‹ La colonel RoquebruneChapitre 43 sur 130 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

ÉMILIENNE, bas.

N'ouvre pas avant que je te le dise.

Déborali s'éloigne et sort avec le valet. — Thérèse sert le thé. Émiliénne va l'aider.

LA MARQUISE, à Moigaeville.

J'aurai plaisir à revoir le colonel. Et je pense que je ne serai pas seule ici. Sans son attachement pour Napoléon, il serait mon neveu. Mais ce qui est différé n'est pas perdu. Il a notre parole. D'ailleurs, c'est un très beau parti : comte, riche de soixante mille livres de rente. S'il était resté, il serait général dans la garde. Mais qu'il consente à être sage et tout s'arrangera.

MOIGNEVILLE.

Sage ? Demandez à l'ouragan d'être sage, mais pas à Roquebrune...(llvaà Émiliénne, pendantqu'Henri et Thérèse sont groupés près de la marquise ; il tient sa tasse de thé à la main d'un air très indifférent.) Il est de votre intérêt que je vous parle cinq minutes, ce soir même. '

ÉMILIÉNNE.

Quand ma tante sera montée chez elle, je resterai ici avec Thérèse. Revenez...

MOIGNEVILLE.

C'est bien.

Il revient à la marquise.

HENRI

Ma tante, je vais vous demander la permission de me retirer.

LA MARQUISE

Bonsoir, mon cher enfant. Ma foi, cette excursion à la campagne m'a fatiguée.

MOIGNEVILLE.

Baron, voulez-vous m'attendre cinq minutes, je vous mettrai à votre hôtel, j'ai ma voiture.

HENRI

Grand merci, monsieur; mais j'ai fort peu de chemin à faire... Je ne vous embarrasserai pas de moi. Du reste, La Ghabraque m'attend.

MOIGNEVILLE.

Alors, au revoir. (Henri sort, a la marquise qui se lève et, accompagnée par Thérèse, s'apprête à sortir.) Marquise, un bon sommeil.

LA MARQUISE

Et des rêves qui ne soient pas couleur de révolution.

Elle sort par le pan coupé de droite avec Thérèse.

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