‹ La colonisation dans les cantons de l'estChapitre 7 sur 15 · partie qui aoit située de manière à pouvoir être i · texte numérisé non relu

partie qui aoit située de manière à pouvoir être i

fîiçhée d'abord ; car la grande question pour le colon

est de commencer à défricher la partie de son lot

^ui lui donnera des revenus le plustôt possible.

Yoici la méthode de défricher là où il y a du bois franc : ou commence par sarcler l'étendue de forêt '«que l'on veut abattre-Le saxclage consiste à arracher tous les arbustes tels que le buist le pois cÇ orignal etc. et à raser, près dà sol tous les arbres qui ont moins de 6 pouces à la souche. Tout le produit du sar* <Jage, ainsi que les branches et autres embarras sont mis par tas auxquels le feu est allumé de suite. Après le sarclage fini, il ne reste plus que les gros arbres qui se trouvent isolés les uns des autres : et, l'espace étant parfaitement nettoyé entre enx, le bû- •<^herou procède à l'abatage avec facilité • Ilestim* portant que le sarclage se fasse avec soin tant pour accommoder ceux qui abattent les arbres, que ceux K)ui tasseront le bpis ensuite pour le faire brûler. Gomme on peut le voir, le sarclage doit se faire lorsqu'il n'y a pas ou presque pas de neige sur la terre. Le temps où Ton sarcle le plus ordinairement est l'automne, le colon nettoyant alors l'étendue qu'il j)eut abattre et défricher durant son hiver.

Dans l'abatage des arbres on a soin de les faire ^oiûber tous sur le même sens, afin qu'ils ue se croi-

sent pas, ce qoi nuirait encore qnand viendrait le^ moment de taaseï*

Dès ^a*an arbre est tombé, on le coupe ^t bille» d^ 10,12,15 ei même 20 pieds de lonecu^enr aux vaut la grosseur du tronc et aussi suivant la force des bœu& qu!on employera pour tasser ; on coupe toutes les^ brandies, qui sont mises par tas et brûlées de suite-

Alors on met lesf billes en tas. Une pai^e de bons bœufs est ici presqu'indispeusable ai^ colon', nous n'avisons personne d^entreprendre le défrichement d'un lot sans ce puissant auxiliaire. Quand on tasse du bois mou de peu de grosseur, on peut le faire à bras d'hommes : mais même là, il n'y a rien de corn* parable à la paire de bœufs*

Et à propos nous prenons occasion de sugs^érer au colon de ne pas regarder le prix qu'il paye pour une paire de bœufs, mais leur force et leur vigueur. Car plus les bœufs sont forts plus on tasse vite et plus les billes peuvent être coupées longues, et des bœufs de^ 2000 livres mangent moins, proportion gardée du service rendu,que des petits bœufs de 1000 à 1200 livres.

Mais revenons à notre abatisde bois franc* Voilà le colon en frais de tasser. Ilcboisit un endroit un peu élevé et il commence par y traîner avec 'ses bœufs 7 à 8 billes qu'il met les unes à côté des autres, Ensuite au moyen de leviers, il met une autro rangée de billes sur la première et ainsi de suite jusqu'à ce qu'une seule bille, vienne faire comme le faîte du tas. Il lui faut une couple d'hommes pour f aider dans cette besogne. Le nombre de tas par acre dépend, bien entendu, de l'épaisseur de la forêt : 6 ou 7 tas sont la moyenne -

Une fois le bois tassé on y met le feu . Le boisfranc brûle en tout temps : il n'est pas nécessaire d'attendre qu'il sèche* Et souvent* c'est en plein hiver, au milieu des neiges qu'on le fait ainsi brûler.

Une jfcis que le bois est brûlé, la cendre de chaque tas est amassée et placée à l'abri, afin que les pluies n el'endommagcntpas ; et le défrichement est terminé .

Le printemps snivant on passe la herse entre les isouches et la terre est ensemencée pour une première Ifois* Les colons ont totgours le soin de semer de la graine de foin avec le grain et une fois la récolte enlerée, on laisse la terre en prairie et ensuite en pa- '^cage jusqu'à ce que les souches soient assez pourries pour permettre de les enlever facilement et de faire ^tui premier labour* On peut aussi semer au printemps des patates, du blé-d'inde, des fèves, des navets, etc.» et à l'automne semer de la graine de foin là où ces légumes ont été récoltés.

Enfin il y a milla modes dififérents d'utiliser le

'défrichement au plustôt, que les nouveaux colons

^apprendront aisément des plus anciens ^ nous ne

^donnons ces détails, ainsi que Cjeuz qui suivent, que

pour les personnes qui n'ont aucune idée pratique du

défrichement.

Quand un colon ne commence le défrichement • que tard le printemps, ce qu'il doit faire est de tâcher d'en finir une partie le plustôt possible afin de pouvoir semer un morceau en navets (les navets se sèment jusqu'en juillet) et un morceau en avoine ou aarrazin, qui, lors même qu'ils n'auraient pas le temps de mûrir, donneront toujours du fourrage vert, et avec ses navets et son fourrage il pourra nourrir ses aliimauz durant l'hiver et le printemps suivants.

Disons maintenant un mot des produits de la cendre* La cendre est coulée, au moyen de cuves ou simplement de grands auges percés par un bout, et le lessis qu'elle produit est bouilli dans des chaudrons absolument comme la sève des érables, et -quand il est réduit, il est devenu ce qu'on appelle du «eflt potasse. Le sel rapporte environ $2.50 du 106 livres* Il faut comme 22 à 24 minets de o^^ndre pour faire 106 livres de sel et un acre en bon bois franc peut donner 75 à 80 minots de cendre. On voit par là le revenu que le colon peut retirer tout en défri- -chant saterre*

TEBBE A BOIS KOU.

Les terres couvertes exclusivement de bois moa offrent quelques désavantag:es.D*abord le bois mou ne donne presque pas de cendre et le peu qu'il donne nie vaut pas la peine d'âtre ramassé et mis en sel • Mais la grande di£5.culté du bois mou, c'est qu'on ne peut le faire brûler quant il est complètement vert* Ceci empêche souvent le colon d'ensemencer dès la première année comme il le fait toujours avec le bois franc*

Voici comment on procède au défricbemeat dans le bois mou* On rase près du sol tous les arbres qui ont moins de 6 pouces à la souche, sans sarcler les arbustes . On abat les arbres, on les coupe par billes de longueur convenable, et on coupe toutes les branches et les têtes des arbres. Tout est laissé étendu sur le sol pour sèçher. C'est ce qu'on appelle, en termes de colons, faire de VabaMs plaL

Tfès que l'abatia est suffisamment sec, on y met le feu* Onj)eut se faire une idée dol'immense embiasèment ^e doivent offrir plusieurs arpents ceuverts de bois résineux : les amate.urs de spectacle y trouveraient leur compte à contempler ce travail de l'élé^ ment qu'on est convenu d'appeler destructeur; mais qui assure ici, en une seule nuit, du pain et de l'avenir à toute une fafcnille*

Quand l'abatis a été balayé par le feu, toutes les broussailles, les branches, la mousse etc., etc*, ont disparu ; il ue reste plus que les billes noircies, qui gisent pêle-mêle, à moitié consumées* Alors on procède à tasser con^me oii, a vu précédemment, et à mettre le feu aux tas< Bientôt il ne reste lUus qua les southes et de faibles manteaux de oendra

ça et là. En hersant» on répand cette cendre nniformément Rur le soit on sème ensoite du grain et delà graine de foin et la tejre ^st encore, laissée en prairie et en pacage jasqu^à ce que les souches soient |)ourries.

Il est bon de r^xo^rquer que ceite dernière nxé» thode ne s'applique qti'à la ferre exclusivement couverte de bois mou ; car du xnoment qu'on rencontre du bois mêlé (bois franc et bois mou) il vaut mieux procéder comme dans le bois franc, et même sauver la cendre pour la Convertir en seL

Nous terminons ce chapitre en donnant une idée de ce que coûte le défrichement.

Dans le bois franc un bûcheron ordinaire mettra t> jours a sarcler, abattre, ébrencheret couper par billes un arpent. Trois hommes avec une paire de*bon& bœufs tasseront un arpent par jour. A part cela, il faut calculer le temps de celai qui met le feu aux tas, qui Tattise au besoin et qui ramasse la cendre» On peut dire avec assez de justesse que le défrichement coûte, en moyenne, $10.00 de l'arpent dans le bois franc.

Dans le bois mou le bûcheron n'est pas obligé de sarcler, mais le bois étant plus fort et plus embarrassé il lui faudra le même espace de temps, 6 jours, pour abattre son arpent et le couper en billes. Le temps requis pour le tassage dépend beaucoup de la manière dont l'abatis brûle. Si on a la chance de mettre le feu quand l'abatis est bien sec, le travail du tassage est grandement diminué . On peut dire que le dé* f richement coûte, en moyenne, $12.00 dans le bois mou.

A présent que nous avons un aperçu général des travaux de défrichement, examinons quelques-unes des conditions qui peuvent assurer le succès d'un colon.

CONDITIONS DB BUOblS.

En intitantt comme bom le faisons, née compatriftriotea à émigrer dans les Cantons de l'Est, aoi^ sommes loin de vouloir y diriger tout le monde ; (^r non-seulement c^nx qui sont bien étabKs dmis le pays et qui se sentit asses d'avenir, do: vent xaïAsr leur position actuelle, mais mémo parmi ceui^ qui désirent aller se fixer sur une terre inculte» il y em a beaucoup qui ne sont pas qualifiés pour être colons« Un homme qui va s'établir dans les Cai\toiis et qui ne réussit pas est loin d'avancer la colonisation ; aar son insuccès produit le découragement et les préju» gés chez une fouie de personne^ qui ne »ont paa à la portée, ou qui ne prennent pas la peinea d*eu constater les causes véritables.

lo. TJn colon doit être sobre el jouir cCun bon eamc» ièrc*

La respectabilité est une des premières et la plus importante des conditions requise** iK>ur devc-^air colon II est à désirer qu'il n'y ait que des hommes^ choisis qui s'établisse;it dans les Cantons de l'x:.€^t; que cette vérité soit ÏA^n comprise de tous ceux qui font de la propagande en faveur de la colom«ation. Qu'on n'envoie pas là des gens qui déshonorent le nom Canadien-Français. Si nous, voulons continuer dignement l'œuvre de nos ancêtres, rappelons-nous avec quel soin furent ohoids les premiers colons envoyés de France en Canada.

2o II doit avoir une bonne santé^ de ^énergie et de r amour du travail.

Le coloii comme tous ceux qui veulent r^^ulssir dans n'importe quelle profession^ doit se vouer, surtout dans les premières années, à un travail assidu, à

et B'attenâre à des revers passagers qai mt-ôtre son courage à l'épreuve. Nous ire cette observation afin que personne ne les cantons avae l'idÊe de devenir riche 3 sans encourir de sacrifices. Là, comme lars, la fortune est due à l'homme d'inîlomme persévérant.

L fertaln que la itoûtion flu colon dans les lents, n'est pas toojonrs couleur de rose ; rien sans peine dans ce bas monde- Posirre en bon état de culture, après l'avoir is debout, en retirer de gros bénéfices a famille, se sentir chez soi sans inquiéreair, voilà certes des jouissances trop iT qu'elles ne s^acquièrent pas an prix de orifices-

, quelle est la profession qui n'offre pas •s dans les commencements' Qu'on exaivement et Ton verra que la position du at-êtra la plus désirable au monde> Nous 1er d'un colon qui a quelques moyens à n ; car, comme nous le remarquerons le faut pas songer à envoyer un homme e inculte sans moyens ; ce serait le vouer (X>, à une misère certaine et ce serait oca propre découragement et ceux des aurons donc un colon placé dans des cîràvorable\ qnelhomme plus heureux que es jours, il voit augmenter son domaine, gir le cercle de ses espérance» ; chaque bat, chaque sueur qui coule de son front, laitre de quelques pieds de terre de plus, ) le reste de ses purs et qu'il transmettra Qu'on interroge les canadiens qui usent lur gagner de prétendus gros salaires aux t l'on verra qu'ils n'éprouvent pas la cent des jouîsjances d'un colon en voie de

3o« H doit avoir quelques ressources à sa disposition»^

La pl'einidré cîtosé qtie le colon dolt^fd ^n anriranf 8tir tin fo^ ë*eèt de dëfrieher deiftiite aitUtit de terre qne possible «fiif de rfi<K>lter sa tie et oell^ dé 8tt fkndlle^ Alors qne peut faire mi homme qnii n^a que no, hachent ses bras* 11 iraràilletii bien durÉnC uH certain '^tetnpe arec courage, il abattra qMlqiieÉf afpents de bôia ; mais cet aliaif s ne Ini donneWjMié dé pain* < II Ini faudra aller gagner de rargeAtailleurs, et lakser là son défriebement. Enfin, a]^rès àroft Tégété ainsi ^pendant plusieurs anufree -sans réussir à faift Assetf de terre pour en* fiier sa-iFié, il Vend son lot pour ce qu'il peut trouver et s'en* retourne aux Sftats-Unis ou dané les villes, en matt» dissant le sort du colon. Voilà maibeuretnetnen** l'histoire d'un grand nombre. i

Au contraire, un homme qui arrive sur son lot' avec quelques moyens^ pourra ooaaaeaer tout mu temps et même engager de l'aide; et dé£riplMr^4e suite un moiceau coandérable. Quand il aura asaez de terre d'ensemeneée pour assurer/la vie de aa famme et de sesenfantSf alors il ponrra aller aillenra gWPQer de l'argent, qui Taidera à faire, pour Tannée auivai^te, encore un autre morceau de défriobement» Ciur le grand principe du cplen doit être : défricher autant, que possible et le plus rite possible .

Il n'y a peut être pas d'endroit où l'on puisse tant gagner d'argent que dans les Cantona. de l'Est» ^ais malheur au colon qui croit s'avancer en travaillaut à f 1*00 et $1*85 par jour, tout en péglig^eant iant apit peu son défrichement.

Pour résumer nous dirons qu'un colon doit possé* der, outre sa hache et sa bonne volonté, environ une centaine de piastres, une paire de bœufs et un peu de provisions. Avec ces ressource», nous garantissons le succès de quiconque se placera sur un bon lot et se conduira prUil>*mment*

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