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Le Lac-Saint-Jean ^^^
Le bassin du Lac St-Jean embrasse une aire d'environ 30,000 milles ou 19,200,000 acres en superficie, ou à peu près l'étendue de la Suisse et du Danemark. Le territoire du Nouveau-Brunswick ne renferme que 27,174 milles et celui de la Nouvelle-Ecosse 20,907 milles superficiels. Le Maine, qui égale presque en étendue tous les autres états de la Nouvelle- Angleterre, n'a qu'une aire de 33,040 milles, ou 21,145,600 acres, c'est-à-dire n'excède pas de 2,000,000 d'acres ou d'un dixième l'étendue du bassin du Lac St-Jean.
En rapprochant tous ces chiffres, il faut bien arriver à la conclusion qu'il reste encore d'immenses étendues de terres arables à livrer à la colonisation dans ce territoire, qui commence à peine de donner la preuve de ce qu'il peut fournir au pays en augmentation de population, en produits agricoles, en produits manufacturiers et en commerce.
Dans la partie de la région plus haut délimitée, la population s'est accrue de 17,444 en 1881, à 30,162 en 1901, soit une augmentation de 12,718, ou de 72.9 pour 100. Si l'augmentation s'est continuée au même taux depuis, la population excède aujourd'hui 52,000 âmes et atteindra les 6c,ooo au recensement de 191 1. L'augmentation durant ces trente ans dépassera 42,- 000 âmes et accusera un accroissement annuel de 141 8, ou suffisamment pour peupler une bonne paroisse chaque année.
Cet accroissement de population s'est accompli par l'établissement d'environ le tiers des terres arables de la région du Haut-Saguenay et du Lac-Saint-Jean, ce qui peut donner une idée du champ qui s'ouvre encore là à la colonisation. Quand tout sera établi dans ce vaste pays ultra-laurentien, il y aura la plus de 200,000 canadiens-français, vivant dans l'aisance et la prospérité, ou près de deux fois la population actuelle de la province de l'Ile du Prince-Edouard.
(1) La plupart de ces détails sont empruntés à une conférence de M. C. Langelier.
La belle nappe d'eau qui a donné son nom à la région mesure vingt-huit milles de longueur sur vingt-cinq de largeur. Elle est en outre le réservoir de plusieurs grandes rivières qui arrosent à leur tour des terrains d'une fertilité extraordinaire, et dont voici les principales :
Au sud du lac, la Métabetchouan et la Ouiatchouan; à l'est, la Belle-Rivière; à l'ouest, la Chamouchouan ; au nordouest, la Ticonabé et la Mistassini ; au nord et au nord-est, la grande et la petite Péribonca. Sans être navigables sur tout leur parcours, ces rivières sont cependant d'une grande utilité pour la navigation. Elles offrent en outre des pouvoirs hydrauliques nombreux et considérables, dont plusieurs sont utilisés pour des fins industrielles.
La colonisation, qui se développe sans cesse, fait maintenant le tour du lac. Depuis quelques années déjà, elle s'est avancée rapidement vers l'ouest par les cantons Normandin et AlbaneK vers le nord par les cantons arrosés par la Mistassini et la Péribonka, et vers l'ouest par le canton Dufferin. Plusieurs colonies nouvelles sont pourvues de bons chemins et n'attendent plus que les colons nouveaux pour former de belles et riches paroisses.
Le centre du Saguenay, surtout la rive nord de la rivière du même nom, offre de belles terres, surtout depuis Delisle jusqu'à Saint-Germain.
Les vieilles paroisses du Lac-Saint-Jean ne le cèdent en rien aux plus riches établissements du Richelieu ou de l'Yamaska. Cette assertion, cent fois corroborée, démontre bien tout le parti qu'on peut tirer de la partie non encore établie de la vallée du Lac-Saint-Jean, tant au point de vue de la culture qu'à celui de l'élevage et de l'industrie laitière.
Les cantons Taillon, Dalmas, Racine, Dolbeau, Pelletier, Albanel et Girard fournissent des milliers d'acres de terre où les colons peuvent se faire des établissements agricoles capables de donner l'aisance à leurs propriétaires dans l'espace de quatre à cinq ans. Déjà, de bons chemins traversent ces cantons, et les forts montants que le gouvernement y dépense chaque année font que les voies de communication répondent à tous les besoins nouveaux,
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Le chemin de fer de Québec et du Lac-Saint-Jean ( i; et l'extension de Chambord à Chicoutimi mettent la plus belle partie de cette vaste région en communication avec les grands centres de commerce. Le parcours de ce chemin de fer est de 190 milles. Durant la belle saison, la rivière Saguenay est aussi une voie commode avec le reste du pays.
Il y a en outre quatre à cinq bateaux à vapeur qui circulent constamment sur le lac Saint-Jean, desservant tout à tour les paroisses échelonnées le long des rivières Ashuapmouchouan, Mistassini et Péribonka. Tous ces bateaux partent de Roberval.
Tarifs de faveur pour les colons.
La compagnie de chemin de fer de Québec et du Lac- Saint- Jean offre de transporter gratuitement, sur tout le parcours de son réseau, tous les colons de bonne foi avec leurs familles ainsi que les effets de ménage d'un poids n'excédant pas 300 livres pour chaque personne adulte, et 150 livres pour chaque enfant. Les taux pour le surplus étant de 9 centins par 100 livres, mais pas an delà du chargement d'un wagon par famille, soit 20,000 livres.
Les colons de bonne foi qui désirent aller d'abord examiner les terres obtiendront un demi-passage de Québec au Lac Saint- Jean, et retour pour $3.35 par personne.
Pour bénéficier des tarifs ci-dessus, il suffit de s'adresser à M. René Dupont, agent de colonisation, à Québec, ou au Ministère de la Colonisation, des Mines et des Pêcheries, aussi à Québec.
(1) Depuis quelques années, cette compagnie a ajouté à .son réseau nn embranchement qui part de la EiTière-à-Pierre et à son point terminus à La-Tuque.
Le Témiscouâta. (^^
La région de Témiscouâta occupe, depuis quelques dix ans, une large place dans le développement agricole et industriel de la Province. Elle a vu grandir et se développer un centre d'activité agricole et commerciale important : Fraserville, autrefois appelé Rivière-du-Loup.
Dans le centre et le sud de Témiscouâta se trouve une de nos régions de colonisation les plus justement renommées.
Située sur la rive sud du Saint-Laurent, elle a pour bornes, et au sud le Nouveau-Brunswick et le Maine.
Le chemin de fer Intercolonial la traverse de l'est à l'ouest à l'est le comté de Rimouski ; à l'ouest, le comté de Kamouraska dans toute sa largeur, passant par les principales paroisses du littoral : le Témiscouâta part de Fraserville, au nord et se rend à l'extrémité sud; le Transcontinental pénètre dans la Témiscouâta au sud du lac Pohénégamook, traverse les cantons Escourt, passe dans la ligne de division de Bostford et Packington, coupe Robinson pour se rendre ensuite dans le Nouveau-Brunswick.
La région de Témiscouta forme un collège électoral du même nom. Elle comprend, outre les anciennes seigneuries, les cantons suivants : Auclair, Armand, Bégon, Bostford, Cabano, Demonville, Demers, Escourt, Hocquart, Packington, Rouillard, Robitaille, Raudot, Robinson, Viger et Whitworth.
En 1901, la population était de 29,185 habitants.
Il est certain que depuis cette date le chiffre de la population s'est accru de façon notable. Ainsi, la population de Fraserville qui n'était que de 4,569, en 1901, était l'an dernier (1909) de 7,700.
D'après les statistiques du Greffier de la Couronne en Chancellerie, le mouvement ascendant des électeurs inscrits sur
(1) Pour renseignements plus complets, demandez la brochure consacrée à cette région.
les listes électorales a été comme suit, durant les dix dernières années :
En se basant sur ces chiffres, il est donc permis de supputer un chiffre global de 40,000 pour le recensement de l'an prochain.
La région de Témiscouata a un aspect montagneux qui déconcerte à première vue, mais quand on y regarde de près, on se rend compte que ces montagnes ne sont que des amoncellements de terre, la plupart du temps sans roche. Comme
Témiscamingue. — La rue Notre-Dame à Ville-Marie.
question de fait, nous avons vu de ces montagnes cultivées jusqu'à la moitié et même au trois quarts de leur hauteur.
Le sol de la région de Témiscouata est de première qualité, et il s'adapte parfaitement à toutes les espèces de cultures.
On peut dire, en se basant sur les rapports des arpenteurs et des explorateurs, que le sol des cantons du centre et du sud, ceux qui offrent le plus d'avenir et de plus vastes étendues à l'activité colonisatrice, est en général une terre grise, jaune et noire. En certains endroits, on rencontre des terres sablonneuses et rocheuses, mais c'est l'exception. Elles peuvent d'ail-
leurs être utilisées pour la culture des fruits qui réussit très bien dans tout le sud de la région, ou encore pour des réserves forestières pour le bois de chauffage.
Dans la vallée des Squatecks, on trouve une terre jaune mêlée de sables glaiseux sur un sous-sol qui est lui-même glaiseux. Il n'y a ni montagne, ni roche, ni savane, et on n'y rencontre que peu de lots qui ne soient susceptibles de faire un bon établissement agricole.
Toute cette région est coupée de rivières et de lacs. Les rivières ne sont pas considérables. Il n'en est pas de même pour les lacs, dont quelques uns sont très vastes, comme les lacs Témiscouata, Squateck, Long, etc.
Maniwaki. — Vue du pont et d'une partie du village.
Le climat est favorable, non seulement à la culture des céréales et des légumes, mais on y cultive aussi les fruits avec succès, dans la partie sud, bien entendu.
Témiscouata est un pays de chasse et de pêche. L'orignal, le caribou et le chevreuil abondent partout, dans les bois, tandis que les rivières et les lacs foissonnent de truites rouges et blanches, de touladis, etc. Il y a quelques lacs d'affermés à des clubs, mais la plupart sont à la libre disposition des colons et des touristes.
L'industrie forestière est très développé. II y a partout des scieries pour les besoins de la construction, et même une pulperie à Fraserville. Les nouveaux colons peuvent toujours
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trouver de l'emploi dans cette industrie, durant les premières années. Mais ceux qui peuvent se dispenser d'aller ainsi gagner de l'argent font mieux de se consacrer à leurs défrichements.
Il y a des érablières presque partout.
Des sociétés de colonisation de paroisses ont été formées pour aider les nouvelles colonies. Le gouvernement de son côté ne néglige rien pour activer le mouvement colonisateur. Durant les cinq dernières années, il a été dépensé $42,396.18 en travaux de voierie et en consti-uctions de ponts.
Maniwaki. — La ferme des RR. PP. Obiats.
La colonisation se fait surtout dans le sud, mais comme il reste encore de bons lots dans le centre, nous allons indiquer sommairement les endroits où le colon peut se fixer avec avantage et des chances certaines de succès, s'il y met du travail et de la persévérance.
Dans Bégon, il reste quelques lots dans la partie est des rangs VI et VIL
Les rangs V, VI, VII et VIII de Raudot sont disponibles, et il reste une quinzaine de lots à chaque extrémité des rangs III et IV.
Dans Rohitaille, canton recommandable à tous égards, le colon devra se diriger de préférence dans les rangs VI, VII et VIII.
Demonville offre quelques lots dans les rangs C, VI et VII, de même que Viger dans les rangs IV à IX inclusivement. On trouve aussi quelques lots disséminés dans les rangs I, IV, V, VII, VIII et IX de Deniers. Même remarque pour les rangs IX, X, XI, XIII et XIV d'Armand.
Il y a place pour un grand nombre de colons dans Cahano, mais c'est surtout dans les rangs VIII, IX et X que les colons se fixent de préférence.
Tout le centre à'Bscourt est vendu à une colonie de Fran-
Région Labelle. — La grande chute, sur la rivière du Lièvre.
co-américains. Il reste cependant quelques bons lots dans la partie nord des rangs VI, VII et VIII. Les deux centres probables de paroisses sont: au ruisseau Providence, entre les rangs III et IV et à l'endroit où le Transcontinental traverse la rivière Bleue. Dans le canton voisin de Bostford, encore partiellement arpenté, il n'y a qu'une vingtaine de lots vendus dans les rangs I et VIII. Le reste est disponible.
Les lots concédés de Packington se trouvent dans les rangs VIII et XIII. Les sept premiers rangs sont en forêt vierge.
Il n'y a d'ailleurs qu'un chemin en construction entre les rangs IV et V. Dans le canton voisin de Robinson, il y a peu de lots vendus, excepté dans les rangs IX, X et XII, le long du Transcontinental.
L'admirable vallée des Squatecks ne comprend encore que deux cantons : Rouillard et Auclair. La colonisation y est pour ainsi dire à ses débuts. Quelques lots seulement ont été vendus dans Rouillard. Aucune concession n'a été faite dans Auclair. On peut se rendre dans les Squatecks dans Sainte-Rose et Notre-Dame.
La seigneurie du lac Tcuiiscouata est gardée en "réserve"
Région Labelle. — Vue générale de Ferme-Neuve, en hiver.
par ses propriétaires. On consent à concéder quelques lots dans le rang de la rivière Caldwell. Le prix est de $100 et $150 et le bois est réservé par les propriétaires.
L'Agent des terres de la Couronne pour la région de Témiscouata est M. N. Lebel, Fraserville.
Comment se rendre dans le Témiscouata.
On peut se rendre dans le centre et l'arrière Témiscouata,
par voie de l'Intercolonial en arrêtant, soit à Fraserville (Rivière-du-Loup), soit à Trois-Pistoles.
Fraserville est le point de départ du chemin de fer Témiscouata, lequel traverse la région dans toute sa longueur et se rend jui^qu'à Edmunston, dans le Nouveau-Brunswick.
Distances sur l'Intercolonial
De Montréal à Rivière-du-Loup 277 milles
" " Trois-Pistoles 301 railles
De Lévis, (Québec) à Eivière-du-Loup 115
" " " Trois-Pistoles 142
Distance sur le Témiscouata.
De Elvière-du-Loup (Fraserville) à Saint-Modeste.
Whitworth.
milles
Saint-Honoré.
Vauban. . . .
Saint Louis-du-Ha !
Ha! 38
Cabane (St Mathias) 43
Cloutier 51
Notre-Dame-du-Lac. 52
Ste Eose (Dégelé) . 60
Edmunston ... 81
Distances sur chemins de terre.
De Saint Alexandre (Kamouraska) à Escourt 31 milles
De Trois-Pistoles à Saint- Jean-de-Dieu 10
De Trois-Pistoles à Eobitaille 33
Pour aller dans le canton Viger, on laisse l'Intercolonial à la station de Saint-Arsène.
Pour aller dans les cantons Denonville et Hocquart, on laisse l'Intercolonial à la station de l'Isle- Verte.
La Compagnie Trans-Saint-Laurent.
Cette nouvelle compagnie de navigation met Fraserville en communication avec les endroits suivants de la rive sud: Malbaie, Saint-Siméon, Tadousac et les Escoumains.
Le service se fait trois par semaine.
Tarifs de faveur pour les colons.
Chemin de fer Inter colonial :
Aller Retour
Montréal à Kivière-du-Loup $ 2 40 $ 5 56
Jonction Saint-Léonard à Kivière-du-Loup 3 88
Jonction Chaudière à Eivière-du-Loup 1 95 2 44
Lêvis à Eivière-du-Loup 1 15 2 28
Jonction Saint-Charles à Rivière-du-Loup. ... 1 10 2 00
L'Islet à llivière-du-Loup 0 65 0 64
Chemin de fer Témiscoitata:
Kivière-du-Loup à Cabano $ 0 90 $ 1 80
Rivière-du-Loup à N.-D. du Lac 1 05 2 10
Rivière-du-Loup à Sainte-Rose 1 20 2 40
Pour le fret, sur les deux chemins de fer, la réduction est d'un tiers sur le tarif ordinaire.
Pour bénéficier des tarifs ci-dessus, il suffit de s'adresser à M. L.-E. Carufel, agent de colonisation, 82,. rue Saint-Antoine, à Montréal ; ou au Ministère de la Colonisation, des Mines et des Pêcheries, à Québec.
La Matapédia.
Située, partie dans le comté de Bonaventure, partie dans le comté de Matane, la vallée de la Matapédia est une belle et fertile zone qui s'étend depuis les dernières concessions des comtés de Rimouski et de Matane, dans le bas Saint-Laurent, jusqu'à la rivière Ristigouche qui se jette dans la Baie des Chaleurs.
Au point de vue géographique la vallée de la Matapédia, proprement dite, se borne au territoire arrosé par la rivière de ce nom et les quelques affluents qui l'alimentent ; mais on lui rattache communément une grande partie de la région dite ■'de Témiscouata" qui l'avoisine et à laquelle elle se trouve si mtimement liée qu'il est impossible de les séparer l'une de l'autre pour les fins de la Colonisation.
La rivière Matapédia prend sa source dans le lac du même nom, par 48' 40' de latitude nord. Après un parcours d'une soixantaine de milles environ, elle va se jeter dans la rivière Ristigouche.
L'étendue du territoire arrosé par elle et ses affluents est d'environ 1300 milles carrés, soit 832,000 acres. Sur ce chiffre, on compte 775 milles carrés livrés à l'industrie forestière et répartis entre divers concessionnaires qui exploitent princiment le cèdre, l'épinette blanche, le sapin et le bouleau.
Cette magnifique région agricole éclose d'hier (à la colonisation, recherchée de plus en plus tous les jours à mesure qu'elle est connue davantage capable de nourrir aisément une population de trois cent mille âmes, offre des avantages exceptionnels d'établissement.
La vallée Matapédia tire en outre une bonne partie de sa valeur de sa position unique entre les deux provinces de Québec et du Nouveau-Brunswick, dont elle est en quelque sorte le trait d'union et l'attache indispensable. A travers son territoire passe le seul chemin qui conduit, non seulement â la province maritime que nous venons de nommer, mais encore aux établis-
sements très nombreux, considérables et prospères qui forment le littoral de l'immense comté de Gaspé.
C'est toujours chose importante, pour un colon, de savoir quel est le climat du pays où il va tenter fortune. Dans la Matapédia, qu'il se rassure. La température est des mieux équilibrées. Les brises si douces et si pures de la Baie des Chaleurs sont tout ce qu'il y a de plus réconfortant.
Les neiges disparaissent avec le mois d'avril, et dans la première semaine de mai la terre est prête pour les semences. La température moyenne d'avril est de 30 à 36 degrés, et celle
Région Labelle. — Un groupe de colons travaillant à l'ouverture d'nn chemin à Ferme-Neuve.
de mai, 40 à 50 degrés, et alors la végétation se développe avec une force extraordinaire et en peu de temps, tout, dans la nature, a repris vie et est en pleine activité.
L'été, la température est délicieuse ; en juillet et août la chaleur moyenne est de 60 à 65 degrés. En septembre commence l'automne, qui est une des plus belles saisons pour cette partie du pays. Le temps est généralement frais, serein.
des plus agréables et des plus propices aux travaux des champs. C'est dans ce mois que se font les récoltes, généralement commencées à la fin d'aoiit. Avec les premiers jours d'octobre, on arrache les plantes à racines. La température moyenne à cette époque est de 39 degrés.
L'hiver est très sain et sa température moyenne est de
Mont-Laurier. — L'église.
16 degrés. Il y a généralement moins de neige que dans le district de Québec.
Feu M. Joseph Bureau a exploré presque toutes les nouvelles régions. Parlant de la Matapédia, il dit:
"Dans les cantons de la Matapédia que je viens de parcourir les terres sont exceptionnellement bonnes ; le sol est de nature franche, glaise et généralement couvert d'un peu de
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sable, lui-même très productif, attendu qu'il est ce qu'on appelle le sol glaiseux.
"Pour me résumer, d'après les notions générales que j'ai sur cette partie de la province de Québec, je suis prêt à dire qu'à partir du lac Témiscouata jusqu'au bassin de Gaspé, en ligne droite, les terres sont exceptionnellement bonnes et en particulier, celles qui sont arpentées et divisées en cantons."
L'hon. M. Charles Langelier a visité la vallée de la Matapédia en 1897. Il a ainsi résumé ses impressions:
"On aura une idée de la fertilité excessive du défrichement, si je vous dis qu'il n'en coûte pas plus de trois ou quatre
Saint-Jovite.
Tremblante.
Au tond on voit la fameuse montagne
poration des nombreux lacs et cours d'eau, et vous n'aurez piastres pour mettre un arpent de terre à la charrue dans bien des endroits. Pratiquement, c'est la plaine du Nord-Ouest, et, la forêt ici n'est qu'un jeu pour le défricheur canadien. Ajoutez à cela un sol d'une grande fertilité, que la culture ne fait qu'améliorer, un heureux mélange de sable et d'argile qui pousse du grain pendant plus de dix ans successifs sans engrais, où le foin vient -abondamment, où les prairies ne souffrent pas de la gelée ; une seccession de vallons, de coteaux et de plateaux parfaitement arrosés par de nombreux ruisseaux. Le climat de la vallée de la Matapédia: pas de vent du nord-est — ce joli vent, si agréable à Québec — pas de chaleurs excessives, des rosées abondantes produites par l'éva-
qu'une faible idée du pays tel que nous l'avons aperçu, qu'une faible perspective quand 25 ou 50 mille familles y auront établi leurs foyers."
Vers le même temps, M. J.-P. Tardivel écrivait : "Cette belle région longtemps ignorée, ou plutôt mal appréciée comme pays de colonisation, commence à être connue et estimée comme elle mérite de l'être. Les colons y arrivent de toutes les parties du Canada et même des Etats-Unis ; et tous ceux qui ont tant soit peu d'énergie et de persévérance réussissent à se créer en quelques années un chez soi fort enviable.
Mont-Laurier. — Le rapide de l'Orignal.
"Ah, si nos jeunes gens des vieilles paroisses, au lieu de gagner les centres industriels des Etats-Unis, voulaient prendre des lots dans cette belle vallée de la Matapédia, qu'ils feraient preuve de clairvoyance et de patriotisme ! De clairvoyance parcequ'ils assureraient leur propre avenir avec la moitié des peines et des labeurs qu'ils dépensent en pure perte là-bas. De patriotisme, parceque, tout en travaillant ici pour euxmêmes, notre chère province de Québbec profiterait de leurs efforts."
Il y a quelques années, le gouvernement de Québec adressa aux différents curés et missionnaires de la Matapédia certaines questions se rapportant au climat, à la culture des céréales, au rendement par arpent de terre, aux moyens de subsistance des colons en dehors des produits de la terre, etc.
Les réponses qui furent reçues sont trop longues pour que nous puissions les reproduire dans le cadre restreint de ce chapitre.
Nous allons donc en donner un court résumé.
CLIMAT. — Le climat de la Matapédia est plus doux de dix à douze degrés que celui de la ville de Québec, centre d'une région qui admet absolument toutes sortes de cultures.
SEMAILLES. — Les semailles ont lieu au mois de mai et
Région Labelle. — Vue générale de Ferme-Neuve.
les gelées ne sont guère plus à craindre que dans n'importe quelle autre partie de la Province. Les récoltes se font en septembre et en octobre.
CEREALES ET LEGUMES.— Les céréales et les légumes cultivés comprennent le blé, le seigle, le sarrasin, l'avoine, l'orge, les patates, les navets, les choux, les pois, etc.
RENDEMENT. — Le rendement varie quelque peu suivant les localités, mais se maintient toujours à un chiffre remarquable, relativement aux autres contrées agricoles. Ainsi le rendement du blé, par arpent, est de 20 à 25 minots ; celui de l'avoine et, de l'orge, 40 à 45 minots; celui du seigle, 25 à 30 minots ; celui du sarrasin, 60 minots. Les pois donnent
de 25 à 30 minots par arpent, et les autres légumes rapportent dans la même proportion à peu près.
VALEUR DES BIENS.— La valeur relative des biens des colons dépend bien entendu du degré et de l'étendue de la culture. En général, ils suivent une progression allant de cinq cents à trois mille dollars. Les terres de cent acres, habitées depuis huit à dix ans et cultivées en partie valent de mille à deux mille dollars. En certains endroits, dans le canton Causapscal, par exemple, on trouve des propriétés comme celle de M. Biais qui valent $5,000.00; celle de M. Valois, $4,500 cekls de AOl. Lepage et Heppel $4000.00 chacune.
Ajoutons que dans presque toute la vallée de la Matapédia le sol est drainé naturellement et qu'il n'existe pas de région ovi le travail du colon soit difficile.
Le prix des terres vendues par le gouvernement est de vingt centins l'acre.
Ferme-Neuve. — Un pont sur la rivière du Lièvre.
Grâce au chemin de fer Intercolonial, les colons ont aisément et facilement accès aux marchés de Québec et des provinces maritimes.
EXPLOITATION FORESTIERE.— Les forêts très étendues, très exploitées surtout par deux grandes maisons de commerce: la maison King et la maison Price, qui emploient des centaines de bras chacune, sans compter des exploitations particulières, moins importantes, mais tout de même fort avantageuses pour les colons qui y trouvent de l'emploi constamment, s'ils le veulent, en dehors de l'époque des semailles et des récoltes.
Cela suppose naturellement l'existence de "chantiers" et des scieries pour l'exploitation sur place. Tous ceux qui veu-
lent y prendre part sont à même de le faire. Aussi, le colon n'a-t-il jamais de morte saison et les "chantiers" l'attendent pour l'aider à nourrir sa famille, quand sa terre lui a donné pour l'année courante, tout ce qu'elle était en mesure de lui donner.
PRIX DES DENREES.— Le prix des denrées est au moins aussi élevé qu'il l'est à Québec, et souvent même d'avantage, par suite de la consommation qui se fait dans les chantiers voisins. Le foin, par exemple, se vend généralement de 10 à 12 dollars le cent; l'orge, 8o centins le minot; le blé, un dollar; les pois, un dollar; les patates, 40 centins.
VALEUR DES TERRES.— La valeur des terres partiellement défrichées est en moyenne de trois à quatre cents dollars.
ERABLIERES. — Les érablières sont nombreuses et l'on fait du sucre suffisamment pour la consommation locale.
Ajoutons que les scieries fournissent aux cultivateurs tout le bois, planche et bardeaux dont ils ont besoin pour leurs bâtiments, en même temps que l'entretien de l'Intercolonial donne de l'emploi à beaucoup d'entre eux, et permet à d'autres de vendre au chemin de fer le bois de cèdre dont ils sont propriétaires.
La Matapédia est abondamment arrosée de lacs et de rivières. C'est le pays de la chasse à l'orignal et de la pêche au saumon. Les rivières Matapédia, Causapscal, Patapédia et Ristigouche ne le cèdent à nulle autre dans la Province pour ce sport royal. Les deux clubs Matamatjaw et Ristigouche sont renommées dans tout le pays et à l'étranger.
Les essences forestières de cette région sont des plus riches et des plus variées. En arrière des cantons Nentayé, Hamqui, Matalick et Milnikek, jusqu'à la seigneurie Métis et la rivière Patapédiac — soit une étendue d'environ 330 milles — on rencontre l'épinette, le bouleau, l'érable, le merisier, le coudrier, le cormier et surtout le cèdre, sur les hauteurs comme dans les fonds.
Il y a en arrière des cantons Milnikek et Métalick des terres qui offrent des avantages qui sont rarement surpassés ailleurs. On peut dire la même chose des cantons Jette et Pinault. Ce dernier canton a déjà une municipalité bien organisée et une mission qui se développe rapidement. De l'autre côté de la rivière Matapédia, on trouve les cantons Lepage et Blois dont le sol est de première qualité, et qui, par leur situation, seront bientôt très reclierchhées.
Agents des Terres.
Aniqtii.. .Les agents conjoints sont: AIM. François Saucier et Georges Dionne. Les cantons compris dans cette agence sont: Awantjish, Biais, Cabot, Casault, Causapscal, Humqui, Jette, Lepage, Matalick, McNider, Mentayé et Pinault.
Matapédia, (Saint-Laurent) M. Georges Gauthier est l'agent. Son agence comprend : Assemetquagan, Matapédia, Milnikeck, Patapédia, Ristigouche.
Tarifs de faveur pour les colons.
Tous les cantons de la vallée de la Matapédia ont l'avantage d'être d'un accès facile par suite du passage du chemin de fer. L'Intercolonial suit en effet sur un parcours de près de quarante milles, les bords même de la rivière Matapédia, et met conséquemment les colons en communication directe avec les plus grands centres, tels que Québec, Montréal, Saint- Jean, N.-B., et Halifax, N.-E.
Les principaux centres de population de la Matapédia se trouvent aux distances suivantes de la ville de Québec :
Amqui, 243 milles : Saint- Pierre-du-Lac, 234 milles ; Saint- Moïse, 220 milles ; Sayabec, 228 milles ; Causapscal, 256 milles ; Saint-Laurent-de-Matapédia, 291 milles.
De Montréal à Matapédia, le trajet est de 453 milles.
Transport des passagers.
De Montréal à Saint-Octave $ 3 05 $ 7 32
Saint-Moïse 3 20 7 76
Savabec 3 25 7 80
Cedar Hall 3 35 7 94
" " Amqui 3 35 8 10
" " Causapscal 3 35 S 38
Saint-Alexis 3 70 8 96
Matapédia 3 65 9 06
De Montréal aux endroits ci-haut mentionnés, on accorde également aux colons le transport gratuit de 250 Ibs. de bagage par adulte, et 125 Ibs. par enfant porteur d'un demi-billet.
Trar.s::ort des effets, instruments aratoires, etc.
De Montréal à Sainte-Flavie et Causapscal et les stations intermédiaires, $27.00 le char; moins d'un char. 100 Ibs., 27 cts.
De Montréal à Assementquagan et Matapédia et les gares intermédiaires, $28.00 le char; moins d'un char, 100 Ibs., 28 cts.
Taux aussi proportionnels de toutes les gares entre Montréal, Lévis et Rivière-du-Loup.
Les colons alant dans la réserve de Matane s'arrêtent à Sayabec. et de là se rendent en voiture.
Pour bénéficier des tarifs ci-dessus, il suffit de s'adresser à M. L.-E. Carufel, agent de colonisation, 82 rue Saint- Antoine, à Montréal ; ou au Ministère de la Colonisation, des Mines et des Pêcheries, à Québec.
La Baie-des-Chaleurs.
La région de la Baie-des-Chaleurs comprend une notable partie de cette zone, qui, partant du Témiscouata, se continue par la Matapédia et vient aboutir à rextrémité de la péninsule gaspésienne et forme cet admirable plateau de plus de cent lieues de longueur sur une largeur moyenne de 15 lieues.
Cette vaste région mesure 3,000 milles carés de terres fertiles, richement boisées et coupées, ça et là de belles rivières dont quelques-unes offrent des pouvoirs hydrauliques considérables, et toutes peuplées de saumons et de truites de dimension étonnante.
Malheureusement, la zone cultivée ne comprend guère encore, à part une couple d'exceptions, qu'une lisière du littoral de la baie, laquelle ne dépasse guère deux ou trois concessions.
"Jusqu'en 1870, dit Arthur Buies, les essais de culture dans la Gaspésie avaient été très précaires et très subordonnés à des circonstances purement locales. Depuis les premiers établissements, la population avait été formée et comme assujettie à l'exercice d'une industrie unique : celle de la pêche. C'était dans la Gaspésie une tradition dominante que ses habitants ne pouvaient être autre chose que des pêcheurs, et cependant, elle renferme de larges étendues d'un sol égal à celui des meilleures parties de la province.
"L'impossibilité de réagir contre cette tradition funeste et l'absence lamentable de communications avaient empêché les Gaspésiens de faire le moindre effort pour sortir de l'état de vasselage oti les tenait une occupation unique, tout entière exercée au profit des grandes maisons qui faisaient le commerce des poissons du golfe Saint-Laurent et de la Baie des Chaleurs, avec les pays étrangers, principalement avec l'Italie, le Brésil et la République Argentine.
"Mais, aujourd'hui, la tradition a été démolie de tous les côtés à la fois ; l'agriculture est victorieuse, la Gaspésie apparaît, dans certaines parties en particulier, et notamment sur
toute la côte qui borde la Baie des Chaleurs, jusqu'à une certaine distance prolongée dans l'intérieur, comme une région ayant enfin mérité d'être comptée parmi celles de la province où la culture est la plus productive".
A la péninsule gaspésienne se rattachent de charmantes légendes et de glorieux souvenirs historiques. C'est, en effet, à Port-Daniel que Jacques-Cartier, le découvreur malouin, a mis le pied pour la première fois sur le sol canadien, le 20 juillet 1534.
Mattavinie. — Habitation de M. J.-R. -Albert Arclianibault, lauréat (lu 31érite Ajïricole.
Depuis quelques années, grâce à l'encouragement de MM. les députés Marcil et Kelly, la colonisation a pris, dans le comté de Bonaventure, (i) un tel essor que le ministère de la colonisation de la province de Québec a cru devoir ouvrir dans l'intérieur, à peu de distance du littoral, une réserve de terrains embrassant une superficie de 25 milles acres. Cette réserve qui porte le nom de "Réserve du chemin Mercier" est déjà
(1) Pour renseiffneemnts plus détaillés, demandez la brochure consacrée à cette région.
pourvue de bonnes routes nouvelles qui assureront bientôt son plein développement.
Grâce aux louables efforts de l'hon. M. Lemieux, député de Gaspé et de M. Charles Marcil, le chemin de fer de la Baie des Chaleurs, qui a longtemps eu son terminus à New Carlisle se rend maintenant à l'Anse-aux-Gascons, la dernière paroisse
Mattavinie.— C'ir'ite IÎ'>])crMil surl.i ri \ iôr >-]\Iatta\vin.
du comté de Bonaventure. Cette ligne, dont le parcours est de cent cinquante milles a son raccordement avec l'Intercolonial à Alatapédia. Elle atteindra bientôt le bassin de Gaspé, un des ports de mer les plus avantageux du pays.
Il y a peu de lacs dans cette région, mais par contre, les rivières sont les plus renommées du pays pour la pêche au saumon. Quelques unes sont affermées à des clubs de millionnaires, mais il en reste un nombre suffisant pour les colons.
La chasse est également très abondante, tant dans les terres que sur la baie, où les gibiers à plume de toutes sortes abondent.
La pêche est une ressource sur laquelle les cultivateurs qui habitent les bords de la baie des Chaleurs peuvent compter.
La-Tuque. — Vue panurainiiiue.
Elle a même été longtemps et trop longtemps Tunique préoccupation d'une foule d'habitan.ts de cette région. Dans les années où la moi*ue, le hareng et le homard donnaient, on ne se faisait pas faute de délaisser les terres pour se livrer exclusivement à cette exploitation. Mais cette source de revenus ayant fini par s'amoindrir, la population des pêcheurs s'est ravisée. Elle a eu le courage et le bon esprit de retourner à SCS terres, et la pêche, sans cesser d'être exploitée n'est plus devenue qu'un accessoire dans la vie du colon.
L'exploitation forestière se fait sur une grande échelle dans ce comté.
C'est aussi l'une des régions les plus fortement boisées de la province, surtout en cèdre, en épinette et en merisier.
Pour peu que l'on parcourt cet immense comté, on est certain de rencontrer dans tous les villages qui bordent la baie des Chaleurs, des moulins en pleine opération.
La Gaspésie dont fait partie la Baie-des-Chaleurs, est située sous la même latitude que le Nord de la France, avec une température moins élevée. Elle jouit d'un climat des mieux équilibrés et des plus avantageux. Les brises si pures et si douces de la baie des Chaleurs sont tout ce qu'il y a de plus réconfortant et de plus salubre. Les pluies et les neiges ne sont jamais de longue durée.
Les côtes de la baie des Chaleurs sont très favorables au développement de l'industrie laitière, car leurs pâturages sont excellents et abondent dans toute la belle saison et les sécheresses de l'été les affectent peu. L'agriculture prend chaque jour de l'importance, et, en certains endroits, elle a tout à fait remplacé la pêche. En effet, la population commence à comprendre l'utilité des études agricoles. Le rapport du Ministre de l'Agriculture pour le dernier exercice porte à quinze le nombre de cercles et de sociétés agricoles aujourd'hui çn existence dans le comté de Bonaventure. Il y a en outre des fromageries à Maria, New-Richmond, St-Alexis et St-Jules, etc., qui donnent des résultats très satisfaisants. Il est à espérer qu'avec le concours actif de la colonisation, l'industrie laitière deviendra, comme dans les vieilles paroisses de la province de Québec, un des facteurs importants de richesse de la Gaspésie.
Les rendements des récoltes sur les côtes de la Baie des Chaleurs, surtout dans les colonies nouvelles, atteignent la moyenne suivante: le blé 31 pour un, l'orge 25, l'avoine 20 à 25, les pois 30 à 40.
Il y a trois ans, pendant que Thon. Sir Wilfrid Laurier était de passage à Carleton, un colon de l'endroit exhibait au premier Ministre du Canada, une bourse contenant la somme
de $225.00 provenant de la vente de la récolte d'un arpent de terre ensemencé en patates. L'hon. Premier ne put s'empêcher d'exprimer son admiration en faveur de la fertilité du sol.
Tous les fruits peuvent être cultivés avec succès, les gadelles, les fraises, les framboises, les prunes, etc., et, enfin, les pommes. On trouve de beaux vergers de pommes particulièrment à Pasbébiac, Saint-Bonaventure, New-Richmond, etc. A Saint-Alphonse de Caplan, M. Oneract, a planté des poiriers qui donnent d'abondantes récoltes.
Le blé d'Inde que l'on disait ne pouvoir pousser dans cette partie de la province, peut-être cultivé avec autant d'avantage que partout ailleurs si on lui donne l'attention voulue. Les dernières tentatives qui ont été faites dans ce sens ont donné de très bons résultats. On a la température propice, mais, il faut bien mettre à profit la saison favorable, qui est assez courte. Pour la mise en silo, le blé d'Inde que l'on cultive là, est excellent.
Le terrain n'a pas besoin d'être drainé, il est assez accidenté pour permettre aux eaux de s'écouler sans efforts.
Dans plusieurs endroits, le sous sol se compose de tuf qui conserve à la terre une humidité bienfaisante. En général le sol est d'argile rouge d'une grande fertilité.
L'eau de première qualité ne manque nulle part. A huit ou dix pieds de profondeur dans le sol, on trouve en abondance de l'eau potable. Toutes les rivières qui arrosent cette région sont à lit plat avec fonds rocailleux sur lequel roulent des eaux limpides délicieuses.
Les produits de la ferme qui se vendent le mieux sont: le foin $14 à $15 la tonne, l'avoine 70 cents par 34 Ibs; le lard salé, 15 a 18 cents la livre. Le beurre aussi commande de gros prix. Ce sont les compagnies de chantiers de billots qui constituent le meilleur marché pour le colon.
Le pays se prête très bien à la culture du sarrasin car les gelées hâtives sont rares. Les rendements de ce céréale sont de 40 à 50 minots pour un.
La culture de plantes légumières est en vogue partout. Tous les habitants de la côte ont leur jardin potager. Il n'est pas une habitation qui n'ait, dans son voisinage, un coin de terre ou les plantes racines et fruitières abondent.
La Baie-des-Chaleurs compte à peine une soixantaine de mille habitants. On peut affinner sans crainte. que cette région peut faire vivre dans l'aisance une population de 500 milles âmes. La plus grande partie de sa population vit actuellement de la pêche. Si l'on voulait tant soit peu faire de l'agriculture, il n'est pas d'habitant siîr ses côtes qui, à l'aisance, ne joindrait la fortune.
Les richesses minérales du comté de Gaspé sont malheureusement peu connues. Cependant, certaines explorations géologiques ont révélé l'existence de riches dépôts de minerais.
Industrie Forestière. — Amoncellement île bois de pulpe aix moulini- (le la Cie. des Laurentides.
11 y a des gisements considérables d'asbeste, de pierre à chaux, de chaux hydraulique, de la serpentine, de la marne, du plomb, (kl cuivre, etc.
Il existe, en .outre, dans le voisinage du bassin de Gaspé des dépôts de pétrole qui ont occasionné des sondages dispendieux dont les résultats n'ont pas encore donné satisfaction, malgré qu'on en ait extrait en assez grande quantité, mais pas
suffisamment encore pour rémunérer les compagnies qui en ont fait l'essai.
L'abbé Larivée, ancien curé de la Grande Rivière, agronome de mérite dit :
"La terre que nous occupons pousse de tout sans efforts et presque sans travail de la part de ceux qui la cultivent. Tout vient à profusion. Si on avait un système d'assolement, on n'aurait jamais besoin d'engrais.
"Le blé rend de 25 à 30 au minot ; l'avoine, 20 à 25 ; l'orge, 25 à 30; les patates, 30 à 35 ; le foin, de trois à quatre tonnes à l'arpent.
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Chicoutimi. — Les usines de la i-ompagnie de pulpe.
"Pour les légumes, c'est la même chose, ils croissent partout et viennent très gros. Il n'y a que le blé-d'inde qui ne peut arriver à m.aturité. Je ne sais pourquoi. Peut-être nous ne lui donnons pas toute l'attention requise, mais rien n'empêcherait d'en faire un excellent produit pour le silo, il pourrait aussi être avantageusement employé en fourrage vert."
M. Georges Couture, cultivateur du même endroit, parlant de la Gaspésie comme pays d'agriculture, fait remarquer:
"Mon père a élevé, sur la terre que j'occupe actuellement
qui n'a jamais eu plus de trente arpents en culture, une famille de douze enfants. Il fit un peu de pêche, mais sans bénéfices, et s'il a vécu lui et sa nombreuse famille, il le doit à l'agriculture.
"Je ne vois pas de sol plus fertile que le nôtre, ni de climat plus délicieux. La température de cette année (1902) si différente des années dernières, est la même ici que dans toute la province, toute est en retard, mais en temps ordinaire, nous faisons nos semences de bonne heure en mai, et nous récoltons en aoiit et en septembre. Cette année, bien que nous ayons souffert de ce retard, le 10 mai nous étions en pleines semailles.
"Consultez les vieilles gens de la côte, elles s'accorderont à vous dire que l'on veut se mettre à l'agriculture et établir nos enfants sur des terres, c'est encore la plus payante des industries dans ce pays-ci."
C'est tout un volume qu'il faudrait pour décrire les paroisses de la Baie-des-Chaleurs. Nous nous contenterons donc de donner quelques notes sur les chef-lieux des deux comtés de Bonaventure et Gaspé: :
New-Carlisle qui fut jusqu'à ces derniers temps le terminus du chemin de fer, est un village aristocratique en même temps le chef-lieu du comté de Bonaventure. A part son palais de justice, on y voit de beaux hôtels, de vastes magasins et de somptueuses résidences.
Sa population est d'une douzaine de cents âmes, la plupart d'origine anglaise. On y compte tout au plus une cinquantaine de familles canadiennes-françaises catholiques, qui possèdent une jolie église et une école fréquentée par une cinquantine d'enfants. Nos compatriotes ici s'occupent plutôt d'agriculture et de pêche. Il y a dans les cantons Hamilton et Cox, qui avoisinent New-Carlisle, tout un pays d'excellentes terres faciles à défricher, où la colonisation fait des merveilles.
New-Carlisle possède d'admirables plages qui ne sauraient tarder à devenir une place d'eau très enviée. La grève y est on ne peut plus belle, adaptée et favorable aux bains de mer. On fait ici sur une grande échelle la mise en conserve du hareng.
Saint-Michel de Percé. Percé est un des endroits les plus
pittoresques de la côte, remarquable par la salubrité de son climat et l'originalité de son fameux rocher, immense bloc de pierre qui s'avance à plusieurs arpents dans la mer. Ses plages sont admirables, les touristes américains en raffolent; aussi viennent-ils s'y installer durant la saison d'été.
Percé est aussi un poste de pêche important. Il est, en outre, le chef -lieu du district judiciaire du comté de Gaspé. L'importance de ce village doublera quand il sera relié par le chemin de fer de la Baie des Chaleurs. Sa population actuellement est de 2,000 âmes dont la majorité est canadiennefrançaise.
Il n'y a pas d'hôtels, mais trois bonnes maisons de pension, une scierie, une fromagerie, 350 vaches laitières. Percé possède une église remarquable dont on vient de faire la construction. Son nouveau quai qui a coiité $50,000, où peuvent mouiller des vaisseaux de fort tonnage, a considérablement favorisé son commerce.
La fondation de l'orphelinat agricole de Paspébiac remonte au printemps de 1906, alors que Melle Prévostal, de France, fit l'acquisition de la jolie propriété LeBouthillier.
Voilà une institution qui est appelée à rendre de précieux services à la paroisse et à la colonisation.
Les pauvres gens qui fréquentent l'orphelinat reçoivent la double formation intellectuelle et agricole.
Voici la méthode de procédure, au moins dans ses grandes lignes.
I. — Les enfants admis travailleront régulièrement aux travaux de l'agriculture, sous la surveillance d'un fermier, auquel ils seront tenus d'obéir; le fermier lui-même reste sous le contrôle du directeur.
2. — Les enfants se formeront aux travaux et aux connaissances de l'agriculture d'une manière siire.
3. — Il sera donné une ou plusieurs fois par semaine un cours, une classe, concernant l'agriculture et tout ce qui s'y rattache. Autant que possible la pratique suivra la théorie.
4. — Les enfants seront admis à rester à la maison jusqu'à 18 ans.