Les voitures et autres instruments d'agriculture
7. Le débiteur pourra choisir» isur tout plus grand nombre de la même espèce, les effets particuliers qui seront exempts de saisie en vertu de cette loi*
Mais rien de contenu dans cette loi n'exemptera 4e saisie en paiement d'une dette contractée pour
tel même article, maçan des effets énaméfée aiuc pareKmpIie4 8, 4» 5 ou 8» C'est-à-dire qae celai qpûi «or» yenda au colaa les objets mentionnis à ces< parsKraphes, pourra las ùir9 saisir en recouTrement' 4a prix de vente.
Les dispositions rfe^cette loi s'appliquent également è la yeure, aux enfafits et aux héritiers du colon*
Il y a des personnes qui trouvent peutrétre- q|ie« ees privilèges ne sont pas encore assez étendus ;mai& comme le remarque rexcellente brochure publLêerécemment par le Ministre de l'Agriculture :
"La Législature de Québec n'a pas cru devoir poosK ser plus loin la protectipn dont elle entoure lo coloa à ses débats. En effet, ne serait-ce pas créer aut colon des embarras sérieux, que de lai accorder plu& de privilèges qae n'en com portent les exemptiona que nous venons d'énumérer ? Il lui £»ut ua certain crédit pour se procurer leçi avances qui lut sont nécessaires de tefups à autre ; et si la loi refusait au marchand tout rt^coars légal contre luî^ il serait toat naturel de supposer qu'il ne lui livrerait que sur» argent comptant, même les choses les plus indispensables â la vi3- Ainsi, en voulant protéger le? colon outre mesure, on lui enlèverait sa solvabilité^ d* on s'exposerait à le voir mettre ses meubles et se&. animaux &n gage, ou les vendra à vil prix poar faireface à un besoin pressant.*'
Il est bon de remarquer que ces privilèges ne s'*ap— pliquent qu'aux colons qui s'établissent sur les terres publiques et non à ceux qui prennent des lots de la compagnie des Terres ou autres .
Pour ce qui regarde les octrois gratuits de terre, if ^t possible que plusieurs colons sauraient en pro£Lter;: mais îl est bien certain qu'il en résulterait une £jtile d'abus. Nous ne voulons pas entrer ici dans Texa— men d'une question tant de fois dfscutée ; nous nous^ contentons de dire que robligatîon de payer troi& chelins l'acre,' avec les termes les plus frcilesi ne peut
pas être und objection sérietti^ pour rhomme qui possède les rebsouroes indispensables quand même pour
Sans doute» il faut protéger le colon, mais n'est-il pas juste qu'il paye lui-même quelque chose lorsque l'on fait tant pour lui ? Serait-il raisonnable que la nation fut taxée pour les frais d*arpentage, des Agences, des chemins de colonisation etc, etc, et que celui qui doit retirer ,nn bénéfice immédiat de toutes cei^ dépenses n'y contribuât en rîén ? Car, ne l'oublions pas, le gouyerneraent de Québec paye près d'un demi mitliàn de piastres, par année, pour des îins de colo^ nisaiion. '
Pour revenir au défaut de protection dont on se plaint de la part du gouvernement, ce dernier donne une-autre preuve non équivoque de sa bonixe dispo* sitîon en faveur du colon, par la détermination ferm» qu'il a prise de mettre, plus que jamais, à exécution la loi qui concerne les conditions de la vente des terres publiques, et d'empêcher par là toute spéeijilation aux dépens de la cplonisation. I)e sorte que, désormais, ceù'x qui visiteront les cantons de l'Est d^i^s le but de se choisir un lieu d'établissement et qui rencotfti-eront'ifn lot qui, d'après les livres de l'Agent des Testes parait avoir été vendu, mais sur lequel on a manifestement négligé de remplir quelq^es-une» des conditions voulues par la loi, (1) pourront considérer ce lot comme appartenant encore au gouvernement et l'acheter de ce dernier à leur tour.
I^e climat des Cantons de VEst est très-f^oid ; le^ mois^ sons y gèlent chaque année.
Mais si le climat est froid à un tel degré, comment se fait-il qu'oli y rencontre des belles fermes, que les cuMivateurs y récoltent de si riches, r^ioissons ? Non, le clitnàt des Cantons de l'Est est prouvé . être favorable à l'agriculture par les développements
«' (1) • Vdlr ce» conditions à page 9, 10 et 11.
qu'elle y a pri8,et»ai les graill^ tardif» gèlent quelque*^ fois dans les premières anaées du défirichement^tout le monde sait que la même chose arrivait qnaud noa terres des Seigneuries ont été défrichées, ce qui v!% pas empêché ces dernières d'être considérées cojtnmv des terres avantageuses.
Quiconque visitera les Cantons se convaincra jus qu'à quel point cette objection est peu fondéo suv les faits.
Ce n^est qu'à défaut €une carrière quelconque, qu^on doit se décider à aller s^ enfoncer dans la for et*
Voilà une idée erronée, si jamais il en fut* La carrière du colon est premièrement très-honorable* L'importance qu'on attache, avec raisonna la colonisation fait que les colons sont aujourd'hui nos héros, et les soldats dévoués de notre nationalité : la postérité devra proclamer leurs noms avec reconnaissance et respect. En second lieu, c'est une carrière profitable. Nous l'avons en partie démontré ; cependant quelques réflexions de plus ne nuiront pas à la vérité .
Des chiffres sont ici nécessaires. Nous avons déjà vu que le défrichement d'un acre de terre peut coûter de $10, à $12 ; disons qu'un acre coûtera $12, afin qu'on ne puisse pas nous reprocher d'embellir les choses .
Calculons à présent :
I^rix d'achat de l'acre de terre |00 . 60
Goût du défrichement ^ 12*00
Frais de herser et semer, y compris la semence et lagraine dé mil et de trèfle 5.00
Total du capital investi,... I17.&V Maintenant cet acre devra donner, sans compte? ^ produit de 1& cendre si c'est dans le bois fri^K, ui.^ quantité de grain valant au moins - 110, 'déductic:. faite du coût de la récolte. Cet acre de terre dQQnera encore au mpins^ .une. tpnno de fçiA.par.auate
pendapt 9^e; CUIS, t^ foin dans jj^â pantona xi^a* reaux f|B tii^ façllQJi^Qt f IQ^Ja tpime en moyeime : déduiaout |^ par f^XB fK^ar coiit d^ \n^ récolte dt foin il reste |7 claii^ |>%f aqre, p^adaot A^ jeins* Si on w veatipant se h^r aarraphér les sonc|ie|s« mais attendre qn'e^eff, tpmbea^ , dVUfs-mMès^ on peut en* core Ii^saçr e«} |>àtara^o-pôndant trois on qatitre ans : ce pàtaraye raat au 'moins une. piastre de l'acre par ann^e. fit qfiand on saura cpuiin^nt pousee le foin et rkerbe sur les terxes^ouTellem^snt défrichées dans les cantons, on trouvera que ces eatimés sont souvent au dessous de U( moyenn<9. I! n'est pas rare 4V. rencontrer des prairies, donnant encore une tonne de foin par acre aprj^s ;pi^uf ans de défrichement, et par conséquent, après huit récoltes d^ foin consécutives.
Résumons oei différents revi^uus':
Récolte de i^rain de le première année $10. 00
Récolte de foiçi pendant aix ans, a une tonne par ^nnée, $7 la tonne 42.00
Pâturage |)endànt 3 ane> à $i par ânnëé 3-00
Total remboursé,. $55.00
A déduite îe montant investi... 17.60
P^rolit clair.... $37.40
Le colon a donc, en dix ans, remboursé le capital investi mt de pids ré^lièéi>3T.40 , c'e^t à-dire un peu ' plus que20!p pour iOQ.
Il ne fai;t pas otiblier maintenant que lé colon se trouve avec un acre de 'terre prér"à Wre labotiré» qui vaut au oioin^'4^; et^qc; Va luF donner, surtrii' preœier i^boununeéiceUente récolté* ' ''
Qae l'onippiiqtie mai^tehaiitee dàleul à un homme qm a lermotens^d^eiraéffjther de suite plusieurs' acres vi Ton r^ftA si la cnrrtérè du' colon est «i méprisable après tour; ''\ ;■ ";. \; /:^ ''y ; •; • •
Non. nous ne '^i-àïgnoWi pas 'jel'ijfirinéi-, il y à de l'avenir Jans la 'volonisi^tion dés tèfres Incultes. De
l'avenir pour celai qui n^a gu'uu faible capital, corn; me potir celui qui a' de fortes .èômihBs à ^nii ^po^tion. ''Et ïiiiixÉ cràyûni même qiié cé'àéisAi flife bonne sp^idûlatiofi p6ût un ca^rifàlisié l^tié^ d'aAiefét une terre en bois 4ebottt e;t de îâ ff^ d'ééricher ; mais à cette dernîèro conditïpti. qd*fl la iktoe 'dSfSKchef ; car defui qnî acHèfèralt ' une tei¥é pùVHq'àe ^ dansftinîqtté bût de la VerëûUïe pïtis Wi^d *èf dt profiter àes sueurs dès colonis qui dèfïîcHéronfKslôts voisiiis, celui^lài^bn-seuifeinérit ne fera p^as.dè profit,, mais tie mérite aucunement d'èn^îre. ^ '" " ' '""
Enfin nous ne finiriops plus s^l nojafe'falfàîtVê'pohire atii inîUe objections que' Top'fSit' souvent, avec plus ou moins de bonne fol, contrôla colonisation.
La colonisation est une œtivré trop t)#lle,' tro^ boimê et trop 'vraie,p6ur qu^elle^n'ait^as sê^ Aàteiksxtks. Certaines aons ne se côhtentont i)as,de iul tébbîgnér
une indîfierence déjà coupablte fmîîs'ttiêàie 6e plkl-
■fi'»'»» fc '1*.
sent à feire naître* contre* elle une |ôule dé préjugés. Aux amis ^du vi:âî, aux bqns pàfr^ofe^J 'cotttiùe'il s'en rencontre heureusementdaas toutes lés localités, incombe la^tàche de coipbaJttre^ suivait, l'occasion, les idée^car^onéeQ répanduè^s av^c^mj^Iice *çt ijçnorance par ces êtres que 1 on rencontre partout où il y a du mal à faure et partout où il y. a du bien à contrecarre?. ^ ^ , . . ^ ^ ,^ ^^^^ r ,.
Texxninppg .ce <îAaçitre par^ un^ le^ttre msçrj^e dans le Pionnier de SherWooke^an Août ^^rnie^j^ :'l '.
je ne puis demeurer. jpijf^L dwaui^teççiM où^^i^mot peutIpUre tant de b{en« ,i?fsivL^Xiàé% vou^ quelg«(^ annéea» djB , pi'étatlir àeam^ un Q wt^pî nôuvçàiî, '. et ce ne fut ç^u'ajjrès p^âujôçfip de.iine^ox|f iriji}^ mq décidai* Je voua assure que Tes premières ànîiées de ncnnve^TiL cplp^ pour moi oi^t été p^nihlm ; c'eat-àdire ce n'était paç tênnnid^^a yieilles pftrqisseii, ni
»o.h èpausç ïureint pèii^és 4e yoif îe^r ^IJ^aiqsî enfoncée dans les Sois, et mes anciens am|&me. Iraitiaàeï^t .d'hçmmç ga^is oap|Lcité,^jj^rceq^u*i4s élisaient %^^ jfi HP^^yf^is biei^ '^ivrç coname les autres à^n^ les vjlfiU^ fj^G^ ; qjOj'pntpi fit,^^ t^l vivai^çnt :bi<m et
(ju'ils^Y iaisaîefnf 4^ JÇf^r€^^ ioS* ^^P^^ ^1^.4? c®'^^ qiû ce^imeme^j; jurait dû. m'encour ager m'insulta bi^A {o^iejiiQem ç^. .m'4^QUsa;ut d'^^yoir en .la iàcheté 43' Bti' wfoftçeT 44^ les bpj^ç, , Ççtte mêç^e pôreionne anjquj^'W «-. ^iQïi ^Çbaijgé ^ de manière h^MÎh P^isqo'oU^ e^ %c^j9ucd'nui t^rj^s»- wconr^g,ée à onypyer des
** Jj^jVoijp :&i§*,n9f.récHqWJie flâner» pa^.mQs anciens amis. Sijel^;.£a|^ co^'est p^s .pour faire de peine à qxjà^ que icw) soit / o*est pour donner à connaît tre à vos lecteurs les sacrifices que j'ai faits, et je rendit ^râce à Dieu de m'avoir fait prospérer dans les bois, beaucoup j^uîs ^tie j*y a Ws d'abord éobgé.
*' Il n'y a que quelques années que je suis sur ma nouvelle terre, qui ne me coûte pas bien cher, et je vois que mes récoltes me donnent autant qu'une vieille terre des paroisses, qui coûterait de sept à huit mille piastres, et cependant je n'évalue ma terre qu'à trois mille piastres ; mais elle vaut autant que l'autre puisqu'une fiohhe autant de profit. Certainement on dira que c'est dans le bois, loin du mondât . H^n^etlb pas le pas'; il yf a éx\ monde ici, des gens ^ni sont du <T7ai «monde, pas SKê langé de paresseux ;ii^'è3Bt.t)Ur;
" Il y a un grand mal qnf Bètaiide la colonisation ; lo*. l^.l&i^kdté désjeitites canadiens ponr se mettre à.i'oUvcage : il £ant <|ia'ils4»BQnt. teur vie de ccarçon diesi leur père» à^épenser au. plaisiTroe q«i les établixait. dans les Gantons. Sto. La lâcheté d'uH grand nombre <|ai. peur enf ' akbér 3à la colonisation et qui ridiculisent ceux qui s'y engagent. 3o. C'est que le
tnoBdet^t plus porté à crairt Im &bx rêcttt dM coloDA paiesMUX et aaiit talent^ quKmt obligés de quitter leurvtarree pour Cttut de paiewe, que de ercaro les bonsvcpports quiaoftt domiéf per é^ colons pratiques.
** Allons, jeunes gens des lieillse psro is ses, fiâtes un effort et venez, aussi tous, tous adbeter des terres. ITsttendez pes qu'il soit trop tard. N*aysc pas honte de £ûre ce que tos snoitres ont ùit ; ils sont bien partis de la belle France pour Tenir coloniser le beau psjn du Canada ; ils ont fait plus de sacrifices que TOUS n'en feries en tous établissant dans nos beaux Cantons. Vous n'aurta pas coBUne eux à tous défendre contre les tribus sauTages qui leur fusaient là guerre à tout instant. Je tous lUTite k Tenir jouir du bonheur de la Tie de colon, comme j*en jouis et plusieurs autree que je connais*
A la résidence d'un
•C01.ON- '' Cantons de TEst. 18 août, 18T0.
XIT.
L'XMIGRATION AXPi ETATS-UKIS.
U est. impossible de perler de cdorisation sans aborder une aatrs question, qui s'y ruAtacjie d'une manière intime : nous roulons dire l'Emigration des Canadiens^aux Etats-TJiiis* .
Nous n'aTons pas Tintentioa de nous laisser aller à de longues et savantestconsidénitiob» sur ce déplacement si regretlahleC de nos compalrii^tes. Le seul point de Tue« eous le<;fuel noua TonkniS l'enTÎsager, «st le remède que peut lui offirir la CQlomsation^
Qae rémigratioB des Oanadiens aax Etats-Unis ■oit déplorable, tont le monde en conrient. Il n'y «rait qne les trattres à leur pairie qui ponitaient se s^jonir d'une cause si certaine de notre décadence, it ces traîtres, s'ils existent, sont en très*potit nombre. *i?ous les Canadiens honnêtes qui n*o*it pas perdu le "^^ntiment de Pbonneur national, gémissent sur le départ journalier de leurs frères. Ce n'est pas ici une question de parti politique, c'est une question de vie ou de mort pour la race Canadienne-Française* Ce n'est qu'en arrêtant les progrès alarmants dé l'émigration que la Prorince de Qnébec maintiendra son prestigSf son influence Tis-à-vis des autres sections du Canada. C'est en opposant une digue efficace à ce flot destructeur que nous éviterons l'abîme dans lequel il nous entraîne d'une manière évidente. Car il n'y a pas à se le dissimuler : notre nationalité subit en ce moment une épreuve trèscritique dans cet abandon du sol par une partie de nos compatriotes-
Il ne se passe guère une journée salis que Ton voit des familles entières s'embarquer pour les Etats* Unis . Partout on n'entend parler que de gens qui émigrent ou qui se proposent d'^migrer* Que voiton, en parcourant nos campagnes ? des maisons fermées, des terres abandonnées de leurs propriétaires. Chaque famille pleure quelqu'un de ses membres, dont elle est privée. La jeunesse, cet espoir de la patrieya presque totalement disparu. On dirait que la guerre a exercé ses ravages et porté la désolation au sein de nos belles paroisses* En effet nous supportons une gnerre terrible, nous avons un ennemi redoutable ; il décime nos rangs tous les jours et ses coups sont d'autant plus efficaces que nous semblons dormir en face du péril.
Qao l'émigration soit dae à des causes pnissantesi qu'il serait difficile de faire disparaître tout-â-coup, nous en convenons ; mais ce qu'il faut aussi admet-
tre, c'est que noua avoiw été loin de coneontrer toute notre énergie, toutas no% volontés, .tous nos efibits ponr la oombaitra comme elle le méritail*
Que de travail, que de sacrifiées» ne s'est^on pes imposés poux soutenir ces divisions pciitiques, ces luttes acliarnées^ qui nous affaiblissent ? Croit-on que si tant de ressources, tant de persévérance, tant de dévouement, eussent été employés, avec unanimité, pour neutraliser les progrès de ce mouvement anti-national, on ne serait pas venue à bout d'opérer, avant ce jour, une réaction tant désirée ?
Il faut le dire, à la gloire de ceux qui en fuient les auteurs, on a fait des efforts partiels qui ont eu de bons résultats* Les hommes préposés à la tâte de la nation, et surtout les membres de ho tre patriotique clergé, ont; élevé la voix pour mettre le peuple en garde contre le danger qui le menaçait. Comme à tous les maux, on a cherché des remèdes et un de ceux qu'on a cru les pjlu3 pratiaues a été Tœuvre que nous préconisons en ce moment :1a Colonisation. C'est dans le défrichement de nos terres incultes, que ceux qui s'intéressent sincèrement au soit du pays, ont cru trouver un frein à l'émigration de nos concitpyensi i^n antidote à ce poison qui mine notre najtionalité. .
jTout favorable que noi^^ sommes à la colonisation, m^algré que nous invitons, de tout notre cœur, nos compatriotes à profiter des avantages réels offerts par les Cantons de l'Esti oependant nous ne pouvons dire que dans la colonisation et.dans la colonisation seule, se trouve le frein capable de maîtriser le fiéau qui nous éprouve .
Un remède ne peut guérir une maladie qu'en autant qu'il possède en lui la propriété de détruire la cause de telle maladie . De même^ la colonisation n'offre un remède à l'émigration quen autant qu'elle est susceptible d'en faire disparaître les causes véritables. Or ces causes, elles tiennent plus qu'on ne
pense pent-'êtro k certains dSftints, à certains vices de la vl€ pratique, si nous ponrons nons exprimer ainsi, qW- sembient nous être particuliers à nous Ganadiens-Prançais. Eh / biôn.lors même que nous nous tranî^portériôns en masse vers les Cantons de l'Est, si nous y emportons avec' nous cert ains préjugés, certains abus, nous n*^aur6nspàs tait grand chose pour arrêter l'ëmigration ; au contraire les Cantons . de l'Est ne seront plus qu'un poste d'arrêt temporaire dans notre chemin de l'exil.
Tout en activant la colonisation, il y aurait en même temps une somme immense d'améliorations à apérer parmi nous pour tarir la source du mal. Sans compter certaines idées malsaines qui se propagent avec une effroyable rapidité en dépit de nobles efforts, l'émigration de nos compatriotes sera toujours due en grande partie, au mauvais système d'agriculture, à l'absence de connaissances utiles et pratiques.
Espérer que la oolonisation fi^ra, elle seule, disparaître l'énugratioii, serait tombai* dans une exagération fatale et c'est précisément pour ne rien exagérer que nous avons cru' devoir faire les courtes remarques qtti précèdent. Abordons maintenant le sujet.
La catise générale d'émigration c'est la gêne- CTest le désir df améliorer son sort qui éloigne le Canadien de la patrie* de ses ancêtres • C'est souvent tin revers xie fortune qui le pousse sur la terre étrangère. Il ne hdsse son pays qu'avec douleur, souvent eti fondant en larmes, et toujours avec le doux «spoir d*y revenir couler des jours meilleurs. Le nombre est bien faible de ceux qui disent un éternel adieu à leur cher Canada.
Nous ne parlons pas de ceux qui partent la rage daris le cœur et qui, relidiis aux Etats-TJnis, n'ont que des paroles dé mépris pour leur terre natale et pour les institutions qui font sa gloire. Ces cana* diens abâtardis sont heureusement très-rares : et
aux yeux des étranseit, lenrs l&c&es et perfides^ déclamations n'ont pas Teffet Iminilimnt qu'on pourrait redouter ; car le renégat qui trahit son pays est apprécié à sa juste valeur, même aux Etats-Unis r on comprend là comme partout aiUeuis,qu'un enfant no roas:it jamais de sa mère sans avoir le cœur gâté par de mauvaises passions.
' Donc puisque c'est le manqUe de moyens qui forcelo Canadien à émigrer» voyons en peu de mots quelles sont 1^8 causes de pauvreié parmi nous*