décembre
2. Courcelle-Seneuil écrivant au xIx° siècle, il s'agit de la fin du xvine siècle.
caractère commercial et non officiel, les négociants, encore sous l'impression du désastre de la Caisse d’escompte, eurent peur en voyant les relations étroites de cette banque avec le gouvernement. Les actions ne se souscrivant pas, le président du conseil d’administration, pour dissiper cette méfiance, dut faire publiquement un exposé des statuts de la Banque, d’où nous extrayons ce qui suit :
« La Banque n’est gouvernementale à aucun point de vue ; elle est indépendante par sa fondation même qui est le fait de particuliers ; elle est indépendante par ses statuts ; elle est affranchie des obligations qu’aurait pu lui imposer un contrat avec le gouvernement on un acte législatif. La Banque existe sous la protection des lois générales et seulement par la volonté collective de ses actionnaires !, »
Nous croyons que, de ce qui précède, se dégage une conclusion bien nette : la banque d’État, entre les mains du pouvoir, est un instrument dangereux pour la fortune publique. Sans vouloir faire ici de politique ni de digressions, il ne faut pas être grand prophète pour voir comment notre trop célèbre ministre des Finances, qui ne veut pas d'emprunts, bouclerait son budget s’il était maître absolu des destinées de la Banque de France ! Heureusement qu’elle est indépen-
dante et qu’elle peut opposer une barrière infranchis-