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États-Unis n’ont pas craint de promulguer une loi, dite loi Adamson qui exempte des taxes du canal les navires côtiers battant pavillon américain. Il semble cependant que le président Wilson n’envisage pas les choses de la même facon, et suivant le Wor/d, au cours d’une conférence qui a eu lieu le 28 janvier 1914 à la Maison- Blanche, il a vivement conseillé de modifier la loi Adamson. « Il vaut mieux, a dit le président Wilson, résoudre ainsi cette question que de la laisser porter devant un tribunal d'arbitrage, et courir le risque que celui-ci se prononce en faveur de la Grande-Bretagne. » Le World ajoute que les vues du président Wilson ont été appuyées par M. Root, et qu'aucun membre de la commission n’y a fait opposition. On a donc lieu d’espérer que les droits de transit seront les mêmes pour tous. On pense qu’ils ne seront pas inférieurs à 50 cents ni supérieurs à 1 dollar 50 par tonne-registre ‘ de jauge américaine.
Un avenir considérable est réservé au canal interocéanique, ainsi que l’on peut s’en convaincre en constatant le développement qu'ont pris les régions occidentales de l'Amérique du Sud et de l'Amérique Centrale depuis le commencement de ce siècle. Leur commerce extérieur, en dix ans, a complètement doublé, ce qui
n’a pas empêché le commerce intérieur de grandir
4. La tonne-registre est l’unité de capacité inscrite (enregistrée) sur les papiers du bord, suivant le mode de mesure adopté par le pays auquel le navire appartient (François Mange).
encore plus vite. C’est vers l'Amérique latine que l’attention du monde, attirée vers ce continent par l’ouverture à grand fracas du canal de Panama, va se porter maintenant. Les 70 millions d'habitants qui peuplent ces régions, lointaines pour nous, sont peu de chose par rapport au nombre d'hommes qu'elles pourraient nourrir. Nous avons vu que là Colombie avait une population très minime par rapport à l’étendue de son territoire; il faut espérer, et cela est très vraisemblable, que l'ouverture du canal supprimant les transbordements redoutés des voyageurs, dirigera vers elle le courant d'immigration qui maintenant descend vers l'Argentine.
€ Quelque jour, dit M. Fraser’, l’on s’attaquera sans doute aux forêts vierges de la Colombie, riches en essences précieuses, et un trône ‘attend chez elle un futur roi du coton. On se rendra compte aussi des avantages évidents que comporterait la construction d’un chemin de fer à travers l’intérieur, permettant de faire bénéficier le monde des trésors agricoles ou minéraux que recèle son sein. »
Puisque l'ouverture du canal de Panama doit être pour la Colombie une source de richesses nouvelles, qu'elle se prépare donc à ce grand événement mondial, qu'elle assainisse ses ports et les mette en état de recevoir les flottes du monde entier. Le gouvernement de