l'autorité du roi dépossédé qu'à celle de Joseph.

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