‹ La Colonisation dans la province de QuébecChapitre 8 sur 10 · Cette situation se présentera par le lot de terrain de · texte numérisé non relu

Cette situation se présentera par le lot de terrain de

100 acres que le Gouvernement de la Province de Québec octroiera à chacun d'eux comme à tout colon âgé de i8 ans: terrain qui deviendra la propriété du jeune homme.

7. — Si le jeune homme ne veut pas prendre possession de sa terre de suite, nous lui trouverons, s'il le veut, une place chez de bons fermiers de la province, où il complétera ses connaissances tout en mettant de côté un petit capital. En tout cas, nous ne quitterons pas le jeune homme de vue, le suivrons partout, et l'aiderons à s'établir sur sa terre, autant que possible dans les endroits avoisinant l'établissement.

Les cantons Port-Daniel, Hope, Cox et Hamilton sont de toute beauté. Presque partout le sol y est riche, facile à défricher et peut recevoir plusieurs centaines de colons. Il n'y a pour ainsi dire pas de choix à faire, dans ces cantons, le sol étant presque partout d'égale valeur. Tous les ans, le gouvernement prolonge les chemins qui pénètrent dans la forêt.

Le comté de Gaspé. tout en ayant un territoire propre à la culture de moindre étendue que son voisin de Bonaventure, peut cependant recevoir des centaines de nouveaux colons. Les cantons Alalbaie, Douglas, Baie-de-Gaspé-Nord contiennent des lots cultivables en assez grand nombre pour former de belles paroisses.

Agents des Terres.

A'czc-Carlislc. AL J--H. Marcotte. Cette agence comprend les cantons Cox, Hope, Hamilton, Port-Daniel, New- Carlisle.

Maria. M. W. Clapperton. Cette agence comprend les cantons : Angers, Carleton, Flahaut, Maria, New-Richmond, Nouvelle, Mann, Robidoux.

Cap-de-Chatfe. M. Delphis Roy. Cette agence comprend les cantons suivants : Cap-Chatte, Christie, Dénoue, Duchesney, Romieux, Taschereau, Tourelle.

Bassin-de-Gaspé. M. John Carter Cette agence com-

prend les cantons Blanchet, Cap-Rosier, Cloridorme, de Beaujeu, Douglas, Douglastown, Fox, Gault, Baie-de-Gaspé Nord, Baie-de-Gaspé Sud, Iles de la rivière Saint-Jean, Iles de la rivière Darmouth, Laforce, Larocque, Sydenham-Nord, Sydenham-Sud, Percé, Rameau, New-Port, Seigneurie de Pabos.

Tarifs de faveur pour !es colons.

Le mouvement colonisateur s'est affirmé le jour où le chemin de fer Intercolonial a traversé les riches cantons de la vallée de la Matapédia et que le chemin de fer Atlantique et Lac Supérieur nous a mis en communication avec les belles et plantureuses paroisses baignées par la baie des Chaleurs.

Matapédia.— Le pont Mercier, inaugiirc en ]906.

Grâce à ces deux voies ferrées, le trajet de Québec aux différents cantons du comté de Bonaventure est aujourd'hui rendu facile.

Le colon peut prendre à Lévis le convoi de l'Intercolonial qui le mène en droite ligne, à Matapédia où il peut loger soit à l'hôtellerie, soit à la maison des colons que le gouvernement fédéral a fait ériger en cet endroit, puis prendre le lendemain matin, à 8 heures, le convoi du chemin de fer Atlantique et Lac Supérieur à Matapédia qui longe la baie des Chaleurs sur une distance de cent milles, et le rend jusqu'à New-Carlisle.

Il peut aussi au lieu du chemin de ier, prendre le bateau à vapeur à Dalhousie et se faire conduire ainsi aux différentes paroisses établies le long de la route.

Voici, au reste, ce qui en est des distances par chemin de fer:

De Montréal à Matapédia par l'Intercolonial, 453 milles ; de Québec à Matapédia, 290 milles ; de Montréal à Dalhousie, 482; de Québec à Dalhousie, 319.

LyC chemin de fer de la Baie-des-Chaleurs se rend actuellement jusqu'à l'Anse-aux-Gascons, limite du comté de Bonaventure.

La Compagnie du Chemin de Fer de la Baie des Chaleurs accorde des réductions de passage et de fret pour les endroits de colonisation situés sur le long de sa voie.

Retour Matapédia à Broadiand, pour Saint-Fidèle. " Cross Point, pour l'Alverne.

" Nouvelle-Ouest, pour Escuminac.

" Nouvelle, pour Saint-Louis . . . . 0 40 '"3

Carleton, pour Saint-Omer 0 45 ^^

" Irishtown, pour Saint- Jules. . . . 0 60 m^

" Caplan, pour Saint- Alphonse. ... 0 80 ^

New Carlisle, pour Chemin Mercier.

Les enfants, moitié prix.

Pour le fret, un tiers de réduction du tarif ordinaire.

La distance de Montréal à New-Carlisle est de 557 milles, L'Anse aux Gascons, terminus actuel, est à une quarantaine de milles plus à l'est.

Pour bénéficier des tarifs ci-dessns, il suffit de s'adresser à M. L.-E. Carufel, agent de colonisation, 82, rue Saint- Antoine à Montréal, ou au Ministère de la Colonisation, des Mines et des Pêcheries, à Québec.

Aller

Pour les Français et les Belges.

Conseils pratiques.

Tout individu qui quitte son pays pour aller s'implanter ailleurs a un double but : gagner son existence et celle de sa famille, et s'assurer autant que possible des ressources ou des revenus pour ses vieux jours. Il doit donc avant d'émigrer savoir, si, dans un pays comme la province de Québec, où l'agriculture peut être considérée comme la source principale où l'on puise les moyens d'existence, il peut trouver des terres convenables pour y cultiver les différentes denrées et s'il y rencontrera l'aide et la protection qu'il lui faut non seulement au début de sa carrière, mais pendant toute sa vie.

Dans ce chapitre, nous allons donc traiter brièvement, établir par des faits, les moyens à la disposition du cultivateur et aussi l'aide et l'appui qu'il peut recevoir, non seulement du gouvernement, mais- des différentes sociétés ou associations qui existent dans la Province.

Il faut aussi pour que l'émigrant quitte son pays avec raison, qu'il soit à peu près certain de trouver ailleurs mieux qu'il ne peut obtenir chez lui.

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Ceux qui viennent s'établir dans la province de Québec peuvent le faire de deux manières, soit en achetant une terre de 40 hectares, non défrichée, pour un prix nominal de 2 à 3 francs l'hectare ; soit en prenant une terre en partie défrichée sur laquelle il y a 3 ou 4 hectares disponibles pour la culture.

Les célibataires dans les 20 ans peuvent mieux que tous autres prendre une terre non défrichée, ils n'ont pas de famille à faire vivre, et ils peuvent facilement travailler pendant l'été à gages, et pendant l'hiver défricher un certain nombre d'acres de terre et ainsi, tout en gagnant leur vie, ils se préparent tranquillement, mais sûrement à devenir propriétaires.

L'homme au contraire qui est marié et qui a besoin de ressources immédiates pour faire vivre sa famille, fera mieux d'acheter une terre sur laquelle 4 ou 5 hectares auront été défrichés et qui lui suffiront au moins pendant quelques temps, pour faire face à ses besoins.

L'on trouve assez facilement de ces terres avec maison et grange pour 3,000 ou 4,000 francs, et le vendeur en recevant une partie du prix accorde des délais de paiement.

Actuellement d'ailleurs, l'on rencontre des habitants du pays dont la spécialité est de faire des défrichements pour des prix variant de 40 à 50 francs par hectare. C'est donc là rémigrant qui connaît ses ressources et ses moyens à voir ce qui lui convient le mieux.

Quant aux terres, nous l'avons dit ailleurs, et les résultats sont là pour témoigner de l'exactitude de nos avancés, il y en a d'excellentes pour l'agriculture, dans toutes les régions ouvertes à la colonisation, qu'il s'agisse du Témiscamingue, de la variée de la Matapédia, de la Gaspésie ou du Lac-Saint-Jean, et l'homme qui fait attention, qui se renseigne, ne peut faire autrement que de tomber sur un bon lot.

Il ne faut pas oublier non plus que sur sa terre non seulement il trouvera le bois de chauffage nécessaire, mais encore du bois de commerce qu'il abattra l'hiver pour se procurer l'argent nécessaire à l'amélioration de sa ferme.

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Pour faire voir s'il est réellement avantageux pour des jeunes gens ou des jeunes couples de venir s'établir dans la province de Québec, qu'on nous permette la comparaison suivante :

Nous allons prendre des jeunes gens s'établissant en Normandie sur 5 ou 6 hectares de terre; d'autres jeunes gens s'établissant dans la province de Québec, sur une ferme de 40 hectars, dont 5 ou 6 hectares seulement peuvent être utilisés en. culture.

Quel va être l'avenir des uns et des autres?

En France, ces jeunes gens devront louer à bair la terre qu'ils occupent. • Si elle est en labour, pour 6 hectares ils paieront en moyenne de 550 là 600 francs de loyer ; si elle est en prairie le prix s'élèvera là 650 et même 700 francs. Il leur

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faudra avant d'avoir un sou à eux trouver leurs moyens d'existence et d'un autre côté payer au propriétaire le loyer annuel.

Que se passe-t-il au contraire dans la province de Québec?

Le cultivateur n'a pas de loyer à payer. Non seulement il aura pour lui le produit total de ses récoltes, mais encore les recettes qu'il pourra retirer de la vente du bois qu'il fait l'hiver. C'est dire qu'en France, quand il peut vivre et payer son propriétaire, le petit cultivateur ne fait guère que travailler pour celui-ci, et il lui est impossible de mettre de côté assez d'argent pour accjuérir plus tard une propriété.

Au contraire, dans la province de Québec, le petit cultiva-

Baie-des-Chaleurs. — Séchage de la morue ù Paspéliiac.

teur a pour lui tous ses revenus, il s'agrandit en un mot tous les jours, et c'est ainsi que nous voyons au bout de quelques années, des gens qui n'avaient pas le sou et qui cependant deviennent propriétaires rapidement de fermes évaluées à 30,000 ou 35,000 francs.

Bien entendu dans la province de Québec, comme partout ailleurs, la richesse ne tombe pas d'un coup du ciel ; les premiers temps sont durs, mais il y a au moins cette heureuse perspective que des gens qui travaillent pendant quelques années peuvent

facilement s'assurer non seulement leur existence, mais devenir de bons propriétaires à l'aise.

Aujourd'hui, grâce aux chemins de fer qui sillonnent la province, dans tous les sens, et qui permettent le transport en gros des denrées sur les principaux centres de consommation, le cultivateur n'a pas de déboursés considérables à faire pour écouler ses produits. Les prix sont parfaitement établis suivant la nature et la qualité des denrées, et le commerce se fait facilement.

De plus, la principale industrie agricole de la province de Québec, c'est l'industrie laitière, car beaucoup de cultivateurs ne font de culture de céréales que pour leurs besoins et ne gardent guère que des terres en prairie.

Comme partout ailleurs, en Amérique, la main-d'oeuvre est chère et difficile à trouver, c'est pour cette raison que les Canadiens-français, avec des terres d'ailleurs très fertiles se sont spécialement adonnés à la fabrication du beurre et du fromage. Cette industrie ne demande que peu de maind'oeuvre, et d'un autre côté, grâce à l'établissement un peu partout de fabriques co-opératives de beurre et de fromage, les cultivateurs n'ont qu'à porter leur lait, le matin et le soir, à la beurrerie et à la fromagerie, où ils reçoivent des prix qu'ils considèrent actuellement comme très rénumérateurs.

Poids, mesures, monnaies.

La livre du Canada vaut 454 grammes

L'acre du Canada vaut 40 ares

2 1-2 acres du Canada valent ... 1 hectare L'arpent en superficie vaut .... 34 acres Le mille du Canada vaut .... 1609 mètres

La verge du Canada vaut 3 pieds

Le pied du Canada vaut o. m., 30 1-2

Le gallon du Canada vaut .... 4 1-2 litres Le minot du Canada vaut .... 36 .itres

La piastre ou dollar 5 fr. 25

Trois dollars et soixante-quinze centins 20 frs.

Salaires minima.

Garçon de ferme, de 6o à loo frs par mois. Jardinier potager, de 75 à 125 frs par mois. Jardinier fleuriste de 100 à 200 frs par mois.

Servantes, service domestique général, 60 à 80 frs par

mois.

Cuisinière, 75 à 125 frs par mois.

Couple marié, sans enfant, service domestique général, 150 à 200 frs par mois.

Les personnes ayant des aptitudes spéciales sont généralement rénumérées plus libéralement.

Terres à affermer.

Les terres de la province de Québec se louent, soit en nature, et dans ce cas, le propriétaire fournit la terre avec les bâtiments et les instruments aratoires, la moitié ou la totalité des graines de semence, et il partage les récoltes avec le fer-

Industrie Forestière. -T'n "chantier"" «lans la Baie-des-Chaleurs.

mier; soit en argent, le prix varie suivant les localités. Ces fermes se louent aussi avec ou sans le bétail.

Ce système d'affermage des terres est une excellente expérience pour le colon immigrant. Il se met ainsi au courant des méthodes de culture, etc., et il acquiert une précieuse expérience avant d'acquérir une propriété.

Il peut aussi être très utile aux Canadiens des Etats-Unis et aux ouvriers des villes qui n'ont aucune expérience de la culture.

Les frais de douane et les entrées libres.

L'article 455 du tarif des Douanes du Canada promet l'admission en franchise de certains effets et articles d'immigrants, savoir: — "vêtements, livres, mobilier ordinaire et raisonnable et autres effets de ménage, instruments et outils de métier, oc-

cupation ou emploi, fusils, instnn-nents de musique, machine à coude d'usage odmestique, clavigraphes, bicyclettes, charrettes à deux ou quatre roues et autres véhicules de roulage, instruments aratoires et bétail vivant pour la ferme, non compris le bétail sur pied ou articles pour la vente ou pour usage comme partie d'un outillage d'entrepreneur, ni les véhicules, ni les instruments à traction mécanique, ni la machinerie à l'usage d'un établissement de fabrication ; tout ce qui précède et qui a été effectivement à l'étranger la propriété de l'immigrant pendant au moins six mois avant sa venue au Canada, et sous la réserve des règlements du ministre des Douanes ; toutefois, ne peuvent être déclarés comme effets d'immigrants, les articles imposables qui n'accompagnent pas l'immigrant lors de sa première venue ; et ces articles ne peuvent être vendus ni autrement aliénés sans acquittement des droits avant qu'ils aient été douze mois en usasse effectif en Canada."

Pour devenir Propriétaire.

Le choix d'un lot.

C'est, pour le colon prévoyant, une affaire de première importance. Il y va de la réussite ou de la non-réussite de sa tentative de s'établir et d'assurer le bonheur et l'avenir de sa famille.

Le colon devra étudier ses goûts, ses aptitudes et le genre de culture qu'il entend adopter.

Il devra aussi consulter de préférence l'agent des terres ou le curé, personnes bien au fait de la situation des lieux et du genre d'épreuves et de labeurs que doit subir tout colon défricheur.

Visiter minutieusement le lot de terre que l'on a l'intention d'acquérir, sa situation par rapport au marché où il écoulera ses produits et aux voies de communications est aussi pour le colon une condition essentielle de succès.

Celui qui veut s'établir sur une terre boisée doit avoir quelque argent pour pouvoir vivre pendant au moins un an. Les travaux des chantiers et de la construction des routes publiques ne peuvent faire vivre un colon ; c'est une aide, voilà tout!

On peut dire d'une manière générale qu'un colon sobre et laborieux peut' être siîr de réussir avec un capital de deux à trois cents piastres.

Il est préférable pour le colon de se rendre sur son lopin de terre le printemps et de profiter du bon marché des derniers chemins d'hiver. Plusieurs s'y rendent toutefois l'automne, font quelques défrichements et constinusent la maisonnette qui abritera la famille le printemps suivant. Ces travaux préliminaires sont certes très utiles, car ils évitent à la famille les ennuis et les inconvénients du "campement provisoire".

Le prix des terres.

Dans la Province de Québec, il est purement nominal — trente à cinquante centins l'acre. Et encore, ce petit montant n'est pas immédiatement exigible, ainsi qu'on va le voir.

Conditions de la vente.

La vente d'un lot de terre s'effectue aux conditions ciaprès énumérées et reproduites du billet de location :

L'acquéreur pourra payer la balance du prix de vente en quatre versements égaux annuels, avec intérêt de 6 p. c. de cette date, mais il faudra qu'au moins un versement soit payé chaque année.

L'acquéreur devra, dans les dix-huit mois de la date de la vente, bâtir une maison habitable d'au moins i6 pieds sur 20, l'occuper et y résider continuellement de ce moment jusqu'à l'émission des lettres patentes.

Dans le cours de cinq ans, il devra défricher et mettre en bonne culture (en vue de récolte profitable) une étendue d'icelle égale à au moins quinze acres en un seul bloc, mais il faudra que chaque année il défriche au moins trois acres, et il ne pourra défricher plus de cinq acres par année, sauf si le bois a été détruit par force majeure, et après autorisation spéciale du Ministre des Terres ; et à l'expiration des cinq années, il devra posséder sur le dit lot une grange d'au moins 20 pieds sur 25 et une étable d'au moins 15 sur 20, les deux pouvant néanmoins consister en une seule et même bâtisse. Trois acres au moins de la partie en culture devront être labourables.

Il devra, chaque année, cultiver le terrain qu'il aura défriché comme susdit.

Il ne sera coupé de bois avant l'émission des lettres patentes que pour le défrichement, le chauffage, les bâtisses et les clôtures; et tout bois coupé contrairement à cette condition sera considéré comme ayant été coupé sans permis sur les terres publiques.

Nul transport des droits de l'acquéreur ne sera fait pendant cinq ans de la date de la vente, excepté par donation entre vifs ou par testament, en ligne directe ascendante ou descendante ou par succession "ab intestat", et dans ce cas, le donataire ou l'héritier seront soumis à la même prohibition que l'acquéreur primitif.

Les lettres patentes ne seront émises, dans aucun cas, avant cinq ans à compter de la date de la vente, ni avant l'accomplissement de toutes les conditions d'icelle.

L'acquéreur s'oblige à payer la valeur des améliorations utiles qui peuvent se trouver sur la terre vendue, appartenant à d'autres qu'à lui ou à la Couronne.

Toute personne qui a obtenu pour fins de colonisation, tant en vertu des lois antérieures qu'en vertu de la présente loi, la quantité d'acres de terre alors permise, ne peut en obtenir plus, tant qu'elle n'a pas fait émettre des lettres patentes pour les terres qu'elle détient sous billet de location, et, tant qu'au moins la moitié des dites terres n'a pas été mise en culture. Néanmoins tout concessionnaire qui, ayant obtenu une première concession de cent acres, fait devant l'agent une déclaration attestée sous serment qu'il est père d'au moins quatre enfants n'ayant pas atteint l'âge de seize ans, a droit à une nouvelle concession de cent acres.

Les colons sans titre.

Les colons sans titre (Squatters) sont ceux qui occupent des terres sans les avoir acquises de la Couronne. Ils ne sont pas reconnus par le Ministère, mais ils peuvent, en certains cas, être admis à régulariser leur position, c'est-à-dire obtenir un titre de propriété qui les empêche d'être dépossédés à un moment donné des améliorations qu'ils peuvent avoir faites.

Ils s'adressent, à cet effet, à l'agent local ou au Ministre des Terres et doivent payer au moment de l'achat la rente d'occupation.

La coupe du bois.

Il n'est aucun droit de coupe pour le bois coupé dans le défrichement.

Le porteur de licence de coupe de bois doit, pendant le temps qui lui reste (de la date du billet de location au 30 avril qui suit), pour prendre le bois sur la terre du colon, donner à celui-ci la préférence pour la coupe ou la préparation du bois marchand au prix payé par le susdit porteur de licence dans la localité.

Par contre, le porteur de licence a la préférence d'acheter le bois marchand provenant du défrichement d'un lot situé

dans les limites de sa concession forestière, au prix qu'il paie dans la localité.

Privilège des colons.

Le gouvernement non seulement tempère la rigueur des lois concernant l'exécution des conditions d'établissement, çiais il en a créé d'autres pour protéger le colon contre sa propre imprévoyance ou la rapacité de ses créanciers.

C'est ainsi que les terres publiques octroyées aux colons sérieux, à quelque titre que ce soit, ne peuvent être engagées et saisies, durant les cinq premières années, ou avant que les lettres patentes ne soient émises, pour aucune dette quelconque, excepté les taxes ordinaires et spéciales. Et pendant les trois mois qui suivent l'émission des lettres patentes, le colon peut se constituer un patrimoine de famille de cent acres au plus et l'exempter de saisie, de même que les bâtisses qui y sont érigées, durant un laps de temps ne dépassant pas quinze années, excepté s'il s'agit de purger des charges ou hypothèques qu'il aurait consenties avant d'avoir obtenu son titre de propriété. Ce privilège s'applique aussi bien à sa veuve, ses enfants, ses héritiers ou donataires. (Articles 2091 et 2092 des Statuts Refondus).

D'autres privilèges d'exemption de saisie sont également décrétés en faveur du colon, sur certains effets de ménage, vêtements, combustibles et comestibles, animaux domestiques, instruments aratoires, matériaux de construction. Mais comme dans le premier cas, cette exemption ne couvre pas les taxes m^nlicipales et autres.

Toutefois, il va sans dire que le colon peut toujours aliéner son bien, à titre gratuit ou onéreux, même sans le consentement notarié de son conjoint.

Entretien des ponts.

En vertu de la loi 56 Victoria, chap. 22, les municipalités sont tenues à l'entretien des ponts en fer ou en bois qui se trouvent dans leurs limites. Il en est de même des chemins d'approche de ces ponts. Les municipalités doivent donc les faire peinturer régulièrement pour empêcher la rouille ou la pourriture de les détériorer. La même remarque s'applique

aux rivets, aux clous, etc. qui doivent être remplacés quand il en est besoin.

La loi que nous avons citée plus haut décrète une sanction rigoureuse envers les municipalités qui ne feraient pas leur devoir.

Le gouvernement s'impose d'assez lourds sacrifices pour la construction de ces ponts, qu'il n'est que juste que les conseils municipaux en prennent soin.

Agents du Gouvernement.

Ils ont pour mission de fournir, soit verbalement, soit par écrit, tous les renseignements, brochures, cartes, etc., dont le futur colon peut avoir besoin.

Montréal, 82, rue Saint-Antoine. AL Emile Marquette, tout ce qui concerne l'immigration et les mines.

I\L L.-E. Carufel, pour tout ce qui concerne la colonisation la chasse et la pêche.

M. l'abbé Ivanhoe Caron, colonisation et rapatriement.

Laurcntidcs, P. Q. Damase Gauthier, colonisation et rapatriement.

Québec. Capt. Geo. LeBel, immigration.

Ville-Marie. AL A.-O. Barette, mines.

HhU. E.-H. Laflamme, mines.

Worccster, Mass. B. U. ].-B. Lucier, rapatriement.

Paris, 10, rue de Rome. M. E. Bélanger.

M. P. Fourcin.

" '• " M. P. Wiallard, immigration.

Anvers, 23 Place de la Gare. M. D. Tréau de Coeli, immigration.

N.-B. — AL E. Alarquette s'occupe tout spécialement du placement gratuit des domestiques, garçons de ferme ; de l'émission des certificats de mineurs, de permis d'exploitation, etc.

AL L.-E. Carufel fournit les renseignements divers sur les régions à coloniser, l'obtention des facilités de transport pour les colons et l'émission des permis de chasse et de pêche.

Brochures, cartes, etc. — On peut se les procurer gratuitement, soit en s'adressant au bureau d'immigration et de Colonisation, 82 rue Saint-Antoine, Montréal, ou au Ministère de la Colonisation, des Mines et des Pêcheries, à Québec.

Les moyens de subsistance.

Les colons qui s'établissent dans les régions nouvelles et qui ont certains moyens de subsistance font mieux de consacrer tout leur temps au défrichement de leurs lots ; ils seront plus vite en mesure de vivre du revenu de leur terre, mais ceux qui sont obligés, pour assurer la vie de leur famille, de chercher du travail, trouveront, dans les nombreux chantiers qui se font tous les hivers, à gagner de vingt à trente piastres par mois. Pendant la saison de l'été, ils peuvent avoir de l'emploi à la confection des chemins du gouvernement. On paye pour ces travaux $1.25 par jour en moyenne.

Une autre source de revenus pour le colon, est la vente du bois de service fait dans le défrichement, aux marchands de bois qui paient de bons prix. Cette industrie est d'autant plus rénumératrice pour le propriétaire d'un lot, que ce lot est bien boisé et libre de toute redevance au gouvernement. En somme, les moyens de subsistance sont multiples dans les forêts. Chaque année il est payé aux colons par les propriétaires de limites en achat de bois, salaire et pour la coupe et le transport des billots plus de cent mille piastres valant.

Trois grandes ressources, l'agriculture, l'ouvrage des chantiers et la vente de son bois, en tenant compte des restrictions que la loi impose, contribuent à la prospérité du colon.

Pour les fils de cultivateurs.

Il n'est pas rare de rencontrer des cultivateurs ayant quatre ou cinq fils, alors qu'ils n'en peuvent établir qu'un seul.

Nous sommes en état d'offrir aux pères de ces jeunes gens des terres relativement faciles d'accès, aux prix ordinaires de 20 et 30 centins l'acre.

Ils pourraient prendre un de ces lots de cent acres et l'ouvrir moyennant une légère dépense annuelle, et ils y établiraient leurs enfants quand ceux-ci seraient en âge de se pourvoir.

Combien de fils de cultivateurs, ne sachant pour ainsi dire que la culture, quittent le toit paternel pour se livrer à des

occupations dans lesquelles ils végètent le plus souvent, quand ils pourraient utiliser les seules connaissances qu'ils possèdent, sur des terres qui coûteraient peu à leurs familles et oii les sacrifices et les misères du début leur seraient pour ainsi dire épargnés.

Nos terres prennent de la valeur tous les jours, pourquoi les fils de nos cultivateurs ne seraient-ils pas au premier rang de ceux qui sont appelés à en bénéficier, (i)

Terres en partie défrichées.

Il n'est pas rare de rencontrer des cultivateurs qui réalisent bien l'avantage qu'il y aurait pour eux sur les terres nouvelles, mais qui se croient un peu vieux; ou encore de jeunes gens qui craignent de se livrer au rude travail du défrichement.

Aux premiers comme aux seconds, nous conseillons, s'ils ont un petit capital, l'achat de terres défrichées ou en partie défrichées.

Il y a toujours de ces terres à vendre, dans les différentes régions à coloniser. Ce fait est peut-être de nature à impressionner défavorablement le futur colon ; mais il ne faut pas perdre de vue qu'un certain nombre de gens s'étant improvisés défricheurs sans avoir les qualités requises pour mener à bon terme ce rude travail, ont dû abandonner leur ferme qu'ils ont vendue à très bas prix. Il y a en outre un certain nombre de bûcherons qui font oeuvre de défricheurs. Dès qu'un lot est dans les conditions requises pour faire vivre une famille, ils le vendent et s'en vont recommencer plus loin.

Eh bien ! ces terres s'offrent aux cultivateurs de nos vieilles paroisses qui vivent à l'étroit sur une terre de soixante ou cent arpents et ne peuvent établir les trois ou quatre garçons qui bientôt prendront la route de l'usine ! Il y en a pour toutes les bourses, depuis $500 jusqu'à $1000 et $2000.

Mais ici encore nous conseillons la plus extrême prudence. @ue celui qui veut acquérir une ferme dans ces conditions, aille la visiter avec soin avant de conclure un marché.

(!) M. yS'. Dufault. Lettre au Ministre de la Colonisation, etc.

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