‹ La colonel RoquebruneChapitre 96 sur 130 · HENRI, ROQUEBRUNE · texte numérisé non relu

HENRI, ROQUEBRUNE

Henri et Roquebrune se regardent un instant en silence, puis se jettent dans les bras l'un de l'autre.

Aime-la bien, elle le mérite!

HENRI

Roquebrune, vous l'avez entendue? Vous savez ce qu'elle attend de vous...

ROQUERRUNE.

Oui. Et je lui obéirai.

HENRI

Mais, vous?..

Moi, mon ami, je suis touché au cogur... Cette malheureuse m'a tué... C'est fini. Le danger peut venir : je ne me défendrai même pas...

HENRI

Un homme tel que vous, s'abandonner? Qu'est devenu votre courage?

Il était fait de mon espérance. Et mon espérance est perdue!

HENRI

Quoi! Pour une femme?

Pour mes illusions, pour mes rêves, Henri, pour tout ce qui m'a conduit jusqu'ici, vers l'avenir, et qui a disparu I

HENRI

Roquebrune ! N'êtes-vous plus un soldat?

Je le serai encore une fois : pour mourir.

HENRI

Et l'Empereur?

L'Empereur aura la dernière goutte de mon sang, sois tranquille. Ma destinée est de me faire tuer pour lui. Si cela arrive, a\ant qu'il soit de retour, sans que je puisse le revoir, tu iras le trouver et tu lui diras: Roquebrune, votre fidèle est mort, tel jour, dans telle circonstance, pour votre service. Ça ne l'étonnera pas: il me connaît. Il te remerciera, te protégera, et je t'aurai, une dernière fois, été utile à quelque chose.

HENRI

Roquebrune !

Allons, Henri, mon enfant, il faut nous séparer... Tu sais qu'on ne m'accompagne, pas sans risque, dans les rues de Paris, où j'ai des argousins à mes trousses... Je ne veux pas te compromettre. Pars le premier. Dans un instant je sortirai.

HENRI

Pas d'imprudences, au moins, pas de bravades!

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