LE COLON PËUT-IL FAIRE FORTUNE
^D'abord, on ne doit pas exiger qne lé colon mette de Targent à la banque anssitôt éôn pretniôr àrbté' abattu. I! y a des gens qui sont d'une exigence ridicule. P^rcequ'on ne promet pas à un homme de devenir ricbe en deiix ans dans les Cantons, on on conclut, sans cérémonie, que la colonisation après tout n'est pas si aTantageusc Mais de grâce ; soyonir justes, soyons raisonnables. Qu'on demande aux commerçants, aux hommes de profession, aux industriels, combien il leurfaut attendre d'années, combienil leur faut travailler, avant de se créer même une médiocre ai$an<3e. La moitié au moins de <^x qui se lancent dons le commerce est frappée àMsL banqueroute ; et l'encombrement des professions libérales fait végéter la plus grande partie de leurs membres. Bh / bien. peut*on exiger que le colon forme une classe à part, exempte des caprices de la fortune* . Feut-on exiger qu'un homme qui arrive en pleine forêt, aven de faible» moyens se trouve riche tout-à* coup? Kon, lé colon comme tous les autres, est ofcfigé de sefaireuîie position par son énergier et sa bonne conduite ; et nous prouverons, tout*à**rheure parla citation d'exemples glorieux que la colonisa*» tion offre de FiEtvenir à tous ceux qui sauront profiter de ses avantages. Et, sans s'occuper du côt& patriotique de la question, en ne parlant' qu^ati point de me de l'intérêt individuel, on peut dire que la colonisation d'une terre inculte est une belle car* rière* Sans^ doute qu'il faudra de la patience, que la richesse viendra lentement ;' mais si elle vient lentement, elle viendi*a aussi sûrement. Tout homme qur saura attendre et travailler avec persévérance est sûr
de 86 créer, même en peu d'annéeSyOne jolie fortune. Il suffit de parcourir les Cantons de TEst pour s'en convaincre, Il n'est pas rare de rencontrer là àes gens qui,il y a quelques années,ne possédaient qu'un capital insignifiant et qui anjo'urd'hui vivent sur des fermes magnifiques» Il n'est i>as rare d'y rencontrer des colons d'hier dont le sort peut être envié par les habitants riches des vieilles paroisses*
Yoicif entre mille, des faits qui prouvent s'il est IH>ssible ou non, pour le colon, de se faire un avenir*
Transportons-nous au centre du Canton de Stoke* Là nous trouvons une petite colonie, dont les premiers établissements ont été jetés il y a 10 ans, et qui compte aiyourd'hui au moins 80 propriétaires, dont 60 sont des Canadiens • Ils ont depuis plusieurs aimées leur Conseil Municipal ; le maire actuel eet M. Th^hileDafault, respectable colon de l'endroit* lies écms ont été établies dès le. commencement. On peut aussi iiarcourir toutes les parties du Canton p^ de très^belaux chemins», lies terr^ sont tràs* fertiles ; et il en reste un grand nombre à prendre- Ce qui Intéresse et encourage d'avantage les colons, c'est l'établissement d'une mission* Depuis plus d'une année, la messe se dit i^ne fçi^, par mois, dans le centre du Canton même» On yieii^ d'y faire Tac* quiâtion de 50 acres de terres fouf l'établisiemeyat religi0uz ; sur ces 50 aères» dnq ont été défrichées depuis le piintemps» Le digne et^épérahle é vêque des Txois*&ivière(i, en mettant i^ette mîM^n f»oas le patronage de St Fhilémon a bien vonli^ donner suivant la mesure de ses mayens^fine certaine somme pour assureur ï'aoquiiiitîoii di)i terram et des omemeats o/écessaires i^u culte •
Lea cokms de Stals;e otU |a|t preuve 4^ tat^t de courage, de imt de pers^véf aBçe^ gu'ils devraient être toi^ upmmés ici ponme eMm;^I*i««. Toutefois il faut me^tiojiner apécialeofl^pt l^es O^mllemette, les Biron, les Lemire, les Gadbois, les Dnfault, les Côté,
les Trudeau, les Loranger et les G-roadius qui furent lei| vrais fondateurs de cette petite colonie. QruiUexnette et Antoine Biron ont été les premiers à découvrir» en faisant la chasse» ces magnificiues t^rains, et à prendre la résolution de venir s'y fixer*
L'un d'eux, Antoine Biron, avec une santé aSai-* blie par i^n dur travail de 15 ans dans les manu£ftctures des Etats-Unis, sans épargnes aucunes, abat le promis arbre au printemps 1859« Le beau temps qui semble le favoriser, l'encourage* Il travaille avec énergie et assiduité. De temps en temps il se rend à Sherbrooke pour chercher des provisions qu'il emporte sur son dos à travers le bois, mais le plus souvent il vit du produit de sa chasse* Il ensemence 10 acres de terre, et, à l'automne, le voilà avec une belle récolte qu'il met, non pas dans une grange, mais en meules sur les bords d'une rivière, en attendant l'hiver pour en faire le battage. Après ses récoltes finies, il se bâtit une maison et s'y rend avec sa femme* Mais une fois l'hiver arrivé, comment battre son ^rain ? - Pas de grange, rien que ses meu^ les entourées et en partie couvertes par la neige* Biron cependant n'est pas homme à reculer devant les difficultés» et son caractère ingénieux lui suggère un moyen très-pratique* Il commence par enlever la neige de la surface gelée de la rivière, et cela sur un espace suffisant pour faire une aire (batterie), et il amasse cette neige de chaque côté en jetant de l'eau dessus et le voilà avec de bons garde-grain«* CTest là quQ la récolte est battue.
Aujourd'^Kii ce M* Biron a une terre bien avancée, des granges nuicnifiqaea» avec une maison à deux étf^es* /II, y ft deVix ias» il perdit, par le feu, une grange remplie de foin et de grain et plusieurs instruments giratoires, dont la valeur a été estimée à IlOOOpo. Malgré cet échec» il re^^^te encore bien audessifs-da ses affaires» puisqu'il est encore considéré comme riche do $5,000.00*
Où trouver dans les vieilles paroisses nn homme qui a commencé avec rien en 1859, qui a perdu f 1,000.00 dans nn incendie, et qui vaut encore |5,000. 00!!
Disons maintenant un mot d*un autre héros de la colonisation : Jacques Turgebn, du Canton d'Hèreford. ' •
M. Jacques Turgeon est originaire de la paroisse de ^St. Etienne de Beaumont, en bas de Québec. Après avoir végété pendant une quinzaine d'années, il vint se fixer à Sherbrooke, où il travailla pendant deux ans. Au bout de ce temps, à la fin de l'automne 1861, il alla se fixer dans le 6ème rang d'Hereford à dix milles de Ooîticooke au milieu du bois, sur un lopin de terre de 2.50 acres qu'il avait acheté, à crédit, de M. Camyrand, de Sherbrooke- Il n'avait pour toutes ressources que sa hache, nn quart de fleur et une vache à lait. Il ne faut pas oublier qu'il emmenait avec lui dans la forêt une femme et dix enfants.
Arrivé dans Hereford à la basse automne, M. Turgeon ensemençait cependant 10 acrea de terre le printemps suivant.
•; Cette première année et les suivantes, ne récoltant pas assez pour vivre, il faiêait du sel de potasse et du sucre d'érable. 11 a fait jusqu'à |60.00 avec du sel et $200.00 avec du sucre dans une seule an* née.
Tolci où il en est après neuf ans: Les deux tiers ' de sa terre sont payés ; il en a 140 acres de défrichés à la souche, et 12 acres prêts à être labourés. Il a récolté cet tmtomne 50 tonnes de foin, l!00 minots de grain et 500 minots de patates. Il possède 8 vaches, 2 paires de bœufs, do 3 et 9 ans, 2 chevaux, 10 motitons, 3 cochons en hivernement. Son agrès àe culture et ses voitures sont estimés à #800.00 ; un agrès de sucrerie $25000. Il a une part dans un moulin à scie estimée à $200.00. II à une bonne mai-
»9on de pièces éqnarries, de 23 pieds sur 26, nne granité de 30 pieds sur 30 avec é tablé an-dessons, une bonne remise, bâtisses estimés à $300.00. Le tout •est payé, excepté le tiers de sa propriété.
Un antre colon dig;ne d'une mention spéciale est 1S., Joseph Du puis.
M« Joseph Dupnis est parti, il y a 4 ans, de St. Valentin, où il vendit une propriété de 60 arpents à nraîson de $2,30000. Il vint se fixer sur le huitième Tang de Barford, à 8 milles de Coaticooke. Il possède tine pTopriêté de 6Q0 acres, sur laquelle il a d&frîché lui-même, depuis quil est arrivé, plus de 130 acres. t3et automne il a récolté 70 tonnes de foin, 500 mînots de grain, 450 mînots de patates- 11 possède 2 chevaux» une paire de bœufs, 16 bêtes à corne, 20 moulons, 7 cochons, des voitures et ajçrès de culture valant $350, deux grandes, Tune de $275, l'autre de ^200, une maison de pièces équarries de 24 pieds sur 36. Il lui est encore dû sur sa propriété de St. Valentin $950.00* Ses 6Q0 acres sont payés.
La seconde année de son arrivée dans les Gantons, 3 arpents et demie de terre lui ont rapporte $300.00 f Voici comment : le printemps il fit du sucre (le ter- Tain en ^\iestion était une érablière) ; après le temps «des sucres passé, il coupa le bois et le convertit en :sel & potasse ^ ensuite il planta des patates dans 31 •arpents, qui lui rendirent 900 minots à Tautomne. Ce :sont ces trois récoltes de sucre, do sel et de patates •qui ont donné la somme de $300.00.
Notons encore .quelques autres colons, dont Tex-
•emple prouve qu'il y a de l'avenir dans les Gantons
-de i*˫t.
M. Q-oillauma Martineau est arrivé à Glifcon il y
491 7 à 8 ans, avec $600 . Il a aujourd'hui une propriété de 450 acres, dont il a défriché 150 lui-même. Sa terre est parfaitement bâtie et cUturée. Il a un troupeau d'animaux qui vaut beaucoup d^argent» On n'ac&èterait pas sa propriété avec son roulant pour $7,000.00.
Son voisin, M. Josepli CoUrtemanche, est arrivé la même année avec $500.00. II a une propriété de 5200 acres, dont 120 acres défrichés ; une sucrerie bien montée avec 800 vaisseaux ; une bonne maison^ une belle grange» et un des plus beaux troupeaux d'animaux du Canton • On n'achèterait pas ce qu'il possède pour $6,000.
Jean G-arneau du même Canton a commencé, il y
a plusieurs années, à ouvrir une terre* La maladie
l'ayant terriblement éprouvé, ainsi que plusieurs
membres de sa famille, il y a trois ans, il vendit soik
premier défrichement» paya ses dettes et se trouva
avec $100 en argent- Il entra de nouveau dans la
forêt plein de courage comme la première fois. Il
se trouve aujourd'hui avec un défrichement que ses-
voisins estiment à $600, sans compter les animaux qu'il a élevés.
Théophile Boulé vint, il y a trois ans, de la paroisse de St. Antoine (Rivière Chambly) se fixer dans le Canton d'Hereford. Il avait- vendu sa terre avant de quitter sa paroisse et il mit |3,500 pour s'acheter uùe propriété et un roulant. ILa 500 acres de bonne terre» dont 180 en culture, et parfaitement ^âlis. Sa propriété vaut $6,000, sans compter 30 bêtes à cornes^ 7 chevaux et un bon troupeau de moutons.
Un M. Desruisseaux, parti il y a une trentaine d'années,, de la paroisse de Ste. Croix, avec une nombreuse famille et très-pauvre, a réussi à établir dan& lea environs de Cookshire, ses enfants ([m sontmain-^ tenant des cultivateurs à l'aise. L'un d'eux, Léon Desruisseaux, récoltait l'an dernier 12,000 minots de grain , sana compter, les légumes .
"Enfin, comme le disait dernièrement un zélé missionnaire des Cantons de l'Est, s'il fallait nommer tous ceux qui ont prospéré dans ces Cantons, il faudrait donner les noms de tous ceux quL y Bont allés avec du courage et de l'intelligence. Xio iiuçcès n'a jamaisfaitdéfaut à ceux qui ont travaillé avec une bonne conduite. "
Yoilà des exemples glorieux qui parlent bien haa^ et qui ne demandent pas de commentaires pour prou*yer qfi'U est possible de se faire une belle position^ dans les Gantons jie l'Est
xiu. I
BfiPONSE A QUELQUES OBJECTIONS.
Mais, nous dira quelqu'un, ces faits sont isolés ; vous^ avez eu soin de présenter les colons qui ont réussi^ mais vous ne parlez pas de ceux qui n^ont réalisé aucun succes et qui ont été forcés de vendre leurs lots pour s'expa^trier*
P^abord^en admettant que ces faits soient bien isolés, ce qui n'est pas le cas, quelle conséquence en résulterait-il contre notre prétention ? Si sur lOO^ colons, 10 seulement réus6issent,c'est loin d'être une preuve qu'il n'y a pas de succès i)ossible pour le colon. Et il n'est pas nécessaire d^argumenter bien longtemps pour arriver à la conclusion que les 90 quii ont échoué auraient pu réussir comme les dix autres, 9'ils eussent été placés dans les mêmes conditions de succès QU 8*ils eussent pris les mêmes moyens* Sur- 100 personnes qui entreprennent un trajet, si seule* ment 10 arrivent au but et que les autres s'égarent^ on dira tout simplement et avec raison que les dernières n'ont pas suivi le bon chemin,, mais on uem^ loin de douter par là de l'existence même d^ tel bon^ chemin* Eh ! bien, le chemin de la fortune est comme les antres, iia ses dangers,se« précipices,qui mal* heureusement ne sQut érités:que par le petit nombre. .
Ensuite nous n'avons jamais voulu prétendre que tout lé monde réussirait dans les Cantons de l'Est ;^ au contraire nous avons insisté sur le fait qu'i
Ibuie de personnes n*étaient pas qualifiées à devenir colons* Et si nons né craig^nibns pas de blesser des inalhenreux, nous citerions par centaines des exemples de colons qni n^ doivent s'en prendre qti*A euxmêmes s'ils n'ont pas réussi et dont le succès aurait été un miracle en face de leur conduite ou des cir- -constances défavorables dans lesquelles ils étaient placés.
Que de p:ens ne se décident à émijçrer sur les terres nouvelles que quand ils sont dans la misère et sans ressources aucunes ? Que de cultivateurs ruinés dejs vieilles paroisses s'en vont In que pour cacher en -quelque sorte leur pauvreté ? Et Ton voudrait que des gens qui ont toujours végété sur une t^rre et qui souvent n'ont pas su même la conserver, prospérassent de suite en arrivant sur un lot en bois debout, sans avoir le moyen d'en défricher un seul arpent.
Comment veut-on qu'un homme, sans soins, sans amour de l'ordre et du travail, réussisse sur un lot, lorsqu'il est certain que ces défauts l'empêcherout do réussir n'importe où il ira tenter fortune I
Comment veut- on encore qu'un colon qui, quoique sobre, quoiqu'industrieux, n'a jamais pu mettre un soude côté à cause de sa femme qui ne le seconde en rien, qui ne s'occupe pas de son ménag:e, qui se croirait mor(e si elle mettait la main à un rouet ou à un métier à tisser, comment veut-on que ce pauvre •^eolon ait quelque chance de succès avec une compagne, qui est destinée à le tenir dans la misère toute sa vie?
Et encore une fois ne faut-il pas tenir compte de la chance et du hasard; et voudrait-on qu'une main ioute puissante corrigeât les caprices de la fortune exprès pour les colons ?
Et ces colons, qui n^ont pas réussi, s'étaient-ilts établis sur des terrains de bonne qualité ?
Les Cantons voisins des Seigneuries et qui ont ^té le théâtre de l'insuccès d'un grand nombre
d'entre eiuc« étaient certiûnement trop rocheux et ofiraie&t un sol pen fertile comparativement à ceux, sur les^nels la oolpniiation est maintenant dirig^ée. Pour quiconque a étudié les Gantons de TEst» il est éyident que les Gantons de Granby. Milton. Stuckly^ Eljt BoxtpUt Upton. Acton, Durham, etc., etc, enfin toute cette lisière d'enriron 15 lieues de largeur el qui borde les Seigneuries sur une longueur de 25 à 30 lieues, présentaient, en général, moins d'avintages aux colons qui les ont défrichés, q;ue la partie quî^ resté à coloniser le long de la ligne provinciale, et spécialement les Oomiés de Stanstead, Gompton», Wolfe et Beauce.
Il est tàwJM aiûoard*hui par tout le monde, et qu^on< n'oublie pas ce point lit, que la partie de nos Gantons qui re&te à défricjiçi:, prise dans son ensemble, oifre^ aux colons un sol plus fertile et moins rocheux, que les Cantons qui ont été colonisés en premier lieu.
Et que de désavantages les colons d'alors n^avaientils pas à subir, et qui n'existent plus pour ceux d'au-jourd'hui : l'état moins prospère du pays, l'absence de bous chemins de colonisation et paiSdessus tout la pl?iie des grands propriétaires. Faut-il s'étonner si une loule d'entre eux ont succombé, et serait-il honnête de citer leur insuccès comme une preuvecontre la colonisation, lorsqu'on sait que des causes générales venaient se joindre aux causes particulièreé pour les. empêcher de réussir ?
Mais, ajoutera un autre, le mode de culture qu^ il faut aux Contom de tEsty ne conment pas aux Canadiens- Français : on y rencontre toujours plus de pauvres parmt les Canadiens 'Français que chez les autres hationalUés.
Serait-ce, par hasard, des exemples glorieux que nous venons de citer et qui ont pour siijets des Canadîens*Français, que l'on. dédu^it cette conclusion? Les canadiens sont-ils donc moins intelligents que les autreè races ? Sont-ils donc tellement dépourvus d'esprit d'observUtion qu'ils ne puissent imiter le»
^antres / Pour rhonnenr de notre nationalité, nous
Teponssons cette supposition, et nous ne craignonn
pas d'afiSrmer qu'aune foule de Canadiens des Cantons
-ont su se montrer égaux, sinon supérieurs, aux colons
- anglais ou américains .
Et le mode de culture qu'il faut suivre dans cei
- cantons, pourquoi n'irait-il pas aux canadiens ? Bst* ce parcequ'il demande moins de travail, moins "de sacrifices et qu'il paye infiniment mieux que celui
-qui convient aux terres des Seigneuries ?
Quant à la pauvreté relative des cofons canadiensfrançais, si on peut la constater sur quelques joints, on verra qu'elle n'est due qu'aux causes d^nsuccès déjà signalées.
Le colon ri est pas assez protégé^ dira un troisième ; le gouvernement devrait donner les terres pour rien-
Dire quMl n'y a absolument aucuns défauts dans les systèmes mis en pratique pour protéger le colon, ce serait prétendre qu'il peut y avoir quelque chose d'absolument parfait dans les affaires de ce bas mon- ' de ; mais sans aller si loin, on peut dire que le colon est réellement protégé et que iamais Une l'a été comme il l'est aujourd'hui. Le gou reniement de <}uébec, sentant que le salut de cette Province repose sur la colonisation, ne recule devant aucun {Sacrifice raisonnable pour en favoriser les progrès. Des agents sont nommés pour faciliter l'établissement des terres incultes et protéger les intérêts du colon ; par* tout des chemins sont ouverts à travers la forêt ; et des sociétés de colonisation peuvent, en vertu ^ de la loi, s'organiser dans chaque comté et être •^'un puissant secours.
Une loi passé en 1868 décrète que le lot sur lequel
rie colon va s'établir ne pourra être ni hypothéqué,
ni vendu pour les dettes antérieures à la concession
de tel lot. Par êxeA^leun cultivateur ruiné qui,
:-ttprès avoir été dépouillé de tout ce qu'il possédait
par ses créanciers, leur doit encorç quelqi;e chose.
n'aura jamais à craindre de les voir saisir le lot sur lequel iliraVêtabUr.
A part cette exception, qui reiçarde le lot du colon, il y en a une autre pouf ses^ effets mobiliers. Dès^ l'occupation dMn lot, et idurant les di± années qui suivront l'émanation de la Patente,les effets suivants seront exempts de sdsie, soit pour dettes antérieures ou postérieures à la possession du lot* *
1 . Le lit, la literie et les couchettes à l'usage ordinaire du débiteur et de sa famille ;
2. Les vêtements nécessaires et ordinaires du débiteur et de sa famille ;
3. Un poêle et son tuyau, une crémaillère et ses accessoires et une paire de chehets, un assortiment d'ustensiles 4e cuisine, une paire de pincettes et une pelle, une table, six chaises, six couteaux, six fourchettes, six assiettes, sfx tasses à thé, six soucoupes, un sucrier, un pot au lait, une théière, six cuillères, tous rouets à filer et métiers à tisser destinés aux usages domestiques, et dix volumes, une hache, une scie« un fusil, six pièges, et les rets et seines de pêche ordinairement en usage ;
4. Tout combustible, viande, poisson, farine et légumes nécessaires destinés à l'usax^é delà famille» en suffisante quantité pour la consommation ordinaire du débiteur et de sa famille pendant trois mois ;
5. Deux chevaux ou deux bœufs de labour, quatre vaches, dix moutons, quatre cochons, huit cents bottes de foin, les autres fourrages nécessaires pour compléter l'hivernement de ces animaux, et les grains nécessaires à l'engraissement d'un cochon et à l'hivernement de trois antres •