‹ La Colombie ÉconomiqueChapitre 32 sur 174 · Diaro oficial, 16 février 1912, n · texte numérisé non relu

Diaro oficial, 16 février 1912, n

2. Il est hors de doute que le chemin de fer passera par Palmira, ville très importante de 27.400 habitants, et par Cartago, ville de 16.000 habitants, toutes deux dans le département d'El Valle. Nous supposons qu'ensuite la voie se dirigera brusquement vers le S.-E., passera à Salento, puis ira directement à l'Est jusqu’à Ibague, ville de 24.500 habitants, capitale du département de Tolima, et de là à Girardot.

3. D'après M. Restrepo Plata, ministre des Finances, ce chemin de

fer mettra Bogota à 24 heures seulement de la mer. (Informe del ministro de Hacienda, 1912.)

créaient des difficultés sur le canal et le chemin de fer de Panama, le moyen de faire communiquer ses ports de la mer des Antilles avec ceux du Pacifique, et de desservir une partie de sa région occidentale, sans recourir à la navigation du Cauca. Ce chemin de fer aurait en outre l'avantage de faire communiquer le Cauca et le Magdalena, par Cartago et Girardot.

Le chemin de fer de la Sabane, qui unit Bogotä à Facatativä (10.000 habitants). La distance qui sépare ces deux villes est de 42 kilomètres ; nous avons vu que cette ligne avait été raccordée récemment à celle de Girardot. Malheureusement l’écartement des voies n’est pas le même, ce qui oblige à un transbordement. Le ministre des Travaux publics, dans son compte rendu aux Chambres de 1913:, a proposé une baisse des tarifs du chemin de fer de la Savane, pour favoriser l’industrie et obtenir un rendement meilleur. Selon lui, les produits de l’exploitation ainsi augmentés, devraient être divisés en trois parts : une destinée au service de Ja dette du chemin de fer, une autre affectée à la construction de la station centrale et l'amélioration de toute la ligne, enfin la dernière employée à l'établissement d’un prolongement de Facatativa à Subachoque ou à la pose d’un nouveau rail pour permettre le passage des trains d’une compagnie à l’autre. Le mouvement de l’entreprise a été en 1911 de 276.474 voyageurs et

4. Memoria del ministro de obras publicas al congreso de 1943. Bogotä, 1913.

64.351 tonnes de marchandises donnant un produit brut de & 263.203 et un produit net de $ 126.836 *. Pendant l’année 1912, il a été de 381.957 voyageurs et de 76.662 tonnes de marchandises pour une valeur brute, y compris divers revenus de la Compagnie de 8 283.500, moins $ 147.266 de frais.

Le chemin de fer de Santa Marta qui doit unir le port de ce nom (9.500 habitants), capitale du département de Magdalena, au rio Magdalena. — Cette ligne, d’après la loi 61 de 1903, devait être terminée le 31 octobre 1911, sous peine de révocation du privilège de la Compagnie. Comme elle ne l'était pas à cette date, le gouvernement pouvait exercer son droit qui est d’obliger la Compagnie à vendre la ligne soit au département de Magdalena, soit à lui-même, soit à une autre Compagnie. Il a hésité à le faire, car en admettant même que la Compagnie ne se défendit pas et ne provoquât pas un procès, le département ou lui assumeraient une charge très lourde, car seuls, le chemin de fer de Barranquilla et celui du Sud donnent un bénéfice suffisant pour assurer le service de la dette que contracterait le gouvernement en cas de rachat. — Une autre solution serait d’obliger la Compagnie concessionnaire à vendre à une autre Compagnie, mais celle-ci serait forcément étrangère, ce que ne veut pas

le gouvernement, qui cherche à nationaliser les voies

4, Informe del ministro de obras publicas, 1912.

ferrées colombiennes. Nous disons qu’elle serait forcément étrangère, parce qu'une Compagnie nationale aurait à payer aux capitaux empruntés une rente de 12 à 15 pour 100, ce qui représente l'intérêt minimum en usage dans le pays, rente qui serait à peu près égale au rendement net de l’entreprise, tandis qu'une Compagnie étrangère placerait ses titres dans son propre pays, à des capitalistes qui se contenteraient de 7 pour 100 maximum.

Dans cette alternative, le gouvernement à pris un moyen terme et à préparé un nouveau contrat avec la Compagnie concessionnaire, où il est dit que si la Gompagnie n'a pas poussé la ligne jusqu’à Anguani dans un délai déterminé ou a donné des préférences à certains

chargeurs, son privilège sera limité aux portions de la

voie construite et en exploitation. Le même contrat,

dans son article 3967, oblige la Compagnie à charger dans le premier train qui passe les fruits et autres comestibles susceptibles de se détériorer et, dans son article 40, met à sa charge la valeur totale de la marchandise non

transportée, en cas d'infraction à l'article précédent *.

|. La grande utilité des dispositions de ce contrat apparaîtra plus clairement quand on saura le scandale de presse qui a éclaté dans ces dernières années à propos du chemin de fer de Santa Marta. Cette Compagnie a été accusée de subir l'influence prépondérante de la Compagnie fruitière (United Fruit Company), influence qui aurait occasionné la ruine d'innombrables agriculteurs colombiens de la région. Voulant avoir le monopole à tout prix, la Compagnie fruitière agissait de telle façon, dit-on, qu'en beaucoup de circonstances les bananes des particuliers n'étaient pas transportées si ceux-ci ne les

En janvier 1912, 98 kilomètres étaient construits et 100 en construction. Le trafic pour l’année 4911 a donné 170.047 voyageurs ayant rapporté 8 65.353, et 136.287 tonnes de marchandises ayant produit 8 435.743. Le produit brut a été de 513.937 et les frais de & 618.974. Pendant l’année 1912, il y a eu 180.252 voyageurs et 135.698 tonnes de marchandises; le produit brut y compris divers revenus de la Compagnie a été de $ 509.716 et les frais de 395.392, laissant un produit net de 8 114.324.

Le chemin de fer du Sud qui met en communication Bogoti avec Soacha. Il a été racheté par l’État Colom-

vendaient pas à la dite Compagnie à prix très réduit : prétextant tantôt une raison, tantôt une autre, les trains passaient, paraît-il, par les stations sans prendre les fruits appartenant à certaines personnes, ou négligeaient d'y passer pour ne pas se voir obligés à les prendre. Nous ne savons pas ce que peuvent avoir de fondé ces accusations, mais il est certain que la Compagnie fruitière étant le principal client du chemin de fer, la Compañia de Santa Marta aura toujours des considérations particulières pour la Compagnie fruitière ; seulement cela ne doit pas être au détriment d’autres chargeurs.

La United Fruit Company, à la fin de 1912, a mis en demeure Ja Compagnie du chemin de fer de Santa Marta de ne transporter sur les embranchements lui appartenant, que les fruits provenant de son exploitation ou achetés par elle. A la suite d'un long échange de télégrammes entre la Compagnie de chemin de fer, la Uniled Fruit Company et le ministre des Travaux publics, celui-ci a décidé le 2 juin 1913 que « la United Fruit Company était bien propriétaire de son embranchement dit Tablazo, mais que le chemin de fer de Santa Marta devrait effectuer les transports (par conséquent sans restriction aucune) sur tous les embranchements qui se raccordaient à la ligne principale et que si la United Fruit se croyait lésée, son recours était ouvert devant le pouvoir judiciaire. »

bien en vertu de la loi 73 du 13 novembre 1912 approuvant le contrat passé par le gouvernement avec The Colombian Southern Railway C° IA et la Compañia Colombiana del Ferrocaril del Sur. Ses voies sont raccordées aux lignes du Nord et de la Savane, et comme l’écartement (1 mètre) est le même pour les trois chemins de fer, il s’en suit un trafic assez important entre elles. Suivant les études de l'ingénieur Enrique Morales, il sera possible de relier le chemin de fer du Sud à celui de Girardot!,

Cette ligne a beaucoup d'importance, car la partie Sud de la Savane de Bogota est des plus fertiles : on y cultive notamment beaucoup de caféiers qui passent pour donner la meilleure qualité de toute la Colombie.

Le ministère des Travaux publics? a commencé la construction de 9 kil. de ligne pour prolonger le chemin de fer jusqu’au saut de Tequendama, ce qui augmentera beaucoup les bénéfices de l'entreprise, avec les mêmes éléments qu’elle possède aujourd’hui. Cette branche du réseau desservira en effet, les mines de charbon les plus riches et de la meilleure qualité qui soient exploitées sur le territoire de Cundinamarca et transportera de nombreux touristes à la fameuse cataracte du rio Funza, une des merveilles de l'Amérique du Sud. Ensuite on prolongera la ligne jusqu’à Fusagasuga, station charmante où villégiature la société de

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